L’intelligence collective au centre du Nouveau modèle de développement

L’intelligence collective montre de plus en plus sa capacité à résoudre des problèmes inhérents aux sociétés, à petite ou grande échelle. Au Maroc, plusieurs expérimentations dans le genre ont porté leurs fruits, notamment dans le cadre de la mise en place du nouveau modèle de développement, ont noté des experts lors d’un webinaire axé sur l’innovation collective.

S’il n’existe pas de modèle de co-construction institutionnelle marocain, mis à part le mode de « délibération » tribal d’antan, des expérimentations ont été lancés ces dernières années, notamment à un niveau micro-territorial à l’échelle de petits douars pour tenter de juguler des problèmes d’organisation mais également dans le processus de mise en place du Nouveau modèle de développement, ont relevé plusieurs experts lors d’un webinaire organisé par l’initiative citoyenne OTED, sous le thème « Jouer collectif en Territoires, vers un contrat alliance porteur d’innovation collective ».

Cette façon de revoir le modèle de prise de décision et d’être à l’écoute des habitants, en adoptant une rupture du modèle vertical entre décideurs et citoyens, vers un modèle horizontal, a été au centre des échanges avec les citoyens ayant jeté les bases du modèle de développement de demain au Maroc.

Ainsi, Lex Paulson, Lex Paulson, Directeur de l’Ecole d’intelligence collective de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir, a expliqué les membres de la Commission spéciale chargée du modèle de développement, ont participé à des ateliers avec de jeunes étudiants et élèves issus de la région de Benguerir, en s’asseyant dans des focus groupes de 4 ou 5 participants et ont rompu le rapport vertical et ont créé un modèle typiquement marocain de « guided storytelling » facilité.

Les participants sélectionnés pour leur diversité cognitive et rassemblés par leur motivation à contribuer, ont parlé de leurs expériences personnelles et les problèmes qu’ils ont rencontrés au cours de leur vie, les membres de la Commission ont ensuite restitué ces données devant eux, pour en faire des exemples qui ont constitué des pistes de résolution de problèmes.

« Le Roi Mohammed VI a bien pris conscience de ces grands changements, des complexité des problèmes, les attentes et les frustrations des citoyens marocains, il a identifié ces dysfonctionnements, il a appelé la commission spéciale, ces 35 personnes extrêmement diverses de leur expérience et parcours, et a lancé la commission dans un esprit d’inclusivité et de participation », a déclaré le spécialiste en intelligence collective.

Lex Paulson estime que l’une de raisons qui ont fait que le Roi Mohammed VI a validé ce modèle de coconstruit par les citoyens marocains, « c’était parce que ce nouveau modèle incarne l’intelligence collective ».

« La commission s’est basée sur 3 grands axes, le multicanal pour ouvrir plusieurs canaux de feedbacks des citoyens marocains, de maximiser la diversité des contributions, donner la parole libre avec la condition de respecter la Constitution marocaine et les institutions fondamentales du royaume, et il y a eu des personnes de gauche, de droite, du centre, des personnes qui voulaient tout disrupter et d’autres qui voulaient tout préserver », a-t-il expliqué.

Et d’estimer que la diversité, dans ce genre d’expériences est fondamentale, et que l’approche qui a été privilégiée a été de faire du « test and learn », une stratégie qui s’ajuste en prenant du recul. « On a développer ensemble des méthodes de consultations proprement maroco-marocain ».

L’intelligence collective a démontré par son caractère fédérateur stratégique, qu’elle était une source d’innovation, de complémentarité des positionnements, et également un facteur de confiance.

Elle se révèle d’une aide pour les institutions publiques, et le mode de gouvernance, permet de résoudre les problèmes de baisse de confiance des citoyens envers les institutions traditionnelles qui se manifeste par la hausse des taux d’abstentions aux élections surtout dans les pays occidentaux, à titre d’exemple, ou encore d’aider les nouvelles générations en quête d’appartenance et s’identifier et se projeter.

Au Maroc, la question du leadership territorial est central dans la mise en place d’un nouveau modèle marocain, proche, représentatif des Marocains, et pour le moment le pays s’inscrit dans l’expérimentation.

L’intelligence collective au centre du Nouveau modèle de développement Hespress Français.

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