France: Elisabeth Borne, une technicienne au poste de Premier ministre

Elisabeth Borne, 61 ans, nommée lundi cheffe du gouvernement français, est une technicienne réputée tenace et loyale au président Emmanuel Macron, qui a occupé plusieurs postes ministériels.

Il s’agit de la deuxième femme seulement à devenir Premier ministre de la France, après Edith Cresson au début des années 90.

Née le 18 avril 1961 à Paris, diplômée des prestigieuses Ecole nationale des ponts et chaussées et Polytechnique, cette haute fonctionnaire se définit elle même comme « une femme de gauche » avec « la justice sociale et l’égalité des chances » au coeur de ses combats.

Cette ingénieure de formation a occupé successivement les postes gouvernementaux clés des Transports, de l’Ecologie et du Travail lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

Elle fait partie de l’aile gauche du président, un atout à l’heure où s’annoncent de nouvelles réformes sociales, à commencer par « la mère des batailles » sur le report de l’âge de la retraite.

Nommée ministre du Travail en juillet 2020, en pleine crise sanitaire liée au Covid-19, elle a notamment dû gérer plusieurs réformes sensibles dont le très contesté dossier de la réforme de l’assurance chômage, dénoncée unanimement par les syndicats. Cette réforme est pleinement entrée en vigueur en décembre, après avoir été un temps suspendue.

A son actif aussi, le plan « un jeune, une solution » présenté dès juillet 2020, qui a mobilisé une palette de dispositifs pour l’emploi, dont des aides massives à l’apprentissage, pour éviter une « génération sacrifiée ».

Cette sexagénaire toujours tirée à quatre épingles, qui vapote y compris discrètement dans l’hémicycle du parlement, est réputée bien connaître ses dossiers.

« C’est une super techno », commente un responsable syndical sous couvert d’anonymat. « Si on se dit qu’il y a besoin d’empathie, pour le coup, vous partez de loin », ajoute-t-il cependant.

Elisabeth Borne a été très présente dans les médias pour défendre l’action du gouvernement, notamment le « bouclier anti-licenciement » du chômage partiel face à la crise, ou pour battre le rappel sur le télétravail face au Covid-19.

Elle a d’ailleurs elle-même passé plusieurs jours à l’hôpital en mars 2021 après avoir contracté le virus, confiant par la suite avoir vécu une expérience « angoissante » et s’être vu « administrer ponctuellement de l’oxygène ».

La bosse des maths

Avant d’être ministre du Travail, Elisabeth Borne avait géré le portefeuille des Transports où elle a mené une réforme délicate des chemins de fer SNCF, puis celui de l’Ecologie en 2019, en remplacement du ministre à l’époque contraint de démissionner à la suite de révélations concernant son train de vie fastueux.

Elisabeth Borne a également fait un passage en 2014 comme directrice de cabinet de la ministre de l’Environnement à l’époque, la socialiste Ségolène Royal, ex-candidate à la présidentielle.

En 2015, elle avait été nommée présidente de la RATP, grande entreprise publique de transports gérant le métro à Paris.

Dans une carrière essentiellement consacrée au service public, Elisabeth Borne a aussi fait un passage dans le privé, chargée des concessions du groupe Eiffage en 2007, avant de rejoindre la Mairie de Paris comme directrice de l’urbanisme.

Très discrète sur sa vie privée, ayant perdu son père « très jeune » avec une mère qui n’« avait pas vraiment de revenus », elle a confié avoir trouvé dans les maths « quelque chose d’assez rassurant, d’assez rationnel ».

France: Elisabeth Borne, une technicienne au poste de Premier ministre Hespress Français.

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