Bourita : Le Maroc ne juge pas l’apport des pays par rapport à des « déclarations »

Dans la lutte contre le terrorisme, le Maroc juge l’apport des pays par rapport à « des réalités, pas par rapport à des déclarations », a déclaré le ministre marocain des Affaires Etrangères, Nasser Bourita, en faisant référence à l’Algérie. 

Le chef de la diplomatie marocaine qui a accordé une interview à RFI, est revenu sur les relations avec l’Algérie, l’affaire du Sahara et la récente position de l’Espagne qui appuie le Maroc dans sa proposition de solution qui consacre l’autonomie.

« Le Maroc juge l’apport des pays par rapport à des réalités, pas par rapport à des déclarations ou des faire-valoir », a lancé Bourita en réponse à une question sur la faisabilité d’une coopération entre le Maroc et l’Algérie dans la lutte antiterroriste.

Il a en outre rappelé que la coalition mondiale contre Daech en Afrique disposait de son cadre et qu’elle avait ses membres (dont l’Algérie ne fait pas partie, ndlr). « J’ai constaté que la forte présence ici, la dynamique qui est actuellement déclenchée est suffisante », a-t-il estimé suite à cette réunion organisée à l’invitation du Maroc et des Etats-Unis où les délégations de haut niveau de 79 pays ont pris part.

Dans un message subtil adressé à l’Algérie, le ministre a également signifié que la lutte anti terroriste n’était pas un « jeu » ni un « levier » pour se faire valoir et que cette lutte se faisait sur le terrain et pas à coups de discours ou de déclarations.

Alors que l’Algérie n’était pas présente à la réunion de la Coalition mondiale contre Daech en Afrique organisée à Marrakech au Maroc, cette absence peut s’expliquer par trois réalités, la première est qu’Alger a rompu unilatéralement en août 2021 ses relations diplomatiques avec le Maroc.

Secundo, l’Algérie soutient et en accueille la milice séparatiste du polisario depuis près de 50 ans, alors qu’elle cherche à déstabiliser et menace l’intégrité territoriale du Maroc.

Tertio, le voisin de l’Est est un terrain miné par le terrorisme et qui le cultive, notamment en laissant passer les chefs des groupes djihadistes dans le sud du pays, en entrant depuis les pays limitrophes comme le Mali.

Et la mort du Malien Iyad Ag Ghali, le chef de Nousrat al Islam wa lmouslimine (Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans connu sous le sigle GSIM) dont Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique) est devenue une branche, dans une opération militaire de la France, prouve cette relation entre Alger et les groupes terroriste.

En effet, le djihadiste touareg malien avait ses habitudes et ses entrées en Algérie et plusieurs services secrets européens ont indiqué qu’il existait des liens entre lui et les services de renseignements algériens.

En outre, le djihadiste Yahia Djouadi, connu sous le nom d’Abou Ammar al Jazairi, grande figure d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), tué par la France, a également des liens avec l’Algérie, étant lui-même Algérien, et était installé dans le nord du Mali, non loin de la frontière algérienne. Il avait pris la tête de la « 9e région militaire » d’AQMI, qui couvre le sud de l’Algérie et le Sahel.

Enfin, le cas d’Adnan Abou Walid Al Sahraoui, surnommé l’émir du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS), également tué par la France, montre encore une fois le lien avec l’Algérie et la terrorisme. Le Marocain natif de Laâyoune (dans le sud), s’était exilé en Algérie pour être formé avec le polisario, la milice séparatiste sahraouie avant de gravir les échelons et devenir le chef de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Face à ces réalités, une grande majorité des pays de la communauté internationale, ont donc choisi d’appuyer le Maroc dans la défense de son intégrité territoriale et en soutenant le plan d’autonomie marocain pour le règlement du dossier du Sahara et sortir du statut-quo qui ne fait que menacer la stabilité régionale.

Le dernier pays en date, l’Espagne, l’a officiellement adopté et réaffirmé sa position lors de la réunion de la Coalition mondiale contre Daech en Afrique. « La position espagnole s’inscrit dans un mouvement qui est constaté au niveau des Nations unies, qui est constaté au niveau européen, africain et arabe », a affirmé en ce sens Nasser Bourita.

« Je pense qu’aujourd’hui le Maroc et l’Espagne vont présenter un modèle différent de relation entre deux rives de la Méditerranée », s’est-il félicité.

Et d’ajouter que les promoteurs des « options dépassées » qui ne s’inscrivent plus dans le mouvement international en faveur d’une solution définitive à ce dossier « sont une petite minorité qui veulent exploiter la question du Sahara pour faire durer un statu quo préjudiciable à la stabilité régionale ».

Le ministre a également rappelé en ce sens le lien entre le séparatisme et de terrorisme, en faisant allusion au polisario que l’Algérie a créé. Il a ainsi déclaré que le danger aujourd’hui pour la stabilité régionale c’est de « nourrir les mouvements terroristes par des éléments qui sont armés, qui ne sont pas structurés ». « Investir dans le séparatisme, c’est nourrir le terrorisme », a-t-il tranché.

Concernant l’escalade que cherche l’Algérie avec le Maroc, Nasser Bourita, a affirmé que depuis le début de la crise « l’instruction royale a été de ne pas s’engager dans une escalade ».

« Le Maroc suit son chemin, le Maroc n’a réagi à aucune des mesures d’escalade prises par l’Algérie. Le Maroc est un État responsable et qui travaille d’abord dans le cadre de ses intérêts nationaux pour la stabilité régionale et internationale », a-t-il conclu.

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