CNEM : une étude dévoile la situation socio-économique des étudiants en médecine

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie a mis en lumière les conditions socio-économiques des étudiants des filières de santé et propose des solutions pour remédier aux obstacles constatés.

L’étude qui a été réalisée entre le 9 et le 16 avril 2022, porte sur 5 314 étudiants des facultés de médecine publiques marocaines. La majorité des participants à l’enquête sont marocains (97 %), dont 91 % sont inscrits en médecine générale, tandis que 4,7 % sont des étudiants en pharmacie et 4,2 % en odontologie. 59,4 % des participants sont des femmes, tandis que 40,6 % sont des hommes.

Les résultats de l’étude indiquent que 92 % des étudiants en médecine au Maroc dépendent du soutien financier de leur famille pour poursuivre leurs études et près de 58 % ont changé leurs habitudes alimentaires depuis leur inscription à la faculté de médecine en raison de contraintes financières, tandis que 96 % des étudiants interrogés ont déclaré n’avoir jamais reçu de repas lorsqu’ils étaient en stage ou travaillaient dans des hôpitaux universitaires.

Environ 64 % des étudiants en médecine au Maroc dépendent des allocations et des bourses pour subvenir à leurs besoins, tandis que 37 % ont déclaré que leurs ressources couvrent à peine leurs frais de nourriture, indique l’enquête.

Par ailleurs, 42,2 % des étudiants se trouvent obligés de vivre loin de leur faculté en raison du prix élevé des loyers et plus de 65 % ont déclaré que la distance entre leur lieu de résidence et le lieu de formation et d’études a largement affecté leurs performances.

Les étudiants en médecine et en médecine dentaire au Maroc ne reçoivent aucune allocation pendant leurs deux premières années d’études, tandis que les étudiants en pharmacie ne reçoivent aucune aide financière pendant leurs trois premières années.

Selon la même étude, les étudiants en médecine au Maroc reçoivent une bourse de 630 dirhams (62 dollars) par mois à partir de leur troisième année en médecine générale et en médecine dentaire, et de leur quatrième année pour les étudiants en pharmacie.

Quant aux médecins résidents, ils reçoivent 2 000 dirhams (199 dollars) par mois à partir de leur septième année pour les étudiants en médecine générale, et de la sixième année pour les étudiants en pharmacie et en médecine dentaire.

Les médecins résidents doivent souvent « effectuer toutes les tâches d’un médecin généraliste en santé publique », y compris les gardes de nuit, « le plus souvent sans aucune supervision », ajoute l’enquête.

La majorité des résidents se plaignent de ne pas recevoir leurs allocations à temps, avec des délais dépassant 7 à 8 mois dans de nombreux cas, indique l’enquête « La gestion de ces allocations connaît des dysfonctionnements profonds et majeurs ».

En 2020, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n° 2.21.310 modifiant et complétant le décret n° 2.91.527 du 13 mai 1993 relatif à la situation des étudiants externes, internes et résidents des centres hospitaliers. Il vise à fixer à 2 000 DH la valeur des indemnités pour les missions confiées aux étudiants de la sixième année de médecine dentaire et à ceux de la sixième année de pharmacie, affectés dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU) placés sous la tutelle du ministère de la Santé. L’étude souligne toutefois que ce décret n’a pas encore été mis en œuvre.

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