Crise Maroc-Espagne: Pedro Sanchez a-t-il failli à sa promesse?

La presse espagnole et les observateurs internationaux s’étonnent encore de la persistance de la crise diplomatique bilatérale entre le Maroc et l’Espagne, débutée au printemps dernier suite à l’accueil en douce et illégal du chef de la milice séparatiste du polisario en Espagne. Le Roi Mohammed VI avait annoncé en août l’ouverture d’une « étape sans précédent » entre les deux pays. L’Espagne aurait-elle failli à sa promesse pour résoudre la crise diplomatique avec le Maroc?

Les raisons de la continuité de la crise entre les deux pays a créé un regain d’intérêt chez les partenaires et soulève plusieurs interrogations. Selon le journal Altayar, il y aurait de « fortes doses de colère et d’indignation de part et d’autre », même si la partie ayant provoqué la crise est indubitablement l’Espagne.

L’ancien correspondant de plusieurs médias espagnols au Maroc et éditorialiste du magazine Atalayar, Pedro Canales, a signé un édito dans lequel il soulève l’intransigeance de la partie marocaine face aux peu de gestes en provenance de l’Espagne.

Ce n’est qu’en janvier que le roi d’Espagne a fait allusion à la crise entre son pays et le Maroc, alors que le discours du roi Mohammed VI date d’août, et son contenu laissait penser à une fin de crise prochaine. Sauf que l’absence d’ambassadrice du Maroc à Madrid depuis son rappel pour consultations et l’absence de justifications officielles espagnoles pour ce geste qui a été vu par Rabat comme une grave trahison, ont témoigné de l’absence de résultat pour le moment.

« Les efforts du ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, qui ne manque jamais une occasion de supplier le gouvernement marocain de mettre fin à la crise, de renvoyer l’ambassadrice Karima Benyaich à Madrid, de rencontrer officiellement son homologue Nasser Bourita et de tourner la page, sont frappants. En vain », a commenté l’éditorialiste.

Et d’ajouter que les gestes espagnols « chargés de symbolisme et de bonnes intentions », à l’instar de ceux du roi Felipe VI qui s’est rendu au stand du Maroc au salon du tourisme de Madrid en compagnie de la reine Letizia, « n’ont pas non plus été d’une grande utilité ».

Et pour cause, selon Pedro Canales, l’Espagne n’aurait pas respecté ses « engagement » vis à vis du Maroc. Des engagements auxquels le roi Mohammed VI a fait allusion dans son discours, qui permettraient l’inauguration d’une « étape sans précédent » dans les relations entre le Maroc et l’Espagne.

Le roi Mohammed VI avait déjà jeté les bases de cette relation future entre Rabat et Madrid, en affirmant qu’elles vont devoir être fondées sur  « la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements ».

« Lorsque Mohammed VI a parlé d’une +étape sans précédent+, il ne s’agissait pas d’une offre, mais d’une réponse à une proposition ou à une déclaration d’intention espagnole », a écrit l’éditorialiste citant des sources diplomatiques marocaines.

« Ceux qui connaissent les particularités alaouites pensent que le roi du Maroc n’aurait pas utilisé les termes qu’il a employés dans son discours s’il n’avait pas reçu la promesse de la partie espagnole que quelque chose serait fait, ce qui, par ailleurs, ne peut avoir qu’un rapport avec la décolonisation du Sahara », poursuit M. Canales qui analyse la situation, en estimant que tant que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez n’assumera pas cette responsabilité, la crise restera ouverte.

Et selon lui, il ne pouvait s’agir de deux promesses, capables de faire prononcer au roi Mohammed VI un pareil discours. « Le souverain marocain ne peut pas parler de quelque chose de +sans précédent+ sans en avoir une base solide », soutient-il.

Les deux seules propositions sont bien évidemment toutes deux liées à la première cause nationale du Maroc, le Sahara, anciennement colonisé par l’Espagne. Et il s’agirait de l’engagement personnel de Pedro Sánchez à déclarer que « la proposition marocaine d’autonomie régionale pour le Sahara doit constituer la base des négociations politiques » et pas seulement une base crédible.

Ou encore une déclaration officielle du gouvernement espagnol sur la validité et la légalité des Accords de Madrid, signés entre l’Espagne, la Mauritanie et le Maroc sur le transfert de l’administration des provinces espagnoles du Sahara, et dans les deux cas « l’autonomie comme base de négociation et la légalité des accords de Madrid, la souveraineté du Maroc sur le territoire est reconnue de facto ».

Crise Maroc-Espagne: Pedro Sanchez a-t-il failli à sa promesse? Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page