L’Algérie exerce une pression migratoire détournée pour se venger de l’accord Maroc-Espagne

L’accord entre l’Espagne et le Maroc a commencé à porter ses fruits, et les résultats se sont vus avec le ralentissement des tentatives d’immigration illégale et la reprise du dialogue sur la migration entre les deux pays. Mais le nombre de migrants arrivant en Espagne a augmenté en avril, notamment à cause de l’Algérie.

Alors que le Maroc et l’Espagne ont scellé début avril, un accord « historique » pluri-formes qui devrait porter les deux pays voisins à une relation digne du « 21ème siècle », les résultats de la reprise des relations diplomatiques et la fin de la crise se sont déjà fait ressentir.

Cette semaine, Madrid et Rabat ont réactivé le groupe permanent sur la migration qui ne s’était pas réuni depuis 2 ans, à cause de la crise liée à la pandémie du coronavirus et de la crise diplomatique ces 10 derniers mois.

L’arrivée d’immigrants irréguliers a ralenti au cours des 45 derniers jours en Espagne, selon le bilan bimensuel publié par le ministère espagnol de l’Intérieur. Sur les 4 premiers mois de l’année 2022, les chiffres parlent: 10 180 personnes sont entrées illégalement en Espagne contre 7 937 qui l’ont fait durant la même période de l’année précédente, soit une augmentation de 28,3%.

Et ce sont les îles Canaries qui supportent le plus grand flux migratoire puisqu’elles reçoivent plus de la moitié des arrivées. Le ministère de l’Intérieur chiffre à 6.624 immigrés entrés jusqu’au 30 avril à bord de 145 petites embarcations, soit 50% de plus qu’à la même période de 2021.

Et cela s’explique par une hausse des arrivées en provenance de pays comme le Sénégal et la Mauritanie, comme l’a signalé le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) dans son dernier rapport.

« Le voyage maritime entre les états côtiers d’Afrique de l’Ouest, tels que le Sénégal et la Mauritanie, et les îles Canaries est long et périlleux et peut prendre jusqu’à dix jours », a déclaré Shabia Mantoo, porte-parole du HCR, en présentant le rapport 2021 sur la migration et les disparitions en mer.

Elle a ajouté que 1 153 personnes sont mortes ou ont disparu sur la route maritime allant du nord-ouest de l’Afrique aux îles Canaries, notant que la route migratoire de la méditerranée centrale est la plus meurtrière u monde, avec plus de 17 000 décès et disparitions enregistrés depuis 2014 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Et avec la pandémie liée au coronavirus, le nombre de départs a augmenté, notamment de 61% depuis la Tunisie en 2021 par rapport à 2020, et de 150 % depuis la Libye, a indiqué le HCR.

L’Algérie se venge de l’accord Maroc-Espagne

Et une hausse de l’immigration illégale est attendue ces prochains mois avec l’amélioration des conditions climatiques dès juin. Selon La Razon, « malgré le fait qu’une tendance à la baisse ait été observée au premier trimestre de l’année, le mois d’avril a rompu le schéma » en Espagne, avec une nette augmentation des migrants illégaux.

En effet, seulement sur la première quinzaine de jours du mois d’avril, correspondant à la signature du partenariat Maroc-Espagne (vivement dénoncé par l’Algérie qui menace à présent Madrid de rompre son contrat de fourniture en gaz, ndlr), ce sont 753 personnes sont arrivées à bord de 22 bateaux, contre 375 en mars, soit deux fois le nombre.

Et des sources policières espagnoles citées par le site d’information The Objectif, ont affirmé que l’Algérie a commencé à envoyer des migrants Afghans, Bengalais et Syriens depuis ses côtes vers l’Espagne à la même période de la conclusion de l’accord entre le Maroc et l’Espagne suite à la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Depuis le mois d’avril, le nombre de migrants de ces trois pays transitant par les côtes algériennes et se dirigeant vers Almeria et Murcie a atteint 1.000 personnes. Ce chiffre se révèle important lorsqu’il est comparé avec le total des Algériens ayant immigré de façon illégale en Espagne en 2021. Ils sont 4.000 en tout, ont indique les mêmes sources.

« La police situe le début de ces flux migratoires entre fin mars et début avril, peu de temps après que, le gouvernement de Pedro Sanchez ait annoncé son soutien au plan marocain d’autonomie au Sahara », note The Objectif.

Et d’ajouter que « l’Algérie a réagi avec force, rappelant son ambassadeur en Espagne pour des consultations avec effet immédiat » suite à l’accord entre Rabat et Madrid,

Il ne fait aucun doute que l’Algérie tente d’opérer une nouvelle manipulation en envoyant des migrants de différentes nationalités pour éluder la provenance et la paternité de ces mouvements migratoires soudains, qui, par la suite ne seront pas attribués à Alger dans les rapport des organisations onusiennes comme l’OIM ou encore le HCR.

Le média fait ce constat en estimant qu’il existe aujourd’hui une « pression migratoire silencieuse exercée par l’Algérie », et dit s’attendre à ce que cette opération devienne « une tendance habituelle dans les mois à venir ».

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