Algérie, ce je t’aime moi non plus… qui n’a de cesse de perdurer

L’écrivain-journaliste, Talaâ Saoud Al Atlassi, a réagi aujourd’hui à la fameuse dépêche de l’Agence de presse algérienne (APZ) mettant dans le même panier le Royaume et la Banque Mondiale (BM) disant  « le Maroc exerce un lobbying sur la BM et que les rapports de cette institution financière internationale font partie d’un complot visant la déstabilisation de l’Algérie ». Ah ! si cela pouvait être ainsi.  Al Atlassi note que « la situation en Algérie est le résultat des mauvaises politiques imposés par les militaires des  qui s’enrichissent indûment en imposant sa mainmise sur la gestion de la chose publique dans ce pays en faillite ».

Les constats et conclusions contenus dans le dernier rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique en Algérie s’appuient sur « la détérioration dramatique des conditions de vie du peuple algérien », résultat des politiques irréfléchies du régime d’Alger, estime dans une déclaration à l’agence marocaine de presse. En Algérie on estime que les indicateurs sur l’inflation, la croissance économique et la balance commerciale sont au vert. « Nous n’avons pas besoin du diagnostic de la Banque mondiale pour le savoir » et pourtant ce n’est pas le cas. Dans son dernier rapport qui fâche à l’Est d’Eden, intitulé « Redresser l’économie algérienne après la pandémie », l’institution financière n’a pas été tendre en analysant les différentes facettes d’une économie algérienne bien mal en point. Jugeons-en, dette publique, la pauvreté ou encore le marché du travail en Algérie tout est démoli. Et si, la Banque mondiale affirme que la situation économique de l’Algérie, malgré quelques avancées, reste critique c’est qu’il en est ainsi.

Le Premier ministre algérien aura beau crier sur les toits tout en bombant le torse un excédent commercial de plus d’un milliard de dollars, l’Institution financière yeux dans les yeux lui brandit, histoire d’atténuer ses ardeurs la  facture des importations de quelque 50 milliards de dollars. Que veut cacher aux Algériens en tentant de voiler ce déficit abyssal. Ainsi, en ce qui concerne la pauvreté, l’amélioration de la situation de l’algérien sur ce plan reste nuancée. Le rapport constate que « le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie est passé de 2,1 à 1,4 % entre 2013 et 2019 ». L’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) est une approche non monétaire permettant de mesurer le niveau de privation en se concentrant sur trois grandes dimensions : la santé, l’éducation et les conditions de vie. La BM pour ce qui est de la dette publique, affirme dans son rapport que « qu’elle  explose en 2021, alors que le Trésor a mis en œuvre un programme massif de rachat de créances pour soutenir le secteur public. En 2020, le Trésor a financé un déficit budgétaire global considérable en utilisant les reliquats du financement monétaire du programme 2017–2019 et les liquidités des entités publiques ».

Quant au marché du travail en Algérie « Les indicateurs du marché du travail sur les deuxième et troisième trimestres indiquent une sortie progressive de la récession induite par la Covid-19. Après que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) ait augmenté pendant 6 trimestres consécutifs dans toutes les catégories de compétences, il s’est contracté aux second et troisième trimestres 2021 », nous dit encore le document.  Cependant le même rapport affirme qu’ « à l’issue des 8 premiers mois de 2021, le nombre d’offres d’emploi publiées par l’ANEM en 2021 restait inférieur de 9,9 % au niveau du huitième mois de 2019, avec les plus forts écarts enregistrés dans les secteurs de l’agriculture (-21,8 %) et de la construction (-17,7 %) ».

De là, à nous en vouloir et à nous accuser de tous les maux dont souffre l’Algérie et par là, son vaillant peuple, il n’y a qu’un pas que l’on ne saurait franchir. Ce n’est là qu’une continuité naturelle du feuilleton « Algérie mon amour et Maroc mon ennemi », que l’insolite des épisodes de feu en Kabylie, des camionneurs du Mali, du Toubkal déplacé des Aurès vers le Haut Atlas, l’espace aérien, la rupture des relations diplomatiques itou les petites misères que nous faisons à nos voisins.  Pour en revenir à Talaâ Saoud Al Atlassi « Ce constat d’échec, comme d’ailleurs le cas pour d’autres insuccès, explique le fait que “l’état-major“ (régime kaki) algérien cherche toujours en vain et inutilement à faire du Maroc un bouc émissaire pour voiler ses déceptions, son impotence, ses chocs, ses mensonges et ses illusions », relève-t-il encore.

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