Exclus du dialogue social, des enseignants grévistes manifestent à Rabat

Une manifestation des enseignants a eu lieu ce jeudi 17 mars à Rabat devant le ministère de l’Éducation nationale, assortie d’une grève de 72h. Plusieurs catégories d’enseignants ont participé à ce sit-in, organisé à l’initiative de la Fédération nationale de l’Enseignement (FNE), notamment les enseignants intégrés (temporaires de 2001, 2002, 2005 et 2007), les enseignants exclus de la promotion hors échelle, les enseignants de la « cellule 10 » et les enseignants victimes des deux systèmes (1985 et 2003). 

Photo : Mounir Mehimdate

Une centaine d’enseignants ont investi la rue ce jeudi à Rabat pour protester et rappeler leurs dossiers revendicatifs qui n’ont pas fait l’objet de discussion lors du dialogue social, tenu entre les centrales syndicales les plus représentatives du secteur et le ministère de l’Éducation nationale, nous indique Amina, enseignante et membre du FNE.

En plus de la manifestation, la FNE a également annoncé une grève de 72h des enseignants intégrés (anciennement temporaires), les 16, 17 et 18 mars avec comme revendications phares : le prise en considération des années de services en tant qu’enseignants temporaires dans l’ancienneté générale avec  un réaménagement et une réparation matérielle, la révision de la date de recrutement de ces enseignants, la réparation pour les retraités de cette catégorie, notamment les familles et les ayants droit des personnes décédées.

Photo : Mounir Mehimdate

« Les dossiers revendicatifs de l’ensemble des enseignants qui ont protesté aujourd’hui ont chacun leurs caractéristiques et particularités. Mais ils ont tous un point en commun, c’est l’exclusion de la promotion et du dialogue social avec le ministère. Dans les conclusions de ce dialogue, ces catégories d’enseignants qui manifestent aujourd’hui n’ont pas été abordées. C’est ce qui nous a poussés à l’escalade », nous confie Amina.

Mercredi, une réunion s’est tenue au ministère de l’Éducation nationale entre la tutelle et les syndicats du secteur, pour discuter des poursuites contre les enseignants, dont certains ont écopé de 3 mois de prison ferme.

Photo : Mounir Mehimdate

Outre la grève de 3 jours de cette catégorie qui représente quelque 160.000 enseignants exclus de la promotion hors échelle selon notre interlocutrice, les enseignants dits « contractuels» mènent également un mouvement d’escalade sans précédent pour faire valoir encore et toujours leurs droits à l’intégration dans la fonction publique et pour dénoncer les poursuites dans leurs rangs.

Une situation qui a poussé la Fédération des parents d’élèves à dénoncer le gaspillage du temps d’apprentissages des élèves, dû à cette succession de grèves, en plus de l’année scolaire 2021/2022, qui a démarré en retard à cause de la pandémie ou encore les élections.

Photo : Mounir Mehimdate

Interrogée sur ce point, notre interlocutrice affirme que ce combat que mènent les enseignants, de toutes les catégories, a pour but de défendre l’école publique, défendre la dignité de l’enseignant, mais aussi garantir une bonne qualité d’apprentissage aux élèves.

« Si l’enseignant ne bénéficie pas de ses droits, et n’est pas épanoui, il ne pourra pas réaliser ses tâches correctement. Nous sommes très attachés à notre école publique que nous voulons développer et aider . De plus, ces élèves, ce sont nos enfants et nos frères et soeurs avec qui nous passons toutes nos journées en classe. Nous n’agirons jamais contre leurs intérêts, mais nous tenons comme responsable le ministère de tutelle concernant tout retard dans le programme. Et normalement, la Fédération des parents d’élèves était censée dénoncer les pratiques du ministère à l’encontre des enseignants(e) de leurs enfants », nous confie cette enseignante.

Photo : Mounir Mehimdate

Alors que les manifestants avaient démarré leur sit-in pacifique devant le ministère de l’Éducation nationale à Rabat vers 10H30, ils comptaient poursuivre leur marche jusqu’au parlement. Mais les forces de l’ordre les en ont empêchés, sans qu’il y ait pour autant des actes de violence. Mais notre interlocutrice a insisté sur l’aspect pacifique de leur manifestation qu’elle estime être « un droit de tout citoyen qui se sent lésé et dénigré ».

Photo : Mounir Mehimdate

Une réunion a eu lieu mercredi entre les représentants des syndicats et le ministère de l’Éducation nationale, autour des poursuites judiciaires entamées contre plusieurs enseignants « contractuels » ayant protesté récemment dans plusieurs villes du Royaume. Il a également été convenu que le prochain round du dialogue connaîtra la détermination des modalités de la manière dont ces enseignants contractuels seront intégrés dans la fonction publique.

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