L’Algerie à la recherche d’un soutien perdu en Egypte

C’est d’un communiqué bien succinct que l’APS s’est pourvue pour annoncer un secret de polichinelle, à savoir que  le président algérien allait effectuer à partir de lundi 24 janvier, une visite de travail de deux jours en Egypte. Il s’agit de la deuxième sortie à l’étranger du chef de l’Etat algérien si l’on peut dire ainsi, après la Tunisie.

Mais contrairement à sa visite à Kaïs Saied qui avait été annoncée en fanfare et plusieurs semaines auparavant, cette virée égyptienne semble avoir été programmée dans l’urgence. Il tentera de persuader le président égyptien, Abdel Fattah El-Sisi de servir de médiateur auprès des pays du Golfe afin de les persuader de participer au Sommet de la Ligue arabe après le scandale du report dû au refus de la majorité des pays d’y prendre part.

Et puis comme pour arranger les choses et de la réunion de lundi, a appelé les membres de la ligue Arabe à classer les houtis des séparatistes en perspective, un terme cher aux généraux d’Alger, dans la catégorie terroriste.

Cette visite qui intervient après l’annonce, par le secrétaire adjoint de la ligue Arabe, du report du sommet de la ligue Arabe prévu initialement pour le 23 mars prochain à Alger et surtout après que le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, se soit rendu dans quelques pays du Golf et mardi dernier, en Egypte avec le plouf dans l’eau que l’on sait.

Il est un autre fait qui vient gâcher la fête au nom imprononçable, alors qu’il vient d’entamer son déplacement ou sa convocation en Egypte, l’ambassadeur égyptien au Maroc a rappelé que son pays soutient l’intégrité territoriale du Royaume. « L’Egypte soutient fermement l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc et rejette toute ingérence dans ses affaires intérieures ainsi que toute atteinte à son intégrité territoriale », a déclaré l’Ambassadeur de la République Arabe d’Egypte à Rabat, Yasser Mostafa Kamal Othman, dans un entretien accordé à Hespress.

« Nous ne reconnaissons pas la république sahraouie et nous n’avons aucune relation avec le polisario », a ajouté l’Ambassadeur rappelant que « l’Egypte fait partie des pays qui ont participé en janvier dernier à une conférence organisée par le Maroc et les Etats-Unis pour soutenir la proposition d’autonomie ».

Voilà donc, le chef d’Etat algérien en train de rafistoler les dégâts que Ramtane Lamamra a provoqués. Ce vieux Lamamra n’ayant pas réussi à remporter le pari d’organiser le sommet arabe en Algérie dans les délais annoncés, son patron si patron il est, se voit dans l’obligation de s’y mettre.

Aussi, va-t-il prendre son bâton de pèlerin dans la seule volonté de poursuivre « la consultation et la coordination avec ses frères, les dirigeants des pays arabes et les responsables du secrétariat général de la Ligue arabe ».

On peut toujours rêver et c’est gratuit en plus. Cet assemblage désagréable de sons discordants que tente Alger pour se discréditer d’avoir reporté sans pour autant faire capoter le sommet de la Ligue Arabe, démontre qu’il y a une sérieuse défaillance diplomatique située à très haut niveau bien, plus que celui de ce brave Lamamra. Il serait de bon ton de rappeler que les sommets de la Ligue arabe se tiennent habituellement en mars et symboliquement au début de printemps. La dernière fois où ses membres se sont réunis c’était en mars 2019 à Tunis. Les éditions 2020 et 2021 avaient été zappées Dame Covid et bien d’autres raisons sont passées par là.

Mohamed  El Tayer, expert en sécurité et affaires stratégiques, a fait noter que cette visite « s’inscrit dans un contexte particulier, car elle intervient après une série d’autres du ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dans certains pays du Golfe », toutes sanctionnées d’échecs cuisants. Elle intervient également après la visite en Tunisie, et après le déplacement du président mauritanien en Algérie.

A travers ce déplacement au Caire « Alger cherche le buzz pour avoir tenté de demander le soutien du président égyptien, Abdel Fattah el-Sissi pour ses bonnes relations avec les Etats du Golfe et Israël », précise encore l’expert.

Il souligne à cet égard qu’Alger cherchait à atténuer les effets de l’isolement sur le plan international, en plus d’une issue à la démarche des pays africains d’expulser l’entité fictive que le régime militaire algérien a introduite en rachetant des dettes et créances du côté de l’Organisation de l’Union Africaine. Aussi la possibilité d’une réaction favorable du Caire à la demande de soutien d’Alger est bien minime pour ne pas dire inexistante. L’Egypte n’est pas la Tunisie.

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