Libye: Grandes incertitudes à J-10 des élections présidentielles

La Libye reste plongée dans l’incertitude politique à 10 jours d’un scrutin présidentiel reporté d’un mois. Pays crucial pour la sécurité et la gestion migratoire en méditerranée, les efforts se multiplient ces derniers jours pour tenter de remettre Tripoli sur les rails de la solution politique.

Alors que la Libye devait connaitre le 24 décembre la toute première élection présidentielle démocratique après la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, les espoirs des Libyens se sont essoufflés face au blocage politique causé entre les forces de l’Est et celles Tripoli.

Déchiré par la guerre depuis plus de 10 ans, le pays était sur le point d’en finir avec une décennie noire, d’instabilité, d’insécurité, et de développement économique au point mort, pour cet état pourtant riche en pétrole.

La communauté internationale emmenée par un projet politique d’unification et de réconciliation de l’ONU aura duré plusieurs années et devait aboutir le 24 décembre à une élection présidentielle à laquelle aurait participé le controversé maréchal Khalifa Haftar, le chef du Parlement de Tobrouk (Est), Aguila Saleh, l’actuel Premier ministre désigné, Abdel Hamid Dbeibah et d’autres figures du paysage politique libyen.

Seulement deux jours avant le scrutin parrainé par l’ONU auquel le peuple libyen s’était préparé, le vote a été reporté sous prétexte de difficultés logistiques et sur fonds de désaccords sur la loi électorale jugée favorisant le maréchal Haftar, et qui n’a pas été votée au sein de l’hémicycle.

L’élection à J-10 improbable

Depuis ce jour, la course au maintien de la feuille de route tracée par l’ONU a été lancée avec l’objectif de pouvoir organiser les élections comme prévu, le 24 janvier.

Mais cette échéance semble s’éloigner face au derniers développements en cours. Le chef du Parlement, Aguila Saleh qui s’était retiré officiellement en octobre pour mener sa campagne pour la présidentielle, a annoncé jeudi soir, qu’il retournait à ses fonctions dès lundi, soit une semaine avant la date prévue.

La dernière session présidée par Aguila Saleh remonte au 20 septembre 2021, au cours de laquelle un vote pour le retrait de la confiance au gouvernement d’union nationale dirigé par Abdel Hamid Dbeibah, a été fait. Depuis, ce gouvernement a repris ses fonctions faute du scrutin.

Le chef du Parlement de Tobrouk a appelé tous les membres du Conseil à la session officielle démarrant lundi au Chambre des représentants. Il est prévu que le Parlement se prononce sur des propositions suites à des réunions et des consultations à Benghazi et de réunions tenues à Tripoli, entre les deux camps.

Tentative de convaincre les pays voisins et arabes

De son côté, Stephanie Williams, qui a assuré la direction Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) jusqu’à la fin de 2021, avant d’être nommé conseillère spéciale pour la Libye, s’est engagée dans une tournée dans les pays de la région et du voisinage libyen pour tenter de voir comment ils voient la sortie de l’impasse dans le pays.

Stephanie Williams cherche à faire inscrire et impliquer des pays arabes et des pays voisins de la Libye dans une dynamique positive visant à soutenir le processus politique emmené par l’ONU. Et pour cela, elle a eu des consultation avec le chef de la diplomatie tunisienne, Othmane Jerandi, et l’ambassadeur d’Algérie quelques jours après la réouverture de l’ambassade algérienne à Tripoli.

Précédemment, la représentante onusienne a eu des consultations en Egypte et a discuté avec l’ambassadeur des Émirats arabes unis en Libye, Mohammed Al Shamsi, notant la nécessité de « coordonner » les efforts pour la réussite du processus politique en Libye.

La conseillère spéciale qui tente de faire adhérer les pays voisins et pays arabes influents dans cette dynamique, sait qu’elle peut compter sur le soutien du Maroc, pays qui a joué un rôle déterminant dans l’évolution vers la sortie de crise en Libye.

Lors de sa visite à Rabat et sa rencontre avec le ministre des Affaires Etrangères, Nasser Bourita, la conseillère spéciale pour la Libye, avait salué le soutien apporté par le Maroc et le roi Mohammed VI aux efforts déployés par les Nations Unies pour résoudre la crise libyenne.

A cette occasion, Stephanie Williams avait remercié le Maroc et le Roi Mohammed VI pour leur soutien « indéfectible et continu ». à l’ONU pour la résolution du conflit libyen.

« Les Libyens sont très heureux de ma visite au Maroc car ils savent que le Royaume soutient le processus de l’ONU », avait déclaré la responsable de l’ONU, rappelant l’accord politique signé par les factions belligérantes de la Libye de Skhirate en 2015, toujours cadre de référence dans la reconstruction du pays.

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