Terrorisme: « Mieux vaut prévenir que guérir » pour le Pr Tajeddine El Houssaini  

Au lendemain de la réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech, qui s’est tenue au Maroc le onze mai dernier, le politologue Mohamed Tajeddine El Houssaini, professeur des relations internationales à la Faculté de droit de l’Agdal a estimé que « la communauté internationale est plus jamais consciente du danger que représentent les menaces terroristes en Afrique ».

Selon l’expert qui s’est confié à Hespress FR, « Marrakech est le premier évènement de la sorte en terre africaine et  bien des choses vont changer dès lors ». Le politologue a mis en exergue la symbolique des actions terroristes de ce mouvement qui se sont déplacées du Moyen Orient non seulement vers la région du Sahel, mais également vers d’autres parties de l’Afrique, dans l’est, le centre et l’ouest du continent.

 « Ces menaces sont graves et réelles. On retrouve le danger terroriste que constitue l’EI, au sud de la Libye et cette présence est réelle aussi bien au Sahel qu’au sud du Sahara. Cela représente un danger évident pour la  sécurité de ces régions.

Si on y ajoute le retrait de la France du Mali après que les Russes de Wagner aient investi le pays, sûr que “l’après“ aura des conséquences graves non seulement sur l’Afrique mais également sur la planète».

Le politologue dans sa lancée indique que si « près de 80 pays se sont réunis à Marrakech dont une trentaine d’Européens c’est qu’il y a un danger imminent pour la sécurité d’où les décisions d’une coordination des actions commune et un agenda afin de lutter contre le groupe terroriste. Tajeddine El Housseini poursuivra en disant, « pour les pays qui veulent endiguer les aspirations expansionnistes de l’EI et démanteler ses réseaux, une approche multidisciplinaire et globalisatrice afin de contrer les actions terroristes s’impose entre des pays et les Institutions régionales ».

Tajeddine El Houssaini a également fait part des inquiétudes quant aux pays menacés par le phénomène Daech au-delà de la zone du Sahel, notamment dans des régions sensibles de l’Afrique de l’Ouest. Selon le politologue ils ne disposent pas des logistiques appropriées ni de moyens pour combattre ce genre de danger ni même de communication stratégique contre la propagande de radicalisation du groupe terroriste. Il dira à ce propos que le soutien des pays de la Coalition quant à ce volet est d’une extrême importance et est compris dans l’agenda où le Maroc figure en tant que plateforme stratégique quant à cette aide essentielle pour l’avenir du continent.

Le politologue a mis en exergue le gazoduc Nigéria-Maroc pour acheminer le gaz vers l’Europe et qui doit traverser onze pays, « ce projet ne peut se réaliser sans une stabilité et une paix dans les nombreuses régions concernées. Il ne faut pas oublier non plus, le danger que représente la Libye et le gigantisme de l’armement aux mains de factions, s’il venait à tomber entre les mains de l’EI ».

Le Pr Tajeddine El Houssaini aura cette remarque qui veut tout dire sur la lutte contre le terrorisme, « aujourd’hui, l’heure n’est pas au traitement de ce mal mais à sa prévention.

Le Maroc l’a compris depuis longtemps et c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été choisi ». Puis étayant ses dires, « le Royaume, pour ce faire, a adopté une stratégie de prévention dans ce sens et plus particulièrement contre la stratégie dormante qu’use le terrorisme islamiste notamment à travers les cellules dormantes en les démantelant avant qu’elles ne passent à l’action. Le Maroc s’est assujetti aux obligations de lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme empêchant ainsi l’interactivité entre les groupes terroristes ».

Puis passant au chapitre de la formation toujours dans le cadre de la prévention il dira que le Royaume a, par exemple, formé plus de 500 imams pour des pays comme le Mali, le Sénégal, la Tunisie et même dans d’autres en Europe car « la déformation de l’islam est le premier pas vers la radicalisation ».

Le manque de stabilité de pays a été un terreau fertile à l’établissement de l’EI en tant qu’Etat « on l’a vu en Syrie par exemple aujourd’hui Daech se déplace vers d’autres régions où l’instabilité et le manque de démocratie de pays (dictatures ou en proie à des coups d’Etat) sont des alliés précieux pour le mouvement terroriste. Aussi sans une stabilité centrale des Etats et une coordination avec les pays de la Coalition on ne peut combattre ce fléau ».

Donnant le Maroc en exemple il dira « c’est un modèle sûr de par sa stabilité intérieure. Les autorités  sont parvenus à surmonter ce phénomène et depuis les évènements de Casablanca il n’a rien été enregistré de la sorte. 49 attentats de Daech fomentés ont été déjoués depuis 2015 grâce à la vigilance des autorités, ce qui peut servir d’exemple aux pays africains dans leur lutte contre le terrorisme ».

Terrorisme: « Mieux vaut prévenir que guérir » pour le Pr Tajeddine El Houssaini   Hespress Français.

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