Tourisme : En crise, les agences de voyage en sit-in devant le ministère du tourisme mercredi

En crise, les agences de voyages ont tenu un sit-in, ce mercredi, devant le ministère du Tourisme à Rabat pour protester contre ce qu’elles ont qualifié de « décisions injustes » à leur encontre. Le point. 

Photo : Mounir Mehimdate

Patrons et professionnels d’agences de voyage, transporteurs … Ils  étaient près d’une centaine à manifester ce mercredi à Rabat contre le dernier « plan d’urgence » du ministère du Tourisme lancé récemment. Ce plan, lancé par le département de Fatim-Zahra Ammor, a pour but de soutenir le secteur du tourisme, d’un montant de 2 MMDH avec cinq mesures phares, dont le prolongement du versement de l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH durant le premier trimestre 2022 à l’ensemble du secteur (transporteurs, restaurants classés ..), le report des charges dues à la CNSS pendant les 6 mois et autres mesures.

Un dispositif qui a été largement critiqué par les agences de voyages, qui estiment qu’il ne répond pas à leurs doléances, soulignant qu’ils ont été exclus de ce plan et de la la subvention de base accordée au secteur.

Photo : Mounir Mehimdate

Dans une déclaration à Hespress, Asmaa Benheida, directrice d’une agence de voyages à Casablanca, a déclaré que les protestations programmées par les professionnels du secteur viennent en réponse aux décisions récentes prises par la tutelle.

« Les demandes que nous avons adressées au cabinet du ministre du Tourisme n’ont pas été satisfaites, ce qui constitue une injustice et une iniquité envers les agences de voyage. Il ne faut pas oublier qu’ont a été très touchés par la pandémie, puisque nous sommes restées fermées pendant toute cette période, alors que d’autres secteurs ont pu travailler un peu », nous confie cette professionnelle qui appelle les autorités compétentes à « un peu de justice envers le secteur, qui a subi un effondrement complet ».

Photo : Mounir Mehimdate

En effet, le secteur du tourisme a subi un coup de grâce, notamment les agences de voyages qui « agonisent » suite à la succession des fermetures depuis le déclenchement de la pandémie. N’ayant pas pu supporter la crise, 50 à 80% des agences ont fermé boutique en l’absence de soutien direct du gouvernement.

Pour sa part, Omar Al Hashimi, président de la Fédération nationale des agences de voyages (FNAV), a estimé, au micro de Hespress, que le soutien apporté par le ministère de tutelle « est très faible pour le secteur dont les ressources s’élèvent à 82 milliards en devises fortes, ce qui ne représente que 2,5% de cette somme avancé ».

Pour lui, « ce n’est pas du soutien, mais de la charité, et nous ne voulons pas de la charité », a-t-il tranché.

Photo : Mounir Mehimdate

Le président de la FNAV a également souligné que « le secteur du tourisme ne comprend pas uniquement les hôtels. Sans les agences de voyages, il n’y aurait pas de clients pour les hôtels, les guides et autres représentants du secteur », a-t-il expliqué avant de préciser que le rôle des agences de voyage est « vital, important et fort ».

« Nous n’avions jamais demandé de l’aide et nous avons toujours accompli tout le travail. Si les frontières étaient ouvertes, nous n’aurions pas demandé ce soutien. Sans parler du montant de 2.000 dirhams qui ne vaut rien aujourd’hui, compte tenu de la persistance de la crise sanitaire depuis 24 mois », a-t-il soutenu.

Photo : Mounir Mehimdate

Il convient de rappeler que les professionnels des agences de voyage avaient d’ores et déjà tenu un sit-in, le 4 janvier 2022, à Rabat, devant le siège du ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire, où ils ont fait part de leur situation critique et proposé une batterie de mesures pour limiter les dégâts.

Photo : Mounir Mehimdate

Khalid Benazouz, Président de l’Association des Agences de voyages Casablanca-Settat, nous avait donc confié en décembre, après la prolongation de la fermeture des frontières que « les agences de voyage, comme d’autres opérateurs, créent de la plus-value, créent de la richesse, des emplois, font travailler beaucoup d’autres intervenants (directs et indirects) qui s’élèvent à 2-3 millions d’individus tandis que le secteur représente entre 7 à 12 % du PIB national ».

« La pandémie est là, mais il faut un soutien solide de l’État et du gouvernement » , avait-il suggéré.

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