Huile de table : Le gouvernement tente de brider la hausse des prix

Les augmentations continues des prix des huiles de table ont incité le gouvernement à prendre des mesures pour tenter de brider cette tendance haussière. Ce faisant, l’Exécutif a approuvé, lors de la réunion du conseil du gouvernement jeudi, le projet de décret n° 2.22.393 relatif à la suspension des droits d’importation applicables à certaines graines oléagineuses et huiles brutes, présenté par Nadia Fattah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances.

Le décret n° 2.22.393 vise à faire face à la situation actuelle caractérisée par une hausse importante des prix des matières premières et son impact sur le prix de vente des huiles de table les plus consommées. Il a donc été décidé par le gouvernement de cesser de percevoir les droits d’importation applicables aux graines oléagineuses brutes de tournesol, de soja et de colza, à compter de vendredi 3 juin, après la publication du décret dans le BO du 2 juin.

Sollicité par Hespress, Azzedine El Brajli, ingénieur agronome et secrétaire général de l’Association des oléagineux de la région de Casablanca-Settat, estime que l’arrêt de la perception des droits d’importation applicables aux graines oléagineuses brutes de tournesol, de soja et de colza contribuerait à stabiliser les prix des huiles de table, qui restent tout de même une matière de base au Maroc. Cela dit, l’ingénieur estime qu’il ne s’agit pas du seul facteur contribuant à stopper la hausse. Les entreprises envisageaient aussi de ne pas augmenter leurs prix encore plus de peur de perdre leur clientèle, nous dit-il.

Ainsi, l’expert agricole ne s’attend pas à ce que cette mesure entraîne une baisse des prix des huiles de table en raison de la guerre russo-ukrainienne, mais elle contribuera sans aucun doute à stabiliser les prix actuels.

Le point à souligner est que le Maroc importe 98 % des matières premières nécessaires pour la production des huiles de table, ce qui signifie qu’il n’est pas en mesure de répondre à ses besoins.

Selon Azzedine El Brajli, le manque d’intérêt des petits agriculteurs pour la plantation d’oléagineux est dû au manque d’accompagnement de la part du ministère de tutelle, notant à cet égard que l’intérêt pour les oléagineux n’a commencé qu’en 2014, mais les agriculteurs et les industriels n’ont pas été accompagnés dans cette opération, a-t-il déploré.

L’acteur associatif a ainsi souligné que la culture de plantes oléagineuses au Maroc, qu’il s’agisse de colza ou de tournesol, adoucirait les terres, appelant à cet égard à inclure ces plantes dans le cycle agricole.

Au Maroc, la culture des oléagineux est pratiquée dans les zones bour (zone d’agriculture pluviale), de même que les céréales et les légumineuses. Mais l’absence de soutien et d’accompagnement n’encourage pas les agriculteurs à se tourner vers ces cultures, relève l’ingénieur agronome.

Dans ce sens, le secrétaire général de l’Association des oléagineux de la région de CS, a souligné la nécessité d’organiser la chaîne de production des plantes oléagineuses, comme il est le cas pour les plantes sucrières, et encourager les agriculteurs à se tourner vers cette culture. Cette démarche constituerait pour ses derniers une importante source de revenus et augmenterait le rendement en céréales dû au repos de la terre suite à l’adoption de ces plantes dans le cycle agricole, a-t-il expliqué.

Bien que le Maroc dispose d’une superficie de 600.000 hectares exploitables pour augmenter la superficie des oléagineux, en plus de la signature d’un accord entre le ministère de l’Agriculture et la Fédération interprofessionnelle des oléagineux, les résultats atteints restent bien en deçà des objectifs esquissés.

L’Union européenne reste de son côté le plus grand fournisseur du Maroc en huiles végétales brutes avec 54%, suivie de l’Argentine 34 % et des États-Unis d’Amérique avec près de 7 %.

Au Maroc, la consommation d’huiles de table par habitant est de 15 kilogrammes par an, soit un niveau de consommation équivalent à celui des pays en développement. De même, les huiles de soja sont les plus consommées au Royaume, avec 90% de la consommation totale des familles, compte tenu de leur prix abordable.

Huile de table : Le gouvernement tente de brider la hausse des prix Hespress Français.

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