Sauver le secteur tourisme en ouvrant les frontières ! Un vœux pieu ?

Depuis novembre 2021, les frontières marocaines sont fermées. Une décision justifiée par le ravage du benjamin de Dame Covid Omicron en l’occurrence, un gamin qui fait trembler le monde entier. Aussi, la fameuse mesure que d’aucuns des professionnels du tourisme attendent d’être levée, est dans le pur ton normand du « p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non » et il n’est donc pas sûr que le 31 janvier 2022…

D’ailleurs, à ce propos interrogé sur la question, ce lundi à la chambre des représentants, la mise en garde du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, est, chiffres à l’appui, on ne peut plus claire. Il a rappelé à l’audience que « près de 3 000 cas ont été enregistrés ce lundi, 97 morts en ce mois de janvier à une semaine de sa fin et quelque 600 personnes sont admises en réanimation ». Le MAE a affirmé que les frontières, en raison de la propagation du variant Omicron, doivent être rouvertes « dans des conditions de sûreté pour tous au regard de la réalité de la situation épidémiologique qui prévaut dans le Royaume. C’est important d’ouvrir les frontières, mais c’est important aussi de prendre en considération ces conditions ». C’est dire l’embarras dans lequel se trouve l’Exécutif quant à cette situation qui a des conséquences terribles sur le tourisme.

Pour illustrer cette situation, il n’y a pas mieux que Marrakech ville du tourisme par excellence (48 % de la capacité d’hébergement au niveau national). Selon l’Association des hôteliers de la ville, sur les 250 établissements que compte Marrakech plus de 110 hôtels sont actuellement fermés. L’association ajoute également que « des hôtels et ryads fermaient définitivement, ou la semaine pour n’ouvrir qu’en week-end », afin de prolonger leurs existences et espérer ne pas tomber dans la fosse commune des temps, ou comme aurait dit encore ce bon G. Brassens, de fermer pour cause d’enterrement. La situation est la même pour les agences de voyages, les transports touristiques, les restaurants, les guides, musées, l’artisanat, l’informel qui vivote habituellement autour de ce tourisme aujourd’hui à l’agonie, etc. Au niveau national c’est encore pire et les recettes et transferts d’argent de part et d’autre charrient aisément le zéro aussi bien en 2020 qu’en 2021quant 2022 « Moulana y chouf “. Par ailleurs, le plan d’urgence prévu pour sauver le tourisme marocain suscite la polémique. Certains jugent que l’enveloppe dédiée au soutien reste en deçà des attentes. D’autres regrettent que bon nombre de professions touristiques soient exclues de la vision. Une décision qui au-delà de l’aspect sanitaire a provoqué des remous dans le secteur du tourisme.

Toujours qu’avec une activité touristique mise en veilleuse pour ne prendre que le tableau de bord de la cité ocre et ville de référence, la hausse du chômage ne rencontre aucune barrière à sa voltige, et enregistre record sur record. On se plaignait du 5,2 % enregistré en 2019, mais que dire alors du deuxième trimestre 2021 où le pourcentage a explosé pour osciller entre 8,7 % et 9 % ? Le secteur au niveau national a perdu 80 milliards de dirhams de recettes en 2 ans. Pour 2020 nous dit le portail du ministère du Tourisme de l’Artisanat et de l’Economie sociale et solidaire, ‘Les arrivées aux postes-frontière ont connu une baisse drastique de -79 % en 2020 par rapport à 2019 avec 2,8 millions de touristes non-résidents. Les nuitées enregistrées aux établissements d’hébergement classé ont suivi la même tendance en allant de 25,2 millions en 2019 à 7 millions en 2020, soit une régression de -72 % entre les deux années. Parallèlement, les recettes voyages de 2020 se sont chiffrées à 36,4 milliards de dirhams, enregistrant une perte de -54 % par rapport à celles de 2019’.

C’est tout un monde qui s’écroule et dire que le secteur du tourisme agonise au Maroc, est une bien belle lapalissade. Maintenant pour les déçus par la prolongation de la fermeture, et qui attendent de tout leur soul la réouverture, chercher des poux à quiconque d’autre que Dame Covid est un pas à éviter de franchir. L’Exécutif marocain est mis sous pression et au-delà des critiques qu’il essuie, il est pris entre deux feux un peu comme le tailleur du dicton ‘y réfléchir à cent fois avant le coup de ciseau ‘. C’est difficile pour tous, mais s’il est une urgence actuellement c’est celui de sauver le soldat ‘Tourisme ‘. Et ce n’est pas avec l’aide mensuelle de 2 000 dhs du plan d’urgence appliquée à quelques salariés qu’on y changera grand-chose. Les opérateurs de ce secteur en difficulté, ô doux euphémisme, réclament un véritable plan Marshall pour reconstruire un chantier touristique écroulé par la perte de plus 10 millions de touristes en 2020 et pareil en 2021 ce qui pour faire tout rond équivaut à 80 %. Mais qui a dit que les voyages formaient la jeunesse ?

Sauver le secteur tourisme en ouvrant les frontières ! Un vœux pieu ? Hespress Français.

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