Visite du MAE russe en Algérie : La forte odeur de gaz !

Le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, était en visite officielle en Algérie pour  inviter ou “convoquer“ son président à se rendre à Moscou et non pour les beaux yeux d’Alger. Il est comme qui dirait, les composés soufrés contenus dans le gaz algérien dégagent du toxique car c’est de ça qu’il est réellement question.

Sergueï Lavrov s’est certes, félicité de la hausse des échanges commerciaux entre Alger et Moscou mais ce n’était là que des Blablas d’usage. Voilà pour le côté officiel de cette visite qui se voulait être, soit disant, à l’occasion d’un 60ème anniversaire de la signature de la Déclaration commune sur le Partenariat stratégique entre les deux pays.

Pour ce qui est du off et des coulisses, c’est une autre paire de manches car en réalité ce prélude à une séance de travail entre les délégations des deux pays a une forte odeur de gaz. En effet, l’Algérie, est un exportateur gazier qui fournit un peu plus de 11 % du gaz consommé en Europe, contre 47 % pour son « allié  stratégique » la Russie.

On sait que depuis le début du conflit ukrainien, plusieurs pays européens et d’ailleurs, sanctions obligent, cherchent à réduire leur dépendance des livraisons russes. Aussi, se tournent-on, vers l’Algérie toute désignée pour une raison de proximité du moins pour ceux de l’UE. Sauf qu’il est un hic.

En effet, Alger ne dispose que d’une capacité « très limitée pour augmenter ses exportations » selon le leitmotiv des séniles d’Alger dans leur tentative désespérée de ne pas se mettre Moscou à dos. En douce, on ne se gênera cependant pas, à ouvrir les vannes et botter vers l’Italie qui chemin faisant s’est découverte des allants de Hub européen en la matière, suppléant du coup l’Espagne. Cette dernière aux yeux de nos deux Statler et Waldorf “made in Algéria“ pour s’être un peu trop rapprochée du Maroc en fait les frais.

Mais là n’est pas vraiment le sujet quoique le déplacement de Sergueï Lavrov soit afférent au gaz. D’ailleurs le MAE russe ne s’est pas gêné à le rappeler « La Russie, l’Algérie et les autres pays exportateurs du gaz nous estimons qu’il faut respecter les accords déjà conclus », a-t-il souligné. On le voit donc il a été question justement de cet hydrocarbure si d’actualité en ce moment à Alger et au regard de la situation gazière dans le monde, on l’imagine, la Russie protège ses arrières et ne veut pas que l’Algérie lui fasse un gosse dans le dos.

C’est que la profondeur stratégique des relations entre l’Algérie et la Russie reste limitée. L’Algérie aux yeux de Moscou, n’est ni plus ni moins qu’un bon client pour ses livraisons d’armes. De plus, l’Algérie est dotée du plus gros budget de défense d’Afrique avec 46 % des exportations d’armes russes vers le continent (10 milliards de dollars par an). C’est dire si c’est alléchant. Du tout bon pour les caisses d’Etat de la fédération de Russie. A l’Est de l’Eden on achète tellement et avec acharnement l’armement russe que l’on s’en retrouve même sur le podium du meilleur client derrière l’Inde et la Chine.

Sauf qu’excepté ce volet militaire, les relations de l’Algérie avec la Russie sont loin de correspondre à un partenariat « d’alliés stratégiques ». La présence de la Russie en Algérie demeure faible et insignifiante sur plusieurs volets notamment l’économique et le financier, d’où un partenariat qui se ressent de par une rentabilité des plus atténuées.

Grosso modo l’Europe et les Etats-Unis sont mieux lotis en échanges économiques qu’avec la Russie. Cette dernière exporte vers l’Algérie des milliards de dollars et n’importe que pour quelques millions de dollars bien qu’il y ait à boire et à manger. Bref, bien peu de sociétés russes s’y aventurent. Diplomatiquement ce n’est pas non plus autant « d’alliance si stratégique ». La Russie n’a jamais pris ouvertement parti en faveur de l’Algérie dans le conflit qui l’oppose au Maroc et a même amélioré grandement ses relations commerciales avec le Royaume.

Sûr que la convocation  au Kremlin du président algérien au nom imprononçable ne sera pas une partie de plaisir à l’autre bout de la table pour le sénile. Le malheureux aura beau assurer Moscou qu’ils n’opterait pas pour l’augmentation des exportations de gaz vers le continent européen, du fait de ses capacités productives limitées, il sera tancé dans son siège lointain au même niveau que ceux qui l’ont précédé. La Russie qui détient la manne gazière mondiale ayant édicté qu’aucune révision des contrats en cours ne devrait être envisageable, il devrait en être ainsi pour Alger et il faudra s’en tenir. A défaut, le château de cartes s’écroulerait.

Visite du MAE russe en Algérie : La forte odeur de gaz ! Hespress Français.

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