Phosphates : Le Pérou se tourne vers le Maroc, pénurie d’intrants agricoles oblige

Dans un marché toujours sous forte tension à cause du contexte mondial et notamment du conflit en Ukraine, les cours des engrais n’ont de cesse d’aller battre de nouveaux records ces derniers jours. Après donc, un premier choc ayant trait à celui de la flambée des grains et des huiles, voilà que les prix des engrais touchent de nouveaux records, asséchant ainsi de plus en plus un marché perturbé par le différend russo-ukrainien.

Les importateurs d’engrais doivent désormais composer avec l’absence des exportations russes après un second semestre de 2021 déjà marqué par des mesures de restrictions à l’exportation de la Chine. La demande mondiale en ressort de plus en plus vive avec des achats précipités d’engrais phosphatés particulièrement par le Brésil, le Pérou ainsi que l’Amérique Latine du reste et l’Asie du Sud-Est (Inde…).

L’UE pourrait aussi augmenter ses apports en phosphates, dont la Chine, le Maroc et les Etats-Unis sont les premiers producteurs, le Royaume étant dans l’affaire, le premier exportateur mondial de phosphates et donc un acteur clé pour l’industrie des engrais en la matière.

Conséquences, les prix internationaux de référence des engrais ont augmenté tout au long de 2021, de nombreux cours atteignant des niveaux records. Pour les engrais azotés, les prix flambent. L’urée, un des principaux engrais azotés, a plus que triplé en moins d’une une année et en octobre dernier la tonne oscillait à +900 USD. Du coup on se bouscule à notre portillon pour trouver une alternative à la suspension des engrais russes. Dernier en date, le Pérou dont la déclaration de son ministre du ministre du Développement agraire et de l’irrigation (MIDAGRI), Oscar Zea, d’un paradoxe du culot, on va dire, a surpris plus d’un ici-bled.

En effet, il est dit que pour « atténuer l’impact des augmentations et des pénuries d’intrants agricoles » il a été procédé à la présentation d’une proposition au Ministère des Finances afin qu’il débloque de l’argent afin de finaliser l’achat d’urée et d’autres engrais et que des pourparlers de gouvernement à gouvernement pour ce faire et dont le processus sera transparent, sont en cours avec le Maroc, le Venezuela et la Bolivie ». Voilà pour sauver la classe paysanne du Pérou qui a mis au pouvoir l’ancien instituteur rural, Pedro Castillo en juillet dernier.

Et qui aussitôt après avoir été investi (septembre 2021) comme nouveau président du Pérou, il a intimé son ministre des Affaires étrangères à se pourfendre de ce communiqué, « Les gouvernements des républiques du Pérou et sahraouie ont accepté de reprendre leurs relations diplomatiques et ont réaffirmé leur respect du droit international et du principe d’autodétermination des peuples.

Après des relations diplomatiques suspendues 25 ans durant, le Pérou rejoignait ainsi, Cuba, l’Equateur, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Venezuela et l’Uruguay, des pays ayant reconnu l’organisation séparatiste. Il est comme qui dirait que Castillo avant que de fournir le Pérou en intrants agricoles, se devra de revoir ses relations fictives et d’éclairer l’opinion marocaine quant à sa position sur la souveraineté territoriale du Royaume avant que de pouvoir traiter avec lui.

Il est vrai que l’argent n’a pas d’odeur par ces temps qui courent, m’enfin, il est un minimum de respect. Faut-il rappeler que le président Castillo vient d’échapper (fin mars dernier) à une procédure de destitution engagée par le Parlement où il était visé pour « incapacité morale ». Il s’agissait là de la deuxième fronde parlementaire au Pérou à laquelle faisait face le président, mal élu en juillet dernier.

L’opposition l’accusait d’être intervenu dans une affaire de corruption et d’avoir commis une « trahison » en se déclarant ouvert à un référendum sur un débouché sur l’océan Pacifique pour le voisin bolivien enclavé. Océan, référendum cela fait bizarrement penser à la façade Atlantique que d’aucuns lorgnent également à travers des séparatistes.

Il est reproché au malheureux Castillo pour vous l’envelopper intégralement, les crises ministérielles à répétition et la formation de quatre gouvernements en huit mois au Pérou, fait inédit dans l’empire andin voire même en Amérique latine.

Phosphates : Le Pérou se tourne vers le Maroc, pénurie d’intrants agricoles oblige Hespress Français.

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