Crise Maroc-Espagne: Le Roi Felipe VI appelé à la rescousse?

Le Roi d’Espagne, Felipe VI, a fait référence au Maroc pour la première fois depuis la crise diplomatique entre les deux pays. Face au blocage de la situation entre les deux capitales, le roi espagnol a été appelé en renfort pour montrer la bonne foi de l’Espagne. 

Depuis le printemps dernier, les relations entre l’Espagne et le Maroc traversent une crise sans précédent. Initiée par Madrid, avec l’entrée illégale et sournoise du chef des milices séparatistes sahraouies, Brahim Ghali, en Espagne, la crise n’a toujours pas été réglée faute d’inaction de l’Espagne pour réparer sa grave erreur.

L’Espagne, premier partenaire commercial du Maroc, et qui se présente comme son allié sur le dossier du Sahara, a commis un geste vu comme une trahison, un coup de poignard dans le dos, en accueillant sans consultations préalables, et dans une tentative désespérée de le cacher, un homme menaçant l’intégrité territoriale du Maroc, et recherché par justice espagnole pour « génocide ».

Le Roi Mohammed VI avait fait référence à cette brouille diplomatique dans son discours à l’occasion de la fête de la Révolution du Roi et du Peuple. Il avait affirmé vouloir « inaugurer une étape sans précédent » dans les relations entre les deux pays, en soulignant que ces relations vont devoir reposer sur plusieurs principes, « la confiance, la transparence, la considération mutuelle et le respect des engagements ».

Mais aucun développement positif n’a suivi suite à ce discours, même si du côté espagnol, le chef de la diplomatie, José Manuel Albares, a réitéré à plusieurs reprises cette disposition à inaugurer ce nouveau chapitre dans les relations entre Rabat et Madrid, et a tenté de rassurer sur l’existence de contacts diplomatiques à chaque fois qu’il a été interpellé par la presse sur la question.

Le rappel de l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaich, toujours d’actualité depuis le 18 mai, témoigne du contraire, et a démontré que le Maroc n’avait toujours pas tourné la page, ce qui traduit certainement une réponse non satisfaisante de l’Espagne aux attentes du Maroc. D’ailleurs, l’absence de Karima Benyaich à la réception annuelle donnée en l’honneur du corps diplomatique accrédité en Espagne a été remarquée.

« Avec le Maroc, nos gouvernements respectifs ont convenu de redéfinir ensemble une relation pour le 21e siècle, basée sur des piliers plus forts et plus solides. Maintenant, les deux nations doivent marcher ensemble pour commencer à concrétiser cette nouvelle relation. Il s’agit de trouver des solutions aux problèmes qui préoccupent nos peuples », a déclaré le Roi Felipe VI dans son discours en faisant référence à la crise avec le Maroc.

Le discours du monarque a été donné devant chef du gouvernement, Pedro Sanchez, et le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, et semble être une première réponse, quoi que timide et tardive, au discours du Roi Mohammed VI. Une sorte de main tendue, en prenant à témoin les ambassadeurs étrangers accrédités en Espagne.

Au plus fort de la crise diplomatique Maroc-Espagne, la presse ibérique avait expliqué en citant des sources diplomatiques espagnoles que le gouvernement Sanchez voulait garder la carte du roi Felipe VI en dernier recours pour trouver une issue au conflit.

Les médias espagnols avaient alors parlé d’une possibilité de faire intervenir directement le monarque espagnol dont la famille est très proche de la famille royale marocaine pour parler avec le roi Mohammed VI et réconcilier les deux pays en cas d’échec de la voie diplomatique.

Felipe VI qui s’est exprimé pour la première fois publiquement sur les relations Maroc-Espagne depuis la crise diplomatique, a estimé qu’elles « revêtent un caractère stratégique », en soulignant que « notre proximité et l’intensité des nombreux liens qui nous unissent font que notre relation est clairement interdépendante. Pour cette raison, notre pays continuera à faire tous les efforts nécessaires pour créer et consolider un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité ».

Des mots similaires ont été repris par le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à l’origine de la crise, puisqu’il s’agit de la personne ayant accordé cette faveur d’accueillir en Espagne, Brahim Ghali, au président algérien Abdelmadjid Tebboune, « Pour l’Espagne, le Maroc est un partenaire stratégique avec lequel nous devons marcher ensemble », a-t-il déclaré lors d’un point de presse conjoint avec le chancelier allemand, Olaf Scholz, qui se trouve en Espagne pour une visite officielle.

Pedro Sanchez s’est exprimé sur le sujet de la crise avec le Maroc, au moment où le nouveau gouvernement allemand a dépassé sa crise avec Rabat, laissant l’Espagne seule dans sa crise bilatérale alors que son gouvernement avait tenté de donner à la crise une dimension européenne pour faire pression sur Rabat.

L’Espagne et le Maroc entretiennent une « coopération stratégique » dans tous les domaines, a ajouté Pedro Sanchez, en disant apprécier ce « partenariat » avec le Maroc et disant partager les déclarations « du chef d’Etat sur le Maroc ».

Crise Maroc-Espagne: Le Roi Felipe VI appelé à la rescousse? Hespress Français.

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