Covid-19/Maroc : Le faible taux de vaccination D3, un mauvais présage pour la levée des restrictions

Le retour à la vie normale se fera-t-il plus tard que prévu au Maroc ? Alors que plusieurs pays européens ont mis fin à toutes les restrictions, considérant désormais le coronavirus comme « une grippe saisonnière », le Royaume, lui, continue de vivre au rythme de l’Etat d’urgence. Une situation expliquée par un taux de vaccination de la troisième dose au plus bas.

Le comité scientifique a été clair sur la question, la seule solution pour mettre fin aux restrictions sanitaires, c’est la vaccination en masse, plus particulièrement celle de la troisième dose. Dans le cas contraire, les Marocains continueront à se plier aux règles sanitaires.

L’Organisation mondiale de la santé avait précédemment confirmé que le taux de vaccination doit être élevé comme condition de sortie de crise épidémiologique.

Cependant, les derniers chiffres sont loin d’être rassurants pour les citoyens marocains désireux de retrouver un train de vie normal. En effet, le bilan épidémiologique du ministère de la Santé fait état de 24,7 % seulement des doubles vaccinés qui ont reçu leur 3e dose dans les temps, ce qui signifie que 75,3 % d’entre eux n’ont pas encore reçu leur dose booster.

La même source affirme que le taux des primovaccinés a atteint 67,40 %, alors que 63,10 % de la population générale a reçu deux doses du vaccin anti-Covid-19.

Pour ce qui est du pourcentage des personnes ayant reçu une troisième dose booster, il s’élève à 14,10 %. La moyenne de la validité de la deuxième dose n’est donc que de 24,7 %.

Et toutes les tranches d’âge sont concernées à commencer par celle des 18 à 39 ans qui ne dépasse pas les 5 %, tandis que le pourcentage ne dépassait pas 30 % pour la tranche d’âge allant de 40 à 74 ans, et 41 % pour les plus de 75 ans.

Montée des réticences face à la 3e dose

Ces chiffres alarmants soulèvent de nombreuses interrogations sur les raisons pour lesquelles de nombreux Marocains refusent de se faire vacciner une troisième fois.

Selon de nombreux témoignages récoltés par Hespress FR, la première raison et celle qui revient le plus, la peur d’effets secondaires irréversibles.

Plusieurs personnes contactées par la rédaction ont remarqué une baisse de régime depuis qu’ils ont bénéficié de la 2e dose, que cela soit le vaccin Sinophram, Pfizer ou encore AstraZeneca, d’où leur réticence. Plusieurs mois après, ils ont du mal à retrouver leur forme d’avant.

Depuis que le gouvernement a lancé la campagne vaccinale pour la troisième dose, plusieurs Marocains pro-vaccins se montrent à présent très réticents, c’est le cas de Myriam : « J’ai reçu les deux premières doses du vaccin dès le mois d’avril. Je faisais alors partie des bons citoyens. Mais j’ai eu quelques problèmes après la vaccination, donc je ne souhaite pas faire ce rappel… A mes risques et périls », explique la jeune femme. Un discours qui revient chez la plupart des jeunes âgés entre 20 et 30 ans, mais pas seulement.

Il s’agit également du feedback des personnes qui ont déjà effectué la troisième dose et font écho de fièvre, gros coup de fatigue, maux de tête, ou encore douleurs musculaires.

Maria, âgée de 70 ans, souffrant d’hypertension artérielle a également refusé de se plier à la règle de la troisième dose. « Avec tout ce que j’entends sur les effets de la vaccination, je préfère m’abstenir et rester chez moi indéfiniment. Je ne sais pas combien il me reste à vivre, mais je ne veux en aucun cas que la cause de mes problèmes soit due à la vaccination », affirme-t-elle, encouragée pourtant par son entourage à effectuer la dose de rappel.

Les experts rassurent

Et si ces réticences étaient dues à une mauvaise information de la vaccination ? Selon le Dr Tayeb Hamdi, chercheur en politiques et systèmes de santé, la troisième dose est en effet « un vrai rempart face à Omicron contre les formes graves et les décès. Des estimations comparent même l’effet de la dose booster, au regard de la réduction du risque d’infection et de réinfection, sur la transmission du virus, à l’équivalence d’un confinement ou d’une mise sous cloche ».

Une troisième dose ou un booster affirme le Dr Tayeb Hamdi réduit également le risque du Covid long et diminue considérablement celui d’infection chez les enfants dont les parents ont été boostés. Si elle rehausse l’effet protecteur des deux premières doses, elle en garde en revanche le même profil de sécurité.

Selon l’expert, les populations triplement vaccinées devraient rapidement renouer avec une meilleure qualité de vie sociale, ainsi qu’avec un rebond de l’économie. Elles pourront alors profiter d’un retour à la vie normale ou presque sans crainte de se retrouver en réanimation ou de périr.

Par contre, les non-vaccinés courront toujours ces risques et peuvent facilement être rattrapés par le virus même après la fin de la pandémie. Car même si cette dernière finira par se terminer un jour, le virus par contre restera endémique pour des années. 99 % parmi les personnes non déjà infectées et non vaccinées, finiront par contracter le virus, et ce, d’après des estimations basées sur la forte transmissibilité d’omicron, son échappement immunitaire et le taux des réinfections nous dira encore le médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé.

Le gouvernement table sur l’opération sensibilisation

Face au ralentissement de la campagne de vaccination, le gouvernement s’active pour assurer l’immunité collective. Dans ce sens, Aziz Akhannouch a récemment tenu une réunion avec des représentants syndicaux afin de sensibiliser sur l’importance d’effectuer la troisième dose de rappel.

Au cours de la réunion, les participants ont discuté de l’évolution de la situation épidémiologique au Maroc. Akhannouch a exhorté les syndicats à pousser les fonctionnaires et les employés à prendre la troisième dose de rappel du schéma vaccinal.

Le Premier ministre marocain a poursuivi en disant que cela protégera la santé des citoyens et renforcera l’immunité collective, permettant un retour à une vie publique normale.

Il a souligné le rôle vital des syndicats pour sensibiliser les travailleurs et les employés à prendre leur troisième dose de vaccin.

Parlant de la campagne de vaccination, les représentants syndicaux ont souligné que la prise de toutes les doses de vaccin ouvrira la voie à un retour progressif à la normale. Ils ont souligné la nécessité pour les employés d’obtenir le troisième vaccin afin de sauver la vie des fonctionnaires et des employés.

S’entraider pour de meilleures conditions de vie

Les syndicats se sont engagés à sensibiliser les entreprises et à les mobiliser pour poursuivre la vaccination tout en saluant les réalisations du Maroc dans la lutte contre la pandémie.

Aziz Akhannouch a demandé aux membres de la CGEM de « prendre leurs responsabilités », en leur demandant de faire preuve de plus de rigueur dans l’encouragement des personnes non vaccinées.

« Aidez-nous et essayez de convaincre votre personnel pour que nous retrouvions tous notre liberté », a insisté le chef du gouvernement, notant que sans ce rappel « il n’y a ni cash-flow ni EBITDA ».

Akhannouch a souligné que seule la vaccination générale de la population permettra un retour à un rythme économique normal non interrompu par des restrictions de santé publique.

Pour l’heure, le ministère de la Santé continue d’inviter les citoyens à respecter les règles d’hygiène et de sécurité sanitaire ainsi que les mesures préventives prises par les autorités marocaines en faisant preuve de responsabilité et de patriotisme.

Covid-19/Maroc : Le faible taux de vaccination D3, un mauvais présage pour la levée des restrictions Hespress Français.

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