De Mistura face aux positions figées d’Alger, du polisario et… de Madrid

Il se dit que Staffan de Mistura se prépare à publier un rapport complet sur sa semaine de tournée du Sahara qui a conduit l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, au Sahara, dans les pays et régions concernés par le conflit régional du Sahara en plus de l’Espagne.

En effet, ce vendredi, le Chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares à Madrid au palais de Viana, l’avait invité à un « déjeuner de travail “à l’occasion de la fin de la première tournée de contact dans la région du Sahara. Mais entretemps, de Mistura avait conclu son entame de mission onusienne, la première depuis sa nomination, par une escale en Algérie où il avait rencontré le ministre algérien des Affaires étrangères, ce bon vieux Ramtane Lamamra. Auparavant, de Mistura avait débuté sa tournée lors d’une rencontre à Rabat avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita ainsi que le représentant permanent du Maroc aux Nations unies à New York Omar Hilale. Il s’est rendu ensuite à Tindouf, en Algérie, où il a rencontré les représentants du mouvement séparatiste, avant de rendre visite au président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, et d’achever sa tournée à Alger.

Que peut-on, donc, retenir de cette folle semaine sahraouie du représentant onusien ? D’abord, le polisario et son mentor l’Algérie ont eu tout faux et sur toute la ligne, en réfutant la demande de l’Envoyé spécial d’arrêter les hostilités à travers une logique de cessez-le-feu avant tout pourparler. L’Algérie et son soumis l’ont balayé sans concession, et ce, même pour la période du mois de Ramadan. C’est dire la responsabilité du régime algérien dans l’incitation au conflit du Sahara et la soumission des responsables du Front Polisario aux instructions du palais Mouradia. Le mouvement séparatiste s’est autrement dit, persistant dans sa manière de raisonner fallacieusement, va-t-on dire, en mettant en avant une argumentation allant à contre-courant d’une logique onusienne et en refusant catégoriquement la demande de, de Mistura. Ce dernier incrédule a dû se rendre compte que tout passait par Alger.

Voyons voir ! Le polisario et son mentor l’Algérie ne veulent pas des recommandations du Conseil de Sécurité. Pourtant, ce dernier a chargé de Mistura de faire respecter les résolutions qui se sont succédées au fur et à mesure de l’évolution du dossier. Ces dernières insistant sur la plate-forme des tables rondes ce que ni l’Algérie ni le front séparatiste ne veulent concéder contredisant ainsi et complètement le droit international. Particulièrement pour ce qui est des soi-disant ‘réfugiés‘au lieu de séquestrés, ce qu’a constaté de Mistura de visu lors de sa visite à Tindouf lorsqu’hommes armés et enfants soldats ont exhibé armes et uniformes militaires devant l’envoyé de l’ONU. La mascarade n’a pas tenu.

En ce sens, le spécialiste de l’Algérie et du dossier du Sahara marocain, Mohamed Talib, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) sollicité par Hespress.fr nous dira de sa bienveillance légendaire ‘maintenant il faut voir si de Mistura aura le courage éthique de mentionner toutes les observations enregistrées (femmes sahraouies transportées en bus de partout en Algérie pour la circonstance, enfants soldats venus accueillir de Mistura à Tindouf…) dans son rapport au Conseil de sécurité durant cette première tournée qui l’a conduit à Rabat, Tindouf, Nouakchott et à Alger’. Talib poursuit en indiquant, ‘On le sent, ses mains sont liées par rapport aux prérogatives que lui concède le CS’. Et Mohamed Talib d’étayer ‘mis à part la Mauritanie, les autres parties que sont et l’Algérie et le polisario sont en mode de blocage et s’en tiennent à leur décision prise après et même avant les résolutions du dernier Conseil de sécurité à savoir de s’astreindre à la formule des tables rondes’.

Pour l’Algérie et le polisario, persiste le membre du CORCAS ‘ils ont pour rêve que de Mistura puisse changer du cap onusien et épouser la thèse de l’Algérie à travers une nouvelle feuille de route à savoir celle où l’Algérie puisse se présenter en observateur dans le conflit et non-partie prenante et prôner un dialogue à deux, Polisario et Maroc’. Mais force est de constater que le CS n’a pas donné la main totale à de Mistura, ‘pour dépasser les lignes rouges à savoir les 20 décisions du CS prises depuis 2007 qui balayent cette hypothèse et considèrent la proposition marocaine comme crédible et sérieuse en étant une base de négociations solide pour un retour au processus politique’.

Visiblement pour le membre du CORCAS, ‘le Maroc est dans une situation confortable, il reste fidèle à ses engagements conformes aux recommandations du Conseil de sécurité et qui s’en tiennent au seul processus politique contrairement à la fuite en avant du mouvement séparatiste et de l’Algérie qui se disent, ne chercher que l’indépendance en faisant monter d’un cran les débats et qui se considèrent du moins pour le polisario être en guerre contre le Royaume. Mis à part quelques escarmouches qui comptent en vie et matériel au polisario de guerre il n’y a’. Puis passant au rôle de l’Espagne dans ce conflit, ‘Albares aura beau mettre en avant cet amalgame comme quoi il a débattu de la question sahraouie avec Blinken à Washington, si l’on s’en fie à la position officielle américaine il n’en a rien été. Les Etats-Unis savent ce qu’ils font et à qui ils ont affaire. Ils ont des objectifs bien définis et n’ont que faire des blablabla. Maintenant il est clair que pour Albares et Sanchez cela se passe dans un cadre électoral’.

Pour l’Espagne cette rencontre faisait partie d’un plan bien défini à savoir être accueilli par les USA après plus de deux ans d’absence diplomatiquement et un gel des relations qui faisait croire au pire. Talib nous dira à propos, ‘Maintenant prendre ses désirs pour des réalités et tenter de soutirer quelques avantages de la tension en Ukraine est un peu grossier. Les Etats-Unis ne sont pas à cette tendance près. Le but avoué de l’Espagne étant de faire ‘revenir Biden sur la question de la souveraineté marocaine sur le Sahara ‘. Le gouvernement actuel en Espagne est le plus faible qui puisse avoir été au pouvoir de tous les temps. C’est une coalition sans aucune synergie et qui à tout moment peut exploser. D’autre part en interne, la question du Sahara et des relations avec le Maroc sont des sujets de surenchères électorales en Espagne, c’est connu ».

De Mistura face aux positions figées d’Alger, du polisario et… de Madrid Hespress Français.

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