Sanchez au Maroc: La presse espagnole souligne l’importance de l’invitation du Roi Mohammed VI

La presse espagnole s’intéresse de très près au premier voyage du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez au Maroc. Ce déplacement est attendu pour cristalliser une nouvelle étape dans les relations entre les deux royaumes voisins après presque un an de crise diplomatique.

L’ouverture de la nouvelle étape dans les relations entre le Maroc et l’Espagne se formalisera jeudi, lors de la visite attendue du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à Rabat, où il sera reçu par le Roi Mohammed VI pour un entretien de haut niveau et d’un Iftar de rupture de jeun.

Pedro Sanchez se rendra à Rabat accompagné du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui devait se rendre vendredi 1er avril au Maroc avant celle du chef de gouvernement.

Avant d’arriver au Maroc, Pedro Sanchez rencontrera le nouveau président du parti populaire espagnol (PP), Alberto Núñez Feilóo. Il devrait atterrir à Rabat dans l’après-midi, rencontrer directement le Roi Mohammed VI et prendre part à un Iftar en ce mois de Ramadan.

La venue du chef du gouvernement espagnol au Maroc a été largement commentée dans les médias ibériques. « Le président du gouvernement a été invité au dîner de rupture du jeûne pendant le ramadan, un geste de la plus grande courtoisie », a commencé par écrire le site d’information La Razon.

« En plein Ramadan, le fait que le souverain alaouite invite le premier ministre espagnol à dîner, l’iftar, avec lequel le jeûne qui est maintenu tout au long de la journée est rompu, est un geste de plus de l’importance que Rabat accorde à la reprise pleine des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues après l’affaire Ghali, lorsque l’Espagne a secrètement accueilli le chef du Front Polisario, en guerre contre le Maroc », a poursuivi le journal de droite.

De son côté, El Correo a noté que la visite du chef de gouvernement espagnol coïncide avec un autre rendez-vous sensible pour Pedro Sanchez, puisqu’il doit rencontrer la matinée le nouveau chef du Parti Populaire (droite) qui a affiché une hostilité à la position de l’Espagne concernant l’appui au plan d’autonomie proposé par le Maroc comme solution au différend sur le Sahara.

« Le président se rendra à Rabat, et ce n’est pas une mince affaire, le jour même où il recevra Alberto Núñez Feijóo en tant que nouveau leader du PP et de l’opposition dans la Moncloa », a écrit le site espagnol.

El Pais, a interprété l’invitation au repas de rupture de jeûne comme un signe d’amitié exprimé par le Maroc. « L’Iftar est la principale célébration de la journée pendant le mois sacré des musulmans, donc inviter un étranger à y participer est un signe d’amitié », a écrit le site d’information.

« L’invitation tant attendue de Mohammed VI à Pedro Sánchez arrive », a écrit pour sa part Atalayar, comme pour rappeler que le chef du gouvernement espagnol a tenté de se faire inviter par le Roi Mohammed VI à maintes reprises ces derniers mois, surtout depuis sa réélection.

« Le Maroc et l’Espagne approfondissent la normalisation des relations », s’est félicité le média ibérique en ajoutant qu’il semblerait que « l’heure soit venue pour la normalisation totale des relations entre deux pays considérés comme des partenaires et voisins historiques comme le Maroc et l’Espagne ».

Atalayar estime qu’avec cette invitation, le Roi Mohammed VI « a exprimé la grande valeur que la lettre envoyée par Pedro Sanchez avait pour le Maroc « compte tenu de la grande importance de la question sahraouie pour le royaume alaouite ».

Pour rappel, les relations entre Rabat et Madrid se sont détériorées en avril dernier lorsque l’Espagne a caché l’accueil de Brahim Ghali, le chef de la milice séparatiste du polisario avec la complicité de l’Algérie.

Brahim Ghali, est poursuivi par la justice espagnole depuis 2007 pour plusieurs affaires criminelles et des accusations de « crimes de guerre », « génocide », « viol », « torture », « disparitions forcées », « séquestration ». Il est entré en Espagne sans répondre de ses actes et son entrée a été facilitée par le gouvernement espagnol, à l’aide d’une fausse identité, un faux passeport diplomatique algérien.

Le Roi Mohammed VI avait néanmoins signifié dans un discours à l’occasion du 68e anniversaire de la révolution du roi et du peuple le 20 août, que le Maroc ne fermait pas complètement la porte face à ce geste inamical de l’Espagne.

Le Maroc « s’attache à fonder des relations solides, constructives et équilibrées, notamment avec les pays voisins » a déclaré le souverain dans son adresse à la nation, en soulignant que c’est avec cette même logique que les relations avec le voisin espagnol sont prises en compte.

« Nous avons travaillé avec la partie espagnole, dans le plus grand calme, la clarté la plus totale et un esprit de responsabilité », suite à la crise, a affirmé le Roi Mohammed VI en indiquant un intérêt particulier à la compréhension conjointe des intérêts des deux pays.

Il a ainsi annoncé une étape inédite dans les relations entre Rabat et Madrid, en soulignant qu’elle devront reposer sur la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements.

Sanchez au Maroc: La presse espagnole souligne l’importance de l’invitation du Roi Mohammed VI Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page