Fès retrouve son festival des musiques sacrées du monde

Après deux années d’interruption et de résilience, dues à la crise sanitaire, la ville de Fès s’apprête à accueillir les festivaliers, venus du Maroc et de l’étranger, pour la 26ème édition de son Festival des Musiques Sacrées du Monde.

Créé en 1994 sous le Haut-patronage du Roi Mohammed VI et premier des festivals de nouvelle génération qui animent l’agenda culturel marocain, le Festival des Musiques Sacrées du Monde sera aussi le premier grand rendez-vous musical de l’été 2022 confirmant la relance des activités événementielles au Maroc.

Porteur des valeurs marocaines d’ouverture culturelle et de tolérance religieuse, le festival de Fès constitue un vecteur d’image important pour le Royaume. A ce titre, les représentants de la Fondation Esprit de Fès, et l’équipe organisatrice du Festival ont entrepris, ces derniers jours, une tournée en France et en Espagne visant à médiatiser le retour de cet événement de rayonnement international. 

Une tournée de promotion à Paris et Madrid

Ainsi le 12 avril à Paris, une présentation a été organisée au Palais du Luxembourg à destination du Groupe Interparlementaire d’Amitié France-Maroc du Sénat et de la presse française. De même, le 19 mai à Madrid, une rencontre dans le cadre de la résidence de l’Ambassade du Maroc a permis de présenter la programmation du Festival mais aussi de renforcer les liens culturels et patrimoniaux entre les deux pays.

Une programmation de haute volée

C’est à travers un format de quatre jours, du jeudi 9 au dimanche 12 juin, et une thématique inspirante « L’Architecture et le Sacré » qu’a été conçue cette programmation de haute volée.

Illustrant une fois encore l’immense diversité des voix spirituelles à travers les civilisations, cette 26ème édition accueillera des artistes venus de plus de 15 pays, notamment du Sultanat d’Oman, du Kazakhstan, d’Inde, de France, d’Italie ou du Sénégal. 

De grands noms figurent au programme. Les Roohani Sisters qui se produisent pour la première fois à l’étranger et comptent parmi les plus grandes interprètes du soufisme indien répondront à l’authentique kora du Sénégal et à la voix de la grande Senny Camara. Les Onikki Muqams d’Asie Centrale résonneront avec Polyphonies Sardes. La création du pianiste et compositeur Michaël Levinas accompagné de la soprano Marion Grange, autour des poèmes de Paul Celan, issues de son oratorio « La Passion selon Marc » et d’autres pièces de création inspirées du kaddish de la tradition hébraïque feront écho à l’Ensemble La Tempête, sous la direction du chef Simon-Pierre Bestion, qui parcourt les liens que tissent nos cultures et religions monothéistes depuis des siècles autour de la Méditerranée.

La fusion entre le jazz oriental du fameux trompettiste Ibrahim Maalouf et les musiques balkaniques du très cosmopolite Haïdouti Orkestar rendront enfin hommage lors de la soirée très attendue du samedi, à la dimension à la fois profane et sacrée de la fête.

Musique et projections en mapping en ouverture

Ces quatre jours de musique seront comme à l’accoutumée introduits par une magnifique soirée d’ouverture inspirée par le lien intime entre sacré, architecture et musique. Alain Weber, metteur en scène et ancien directeur artistique du festival, invitera le public à voyager en sons et en images dans un parcours partant du Maroc au travers des cinq grandes religions du monde : Islam, Chrétienté, Judaïsme, Bouddhisme et Hindouisme… Le spectacle associera les prestations de nombreux musiciens issus de différentes traditions et d’extraordinaires projections en mapping sur les murs séculaires de Bab el Makina.

Des lieux de mémoire uniques 

Comme à chaque édition, la diversité des propositions artistiques se déploiera sur des sites à forte valeur patrimoniale et permettent de redécouvrir des lieux de mémoire uniques : la grandiose place de Bab el Makina où se déroulaient jadis les cérémonies officielles du Palais Royal, mais encore les riads de la médina tels que Dar Adiyel ancienne résidence du gouverneur de Fès sous le Sultan Moulay Abdallah. Pour les concerts de plein-air de l’après-midi, le jardin Jnan Sbil, créé au XVIIIè siècle, offre une atmosphère paisible grâce à ses allées ombragées et sa végétation luxuriante.

Des concerts intimistes seront également donnés au sein de la synagogue Aben Danan, joyau de la culture juive marocaine datant du XIIè siècle, entièrement restaurée en 2013, et enfin, chaque soir à partir de 23 heures, les Nuits Soufies animées par les tariqas de Fès feront vibrer la salle de Wilaya, face au Musée Batha

Une dimension sociale et citoyenne forte

Instance de gouvernance du Festival, la Fondation Esprit de Fès veille à promouvoir l’ancrage de l’événement au sein de la collectivité locale dans une dimension sociale et citoyenne forte. Cet engagement passe notamment par un partenariat avec les universités Sidi Mohamed Ben Abdallah, Al Akhawayn et l’Université privée de Fès pour le développement de la formation aux métiers de la culture, par l’attribution d’un quota de ticket d’accès aux spectacles pour les étudiants ainsi que des places réservées pour des personnes à mobilité réduite. Le Festival a en outre accompagné la formation d’une chorale d’enfants des écoles qui se produira aux côtés d’artistes confirmés (Senny Camara et les Polyphonies Sardes). 

Ceci sans compter les impacts multiples perçus en termes de restauration du patrimoine, d’amélioration de l’espace urbain et de retombées touristiques, commerciales et en matière d’emploi. Cette dynamique d’investissement dans la vie locale se prolongera par ailleurs tout au long de l’année à travers plusieurs initiatives menées sous l’égide de la Fondation.

Le Forum, un espace de débat

Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde inclut également, depuis 2001, un volet scientifique sous la forme d’un Forum, espace de débat et d’enrichissement culturel, animé par des personnalités de renom et accessible à tous à la salle de conférence du Mariott Hôtel. 

Deux thématiques structureront la journée du samedi 11 juin autour de l’architecture comme empreinte, repère et cadre des croyances et des spiritualités, à travers deux tables rondes : « Espace et Modes de vie », « Les Symboles du Sacré ».

Ce Forum s’impose comme le complément indispensable du Festival qui permet à la ville sacrée d’adresser au monde sa contribution intellectuelle et spirituelle à travers un message d’humanisme et d’universalité. 

Fès retrouve son festival des musiques sacrées du monde Hespress Français.

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