Affaire Thami Bennani: Après le report, un sentiment de « hogra » chez la défense

Le juge dans l’affaire de la disparition de Thami Bennani, a reporté mercredi, pour la 4ème fois consécutive, l’audience en dépit d’un dossier prêt chez la défense ainsi que chez les accusés. Le juge devrait prendre sa retraite dans une semaine, ce qui devrait reconduire le dossier à la case de départ, selon la défense.

La défense de la mère de la victime est sortie du tribunal dans un état d’incompréhension totale et un sentiment de « hogra » (d’injustice profonde et de mépris, ndlr). Pour la 4ème fois d’affilée, le juge de cette affaire a ajourné le procès au 23 février, faisant perdurer le mystère sur les circonstances de la disparition du jeune Thami Bennani.

Les avocats de la mère de la victime rappellent que le dossier est prêt à être défendu, que cela fait 15 ans qu’il traîne en longueur. Face à tous les obstacles rencontrés depuis la disparition de l’adolescent en 2007, la mère de la victime et les avocats estiment que certaines parties influentes pèsent de leur poids pour bloquer et retarder le dossier et éviter d’incriminer les accusés.

Selon certaines sources au sein du tribunal, le juge dans l’affaire (qui a déjà déplacé le dossier de Mohammedia à Casablanca, ndlr) devrait prendre sa retraite dans une semaine, ce qui équivaudrait à une nouvelle équipe judiciaire pour prendre en charge le dossier et donc un « retour à la case départ » pour la famille de la victime.

A ce stade, les avocats de la mère de la victime estiment savoir que le jeune a été tué, et que le corps est introuvable, balayant de la main l’expertise ADN d’un corps sorti de la morgue, étrangement non décomposé, et vraisemblablement celui d’un décès récent, selon les déclarations de la mère de Thami Bennani.

« Le cadavre qui a été sorti n’est pas celui de Thami », a déclaré l’avocate Zineb El Khati, affirmant savoir que le corps de Thami n’existe pas. « Ce que nous voulons c’est que les téléphones soient expertisés et tracés afin de connaitre où se trouve le cadavre ».

Sur ce point précisément, la mère de la victime, Hayat Alami, une enseignante à la retraite, a déclaré à la presse à la sortie du tribunal qu’une expertise sur le numéro de téléphone de son fils avait été menée, faisant ressortir le dernier numéro qu’il a appelé la nuit de sa disparition, sauf qu’aujourd’hui, c’est un autre numéro qui a figure sur la liste.

Le numéro en question appartenait à l’époque à un quinquagénaire, qui se trouve être le père de l’un des meilleurs mais de la victime. L’adolescent appelait ce numéro pour joindre son ami qui détenait le téléphone de son père.

Selon la mère de la victime, le numéro qui figure à présent sur la liste (qui doit être expertisée, ndlr) n’est plus le même de l’époque et appartient présentement à l’ami de la victime. En d’autres termes, si les expertises sont menées sur ce nouveau numéro, il n’y aura aucune trace ni des appels et de ce fait, il ne sera pas possible de localiser l’itinéraire du porteur du numéro le soir de la disparition de Thami.

Pour rappel, le jeune Thami Bennani avait 17 ans lorsqu’il a été vu pour la dernière fois le 14 mars 2007 dans la ville de Mohammedia en compagnie de 5 de ses amis. L’affaire traine devant les tribunaux depuis 15 ans et la mère de la victime a fait un incroyable travail d’investigation ayant permis de faire avouer le mort de Thami en 2019, soit après 12 ans de mensonges.

Seuls 2 de ses amis de l’époque sont actuellement en détention, et 3 autres personnes potentiellement impliquées et sont encore à ce jour non identifiées (leur nom n’a pas été mentionné tout au long du film judiciaire, ndlr) et sont toujours libres, l’une de ces personnes est actuellement au Canada.

A la veille de l’audience de ce mercredi et face à une vague de solidarité nationale ayant fait le buzz sur les réseaux sociaux sous le hashtag #justicepourthamibennani et ayant reçu le soutien d’artistes et de sportifs marocains, Hayat Alami a reçu des menaces de mort par téléphone afin qu’elle abandonne les charges.

Affaire Thami Bennani: Après le report, un sentiment de « hogra » chez la défense Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page