Sebta et Melilla: Echec de la 2ème phase de réouverture à cause de la bureaucratie

La deuxième phase d’ouverture des frontières de Sebta et Melilla avec le Maroc n’a pas connu le succès escompté pour les transfrontaliers qui étaient visés par cette mesure. Sans documents en règle, ils ont été empêchés d’accéder aux deux enclaves.

Après deux ans de fermeture de frontières terrestres à la faveur de la crise sanitaire et de la crise diplomatique, la réouverture qui a été officiellement lancée le 17 mai pour les détenteurs de passeports et visa en règle a concerné dans une deuxième phase les travailleurs transfrontaliers.

Sauf que ces derniers ont été surpris de ne pas pouvoir entrer comme à leur habitude. Hier, à l’ouverture de cette deuxième phase, seules quelques personnes de nationalité marocaine habitant dans les villes voisines ont réussi à se rendre du côté espagnol.

Cette situation a évidemment provoqué des réactions de contestation chez ces personnes venues en nombre pour reprendre leur travail. Mais après deux ans de coupure, la plupart d’entre eux avaient des contrats expirés et devaient donc reprendre tout un casse-tête et un circuit compliqué pour l’obtention de documents. Des exigences du côté espagnol qui n’ont pas manqué de faire l’objet de vives critiques.

La bureaucratie et les procédures non expliquées au public ont provoqué une vague de colère chez les habitants transfrontaliers qui ont été empêchés d’accéder à Sebta et Melilla, pensant pouvoir reprendre leur activité ou au moins avoir la possibilité d’entrer pour connaitre sa situation et pouvoir préparer ses papiers.

Sur la journée de mardi, seules 150 personnes avaient tous leurs papiers en règle pour traverser à Ceuta et 80 personnes pour Melilla, mais même ceux-ci ne sont pas arrivés à accéder à l’enclave, alors qu’avant la pandémie du coronavirus, ils étaient en moyenne 5.000 Marocains à traverser la frontière tous les jours.

Ces travailleurs marocains qui ont alimenté l’économie des deux enclaves espagnoles pendant de nombreuses années se retrouvent malgré la réouverture dans une situation similaire à celle de la fermeture.

Une majorité des travailleurs transfrontaliers faisaient partie de cette catégorie de personnes exerçant dans le noir, et n’avaient par conséquent aucun contrat de travail, d’où la difficulté pour eux, cette fois-ci, de reprendre leur activité comme avant.

Les employeurs espagnols qui profitaient de cette zone d’ombre, ne pourront plus profiter des services de ces Marocains, en grande partie des femmes, sans les inscrire au niveau de la sécurité sociale.

Ils seront obligés désormais de leur proposer au minimum un contrat de 30 heures par semaine, en leur versant le salaire minimum interprofessionnel comme ils l’auraient fait pour un autre employé. Ce sont les travailleurs domestiques qui sont le plus concernés par cette mesure et c’est grâce à leur contrat de travail qu’il leur sera possible d’effectuer des allers-retours tous les jours sans avoir recours à un visa.

Les exigences de la nouvelle relation entre le Maroc et l’Espagne et qui cadrent ces nouveautés au niveau du flux des personnes et des marchandises avec les deux enclaves, se font essentiellement pour corriger des abus de longue date qui ont porté préjudice aux deux côtés, mais surtout au Maroc et à la dignité des Marocains.

Sebta et Melilla: Echec de la 2ème phase de réouverture à cause de la bureaucratie Hespress Français.

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