Monkeypox : Avec un isolement de 21 jours, les adultes en bonne santé se rétablissent spontanément

Un premier cas confirmé positif à la variole du singe, Monkeypox, a été enregistré ce jeudi 2 juin au Maroc. Selon le ministère de la Santé qui a fait l’annonce, il s’agit d’un cas en provenance d’un des pays européens qui était suivi dans le cadre du protocole établi depuis le lancement de l’alerte sanitaire mondiale.

L’information a suscité plusieurs interrogations et inquiétudes chez les citoyens. Sollicité par Hespress Fr, Dr Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé, nous a livré plusieurs explications au sujet de ce premier cas « importé » comme il le qualifie.

« Sur le plan épidémiologique, il s’agit d’un cas contaminé à l’étranger et détecté au Maroc. Le deuxième niveau de transmission c’est lorsqu’on trouve des cas infectés localement après un contact avec un cas importé de l’étranger. Le 3e niveau c’est lorsqu’il s’agit de détection de cas infectés au niveau national sans lien avec un voyage ou cas venu de l’étranger », nous explique le spécialiste.

Cela prouve donc l’efficacité du système de surveillance mis en place par le Maroc et les autres pays, souligne Dr Hamdi, notant que le cœur de ce système est la sensibilisation et l’information du citoyen.

« À chaque fois qu’il y a des symptômes de la maladie (fièvre, douleur, céphalée, tâches cutanées…), il faut consulter un médecin. Et il y a des directives qui ont été données aux professionnels de la santé pour prendre en charge les cas suspects et probables, et faire les analyses nécessaires pour confirmer ou infirmer », dit-il.

Après la détection de ce premier cas au Maroc, le patient a été isolé et pris en charge par les autorités compétentes. Sur le plan médical, Dr Hamdi nous confie que le patient est suivi de près et prend les traitements nécessaires qui sont des traitements de confort et de lésion.

« Généralement, les adultes en bonne santé se rétablissent spontanément sans aucun problème. Mais il faut un isolement de trois semaines pour briser la chaîne de transmission et s’assurer que la personne infectée est négative et n’est plus contagieuse. Après ses 21 jours, les symptômes, notamment cutanés, disparaissent et le patient n’est plus contagieux », explique Dr Hamdi.

Concernant les cas contacts, le spécialiste explique qu’il y a un « tracing » qui est réalisé dans ce sens qui consiste à examiner ses cas contacts à travers la réalisation des analyses nécessaires pour voir à quel niveau s’est propagé ou s’est arrêté la contamination.

Toujours sur le plan médical, Dr Hamdi indique qu’il y a possibilité de vacciner les cas contacts à risque seulement (professionnels de santé ayant examiné le patient sans prendre les mesures nécessaires, personne proche du patient ou ayant eu des rapports intimes, ou personne ayant échangé des effets personnels avec le patient…), et non la totalité de la population.

« Il n’y a pas de vaccin ou un traitement viral spécifique contre la variole du singe, puisque durant toutes ses années, il n’y avait que quelques cas très rares signalés en dehors des 11 pays du centre d’Afrique et de l’Ouest connu pour abriter des animaux qui sont infectés et qui transmettent le virus à l’homme », dit-il.

Au niveau de l’OMS et des laboratoires, le spécialiste confirme qu’il y a des vaccins de 3e génération contre la variole, plus efficace et avec moins d’effets indésirables, notant que cette maladie a été éradiquée à la fin des années 70 grâce à la vaccination. « D’ailleurs, c’était la première maladie et la dernière jusqu’à présent qui a été éradiquée grâce à la vaccination », a-t-il précisé.

« Les vaccins et les traitements antiviraux qui étaient utilisés contre la variole ont montré une efficacité de 85 %. Donc il est possible de vacciner les contacts à risques contre la variole », a-t-il ajouté.

Maintenant, faut-il accentuer les mesures restrictives et serrer les vis ? Interrogé sur ce point, Dr Hamdi estime que ce premier cas ne doit pas inquiéter.

« Ça ne doit pas précipiter les mesures restrictives puisqu’il s’agit d’un virus connu depuis presque 70 ans. Nous disposons des vaccins et c’est un virus qui ne se transmet pas aussi facilement de l’humain à l’humain. Lorsqu’il touche une personne, il donne suite à des symptômes (fièvre et autres), mais aussi des signes sur la peau qui facilite le diagnostic, soit pour la personne infectée ou encore l’entourage ce qui permet de briser la chaîne de transmission facilement », explique-t-il.

À cet égard, Dr Hamdi préconise de rester très vigilant et respecter les mesures barrières et les règles de base de l’hygiène (hygiène de main, vestimentaire, éviter d’échange nos outils personnels…), et surtout, consulter à chaque fois qu’il y a des symptômes qui pourraient évoqué la maladie.

Monkeypox : Avec un isolement de 21 jours, les adultes en bonne santé se rétablissent spontanément Hespress Français.

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