Les pays arabes qui critiquent les relations avec Israël cherchent à « répandre le chaos » (expert)

La position des Etats arabes concernant la question palestinienne n’a pas changé depuis la vague des normalisations avec Israël, mais ceux qui le prétendent cherchent seulement à « répandre le chaos, la violence, l’extrémisme et le terrorisme », a affirmé un politologue émirati. Le modèle de l’Algérie dans ce contexte est un bel exemple qui illustre une position malsaine du voisin de l’Est.

Alors que les attaques visant les Palestiniens en plein mois sacré de Ramadan, un mois de piété pour les Musulmans, ont horrifié les pays arabes du monde, face à l’atrocité et la violence des forces armées israéliennes, certaines parties au sein de la communauté arabe ont remis sur la table, leurs critiques des normalisations avec Tel Aviv.

« Le futur de la cause palestinienne semble revenir sur la table à chaque fois que les relations entre les pays arabes et Israël, mais aussi entre les pays islamiques et Israël, évoluent. Certains tentent de faire croire aux gens que les Arabes ont +planté la cause+ et abandonné le peuple palestinien. C’est faux et non conforme aux faits bien connus de tous », a réagi le politologue émirati Salem Al Ketbi.

Les critiques veulent répandre le « chaos » et le « terrorisme »

De rares condamnations de certains pays arabes avaient suivi la vague de normalisations de pays arabes avec l’Etat hébreu et certains ont considéré qu’ils avaient « vendu » la cause palestinienne, se braquant dans leur position de haine.

« De tels argumentaires sont utilisés par d’autres comme prétexte pour encore répandre le chaos, la violence, l’extrémisme et le terrorisme et inciter à attaquer des civils innocents en Israël. Pour autant, il ne s’agit pas ici de positions arabes, mais de plans de terreur dirigés contre tous les peuples de notre région », a indiqué à ce propos le politologue.

Selon lui, la question palestinienne « n’est pas exhibée sur le marché politique pour être + vendue + par tel ou tel État », rappelant qu’il s’agit d’une cause juste, reconnue par le droit et les conventions internationales.

L’Algérie, dans ce contexte, s’érige en défenseur de la cause palestinienne et en fait tout un tapage médiatique et a vertement critiqué les Etats ayant normalisés leurs relations avec Israël, mais son soutien aux Palestiniens s’arrête là.

Concrètement, l’Algérie ne fait rien pour les Palestiniens si ce n’est que donner des discours humanistes. L’Algérie n’envoie pas d’aides aux Palestiniens, ne finance aucune ONG, ne protège pas les Palestiniens, n’accueille pas de réfugiés Palestiniens sur son territoire.

En outre, elle ne critique jamais ouvertement Israël avec qui elle se garde bien d’utiliser la même véhémence et haine qu’elle accorde au Maroc, par exemple. Et pour cause, l’Algérie a des liens commerciaux avec Israël qu’elle cherche à dissimuler au peuple algérien.

Le pays importe entre autres du matériel, et des produits médicaux, du matériel informatique d’Israël via des sociétés écrans en France et vend du gaz à Israël via l’Egypte.

Et la version du politologue sur les aspirations de certaines parties (qui dénoncent les accords d’Abraham) à répandre l’extrémisme et le terrorisme dans la région a également été la même position d’Israël à ce sujet.

En août dernier, le ministre israélien des Affaires Etrangères, Yaïr Lapid, alors en visite au Maroc avait exprimé ses « inquiétudes au sujet du rôle joué par l’Algérie dans la région, son rapprochement avec l’Iran et la campagne qu’elle a menée contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine ».

Le monde face à de nouvelles réalités stratégiques

Pour Salem Al Ketbi, la résolution de la question palestinienne « n’a rien à voir avec l’hostilité persistante entre les Arabes et Israël, pour la simple raison que la situation conflictuelle dure depuis plus de sept décennies, au cours desquelles les deux parties ont mené plusieurs guerres ».

Il relève à ce titre que pendant toutes ces années aucune percée qualitative qui apporterait la paix et la stabilité au peuple palestinien et à la région, n’a été réalisée. « Les différentes expériences de ces dernières décennies sont la meilleure preuve des conséquences de la violence et de l’effusion de sang », a-t-il indiqué.

« Il est temps de tenter une approche meilleure et plus civilisée de la situation conflictuelle avec Israël », a poursuivi le politologue en affirmant que des changements radicaux sont en train de remodeler l’ordre mondial existant.

Et face aux relations internationales qui se réinventent constamment sur le plan politique, militaire, économique et sécuritaire notamment à la lumière de la crise entre l’Ukraine et la Russie qui remodèle les alliances, il estime qu’il serait « insensé » pour la position palestinienne de se limiter à certains discours, attitudes, pratiques ou comportements. « Elle devrait s’adapter aux nouvelles réalités stratégiques mondiales », a-t-il affirmé.

Les pays arabes qui critiquent les normalisations devraient « comprendre les motivations de la dynamique arabe autour (de la question palestiniennes, ndlr) et ne pas se cacher derrière une rhétorique d’incitation et de bashing sur toutes les questions de coopération entre les Arabes et Israël ».

Le soutien aux droits et à la cause du peuple palestinien est une affaire de conscience collective arabe, les positions arabes officielles sont affichées et aucun préjudice réel n’est porté au peuple palestinien par les accords de paix, a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « bien au contraire. Il est très important de communiquer avec les dirigeants israéliens en période de crise et de tensions ».

Et de conclure que la consolidation de la coexistence et de la tolérance n’implique en aucune manière de compromettre la cause et les droits légitimes du peuple palestinien. « La violence et le terrorisme contre Israël ou d’autres ne serviraient qu’à envenimer les hostilités. Elles sapent les chances de paix et empêchent que les efforts dans cette direction ne soient jamais enclenchés », a-t-il conclu.

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