Le spectre de la variole du singe va-t-il impacter la reprise touristique au Maroc?

Alors que le tourisme marocain reprend son souffle après deux années blanches suite à la propagation du coronavirus, le secteur sera-t-il une fois de plus mis à l’épreuve suite au danger de la variole du singe après la découverte d’une centaine de cas dans le monde?

Le Maroc a connu une petite frayeur après la découverte de 3 cas suspects de variole du singe qui sont apparus à Casablanca, Beni Mellal et Ain Harouda, qui se sont avérés négatifs par la suite.

En effet, le ministre de la Santé a tenu à rassurer, confirmant que le pays pays est, jusqu’à présent, épargné par ce virus, et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, notant qu’il existe une similitude entre le Monkeypox et d’autres maladies.

Malgré ce démenti, le danger de cette variole continue de peser sur le monde et pourrait bien affecter le tourisme marocain si les cas continuent d’augmenter dans le monde.

Une inquiétude partagée par un acteur du tourisme contacté par Hespress FR, qui émet des réserves quant à une reprise complète du secteur craignant une nouvelle décision du gouvernement.

« Dans ce genre de situation, le gouvernement mise généralement sur la sécurité. Pour l’instant nous continuons à oeuvrer pour le développement du tourisme et comptons sur le retour de l’opération Marhaba qui va nous aider à retrouver des couleurs », nous a-t-il confié, alors que les frontières ont officiellement réouvert le 7 février dernier.

Cependant, le danger de la variole du singe a déjà impacté les forains et artistes qui assurent le divertissement sur la place Jamaâ El Fna de Marrakech notamment les propriétaires de singes après que les autorités locales et vétérinaires de la ville les ont saisit par mesure de sécurité.

La nouvelle ajoutait qu’un comité vétérinaire s’était rendu sur la place, et avait compté les singes, prélevé des échantillons de leurs squames pour les soumettre à des analyses en laboratoire, afin de s’assurer qu’ils étaient indemnes de cette nouvelle épidémie, et avait également fourni des consignes médicales aux dompteurs de singe.

Malgré les répercussions sur le tourisme de la ville, il s’agirait avant tout de protéger les visiteurs locaux et étrangers, pour pousser tous les dompteurs de singes, serpents et autres animaux à prendre des précautions, à la prudence, et à respecter toutes les mesures préventives pour limiter la propagation de l’infection.

Cependant, malgré ce danger, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a rassuré quant aux indicateurs du tourisme au Maroc, en avançant des chiffres notamment sur les taux d’occupation.

« Les estimations sur le taux d’occupation des établissements hôteliers au cours de la saison estivale sont très encourageantes aux regards de certains nombres de facteurs présageant des résultats positifs de l’activité touristique pour l’exercice en cours», a mis en avant Baitas, qui a relevé que ce taux devrait atteindre 80% pour les destinations côtières.

« Les services du ministère du tourisme ont mobilisé, en coordination avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT), deux millions de nuitées à travers les réservations en ligne et 360 000 touristes via les réservations classiques, ainsi que 4,25 millions de sièges à bord des vols destinés au Maroc », a-t-il ajouté.

Sur la même lancée, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a indiqué que le gouvernement, avait approuvé, en début d’année un plan d’urgence d’un montant de 2 milliards de DH (MMDH) en faveur de ce secteur fondamental qu’est le tourisme pour l’économie du Royaume.

Pour rappel, jeudi, quelque 219 cas de variole du singe ont été confirmés dans le monde hors des pays où la maladie est endémique, selon un bilan du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Au total, 19 pays où la maladie est inhabituelle, la plupart en Europe, ont rapporté au moins un cas confirmé, indique le Centre dans une note épidémiologique diffusée mercredi soir.

Hors des 11 pays d’Afrique où cette maladie rare est endémique, trois pays concentrent actuellement l’essentiel des cas confirmés: le Royaume-Uni, premier pays où des cas inhabituels ont été repérés début mai (71 cas), l’Espagne (51) et le Portugal (37), selon l’ECDC.

L’Europe concentre l’essentiel des cas avec 191 cas, dont 118 dans les pays de l’UE. Le Canada (15), les Etats-Unis (9), l’Australie (2), Israël (1) et les Emirats Arabes Unis (1) sont les six pays non européens avec des cas considérés comme confirmés.

Les cas suspects ne sont pas comptabilisés dans le bilan.

Le nombre total de cas recensés mercredi par l’ECDC a pratiquement quintuplé depuis son premier pointage du 20 mai, où l’agence dénombrait 38 cas.

Dans sa première évaluation des risques, l’ECDC avait toutefois considéré que la probabilité de contagion dans la population en général était « très faible » mais qu’elle était en revanche « élevée » chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, quant à elle, confirmé une situation « atypique » mais jugé possible de « stopper » cette transmission de la maladie entre humains.

La maladie, cousine moins dangereuse de la variole éradiquée depuis une quarantaine d’année, est endémique dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Elle se traduit d’abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croûtes.

Le spectre de la variole du singe va-t-il impacter la reprise touristique au Maroc? Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page