Ces systèmes politiques menacés militairement en Afrique de l’Ouest

A moula nouba ou à qui le tour ? C’est la ques­tion qui taraude bien des esprits en plus de susciter l’inquiétude en Afrique de l’Ouest. Et pour cause, en 18 mois les coups d’Etat militaires s’y enchaînent à tire-larigot.

Après celui de la Guinée présidée désormais par le colonel Mamadi Doumbouya (septembre 2021) et le Mali (par deux fois depuis août 2020)  où le colonel Assimi Goita a pris le pouvoir pour assurer selon la junte une “transition“, voilà le tour du Burkina Faso où le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est dorénavant le nouvel homme fort (janvier 2022).

Il est donc devenu clair qu’une élection ne suffit plus pour garantir la stabilité en Afrique… Il y a d’autres facteurs déstabilisants tels la sécurité et la défense qui dominent désormais peut-on remarquer Le putsch de nos jours dans ces contrées est de bon ton n’en déplaise à la Cedeao. Et à propos de marchés il est une parenthèse à ouvrir.

Les camionneurs  professionnels nationaux marocains  se font de plus en plus réticents à convoyer leurs marchandises pour la plupart des denrées agro-alimentaires vers ces deux pays. Ils s’avertissent mutuellement du danger auquel ils s’exposent en y entrant, appelant à attendre que la situation sécuritaire intérieure se stabilise et qu’un retour à la normale soit décrété. Selon un ensemble d’enregistrements audio obtenus par Hespress, ceux qui s’y sont aventurés en prenant le chemin vers le Burkina Faso sont bloqués “temporairement“ à Sikasso au Mali près de la frontière avec ce pays en proie à un putsch.

Il est comme qui dirait qu’à travers cette spirale de ces coups d’Etat, l’Afrique de l’Ouest est en train de s’inventer une nouvelle gouvernance et comme dirait un média bien français c’est « le coup d’Etat militaire populaire » tant il est béni par le peuple aussi bien au Mali, qu’en Guinée ou chez les Hommes intègres du Burkina Faso. Pourtant, on avait pensé avoir tourné la page depuis que certaines dictatures étaient passées par le moulin de la “gouvernance démocratique“.

Mais que nenni ! Les gardes prétoriennes en kaki et lunettes calfeutrées ne se terrent plus dans leurs casernes lugubres, ils exportent leur obscurantisme volontiers sous le soleil de la rue à l’image du Soudan si l’on s’en tient certains alizés de l’Est.

Symboliquement, les putschistes du nouvel ordre sont en train de réhabiliter les régimes dic­tatoriaux d’un passé récent aidé en cela du laxisme que confère l’Occident à ces états de faits.  Tant bien même que cette autorité ne soit pas propre qu’à l’Afrique de l’Ouest, elle prospère cependant plus que jamais dans cette région d’autant plus que la perception d’une protection populaire de la part des militaires est de plus en plus évidente face au terrorisme que subissent ces régions.

Cela étant les armées actuellement au pouvoir en tous cas au Mali et au Burkina Faso tentent de se rattraper là où ils ont failli de leur inefficacité quant à leur mission première, à savoir la souveraineté territoriale. Les deux pays étant confrontés  à une situation sécuritaire « fragile » à cause du terrorisme régnant qui freine à bien des égards le développement économique dont les échanges commerciaux dont vont souffrir les deux pays, Cédéao aidant de ses sanctions.

Et à ce propos, le dossier du Burkina Faso fera l’objet d’un sommet extraordinaire de la Cédéao justement ce vendredi. Il sera aussi question des mesures à prendre contre une déstabilisation de l’Afrique de l’Ouest par les attaques djihadistes.

Ces systèmes politiques menacés militairement en Afrique de l’Ouest Hespress Français.

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