Crise Espagne-Maroc: Un politologue espagnol ne veut pas mettre le Sahara dans la balance

Face à une crise diplomatique qui perdure entre le Maroc et l’Espagne et un étau qui se resserre devant Madrid, principal auteur de la brouille, des voix espagnoles tentent de faire sortir le Sahara de l’équation. Pourtant, cette question est capitale dans la future configuration des relations entre les deux partenaires.

« Le Sahara ne doit pas être au centre des relations entre Madrid et Rabat », a estimé Castor Díaz Barrado, professeur de droit international public et de relations internationales à l’Université Rey Juan Carlos de Madrid, dans une tribune publiée sur le journal espagnol La Razon.

Le Sahara au centre de la position marocaine

Le politologue estime que ce sont d’autres questions qui devraient prévaloir dans les relations entre les deux pays voisins, en mettant en avant « la coopération migratoire, la lutte contre le crime organisé, la collaboration économique étroite et les liens dans le domaine culturel ».

Seulement aujourd’hui à ce stade de la crise, déclenchée par un geste d’inimitié, perçu à Rabat comme une trahison -et à juste titre -, l’Espagne n’a fourni aucune explication tangible et logique pour ses agissements nuisant aux intérêts suprêmes du Royaume du Maroc. Le Sahara est à l’origine du conflit entre Madrid et Rabat, comment ne peut-il pas en être la solution ?

Alors que les relations entre les deux pays étaient au beau fixe, l’Espagne a déclenché cette crise diplomatique le printemps dernier en accueillant en douce, en lui donnant un faux nom, Brahim Ghali, le chef de la faction séparatiste sahraouie du polisario, soit, l’ennemi de l’intégrité territoriale du Maroc.

Madrid a été pris la main dans le sac, en « venant en aide » au leader du mouvement séparatiste soutenu par Alger, et sur « demande » du régime algérien. En d’autres termes, le gouvernement espagnol a comploté avec l’instigateur du conflit sur le Sahara contre le Maroc, son allié stratégique sur tous sujets énoncés par le politologue espagnol.

« La question du Sahara ne devrait pas être à l’ordre du jour des relations entre les deux États voisins », a renchéri Castor Díaz Barrado, estimant que les questions qui doivent prévaloir entre les deux pays devraient concerner « les citoyens des deux pays et celles qui approfondissent de plus en plus les liens entre les deux pays ».

Seulement, pour le Maroc, la question du Sahara marocain est la priorité numéro 1 de sa diplomatie, et est la seule question qui compte autant pour le Maroc en tant que nation, que les Marocains en tant que peuple, en témoigne déjà la Marche Verte de 1975 qui avait réuni à l’époque 350.000 volontaires (l’équivalant de la moyenne de natalité au Maroc, NDLR). S’il y a une seule chose qui puisse « approfondir » les liens entre les deux pays, c’est bien la question du Sahara.

Minimisant l’ampleur de la crise, l’universitaire affirme le règlement de la crise diplomatique ouverte entre les deux pays n’engagera la responsabilité de l’Espagne seulement pour la « restauration des relations nécessaires et utiles pour tous les citoyens », ce que Madrid aurait déjà commencé.

Et pour le Maroc, il préconise que le pays devrait « abandonner les positions politiques qu’il a maintenues à l’égard de l’Espagne ».

Une modification de la position de l’Espagne sur le Sahara impossible ?

« Tout indique que le Maroc n’est pas disposé à se faciliter la tâche et indique comme exigence capitale que notre pays modifie substantiellement ses postulats par rapport à la question du Sahara », a reconnu l’universitaire. Les derniers discours du Roi Mohammed VI démontrent clairement que le Maroc ne reculera plus pour défendre son Sahara et qu’il exige à présent des relations d’égal à égal avec ses partenaires.

Pour Castor Díaz Barrado, « les autorités de Rabat savent que cela (la modification de la position de Madrid sur le Sahara) n’est en aucun cas possible et, de plus, cela ne serait pas non plus avantageux pour les intérêts de l’Espagne ».

Cette position reste peu compréhensible, surtout si l’on considère que l’Espagne n’a plus d’intérêts au Sahara puisqu’elle n’est plus le pays colonisateur, et si l’on veut croire en sa bonne foi lorsqu’elle dit qu’elle souhaite faire avancer le dossier et répondre positivement à l’invitation de relations fondées sur le respect, la considération mutuelle avec le Maroc.

L’Espagne en tant qu’ancienne puissance coloniale au Sahara jusqu’en 1975 (sous Franco), s’était retirée du territoire marocain suite à la Marche Verte, et après que le roi Hassan II l’ait inscrit comme territoire à décoloniser aux Nations Unies. L’ancien colon avait d’ailleurs signé les Accords de Madrid actant le retour du Sahara sous souveraineté marocaine.

En outre, à ce stade du dossier du Sahara, il est évident que la proposition marocaine d’autonomie est la seule solution capable de mettre un terme au conflit. Elle est la plus consensuelle, la plus réaliste et fait preuve de beaucoup de compromis par le Maroc, pour mettre fin au statu quo, et cela, même l’Allemagne qui avait une position différente sur le dossier, l’a reconnu formellement.

Plusieurs pays de la communauté internationale reconnaissent la pleine souveraineté du Maroc sur le Sahara et de nouveaux états l’ont reconnu comme les Etats-Unis, et l’ont acté en ouvrant des consulats dans les provinces du sud. L’Espagne est le seul pays qui continue de lutter et de s’acharner contre l’intégrité territoriale du Maroc tout en se disant un allié du Maroc sur la question.

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