L’idée en vogue : « Les Etats-Unis misent sur le Maroc et marginalisent l’Espagne »

Luis Maria Anson, homme politique, journaliste et écrivain espagnol et membre de l’Académie royale espagnole a commis un article d’opinion dans le journal La Razon, média qu’il a, au demeurant fondé, intitulé « Les Etats-Unis misent sur le Maroc et marginalisent l’Espagne », en référence à l’idée qui circule de plus en plus dans les médias locaux et internationaux.

Luis Maria Anson, pour ceux qui ne le connaissent pas, a été le président de l’agence EFE (1976/83), patron du journal ABC (1983/97) et est le fondateur de La Razon (1998) et du journal numérique El Imparcial (2008).  Ce “libéraliste“ conservateur, fidèle à la monarchie s’est actuellement entièrement reconverti dans la culture puisqu’il préside au supplément “El cultural d’El Mundo“.

Cela étant, d’entrée le journaliste dans son article fait part de son sentiment premier recueilli et confirmé auprès de ses homologues aux USA: « J’ai eu de longues conversations avec des compatriotes américains ces dernières semaines. Ce sont des journalistes vétérans indépendants et sagaces. La conclusion que j’en ai tirée est que le président Biden et les services de renseignement américains commencent à parier sur le Maroc, marginalisant du coup l’Espagne ».

Venant d’une telle sommité on ne peut prendre ces dires, que pour de l’argent comptant. L’ex patron de EFE, va même plus loin en ajoutant que les Etats-Unis « ne font pas confiance à un gouvernement de coalition avec les communistes ».

Et de dévoiler le jeu de Pedro Sanchez en indiquant que les Etats-Unis ne font pas confiance non plus aux «relations ouvertes ou masquées de Pedro Sanchez avec les ennemis des Etats-Unis en Amérique latine.  Les gouvernements du Pérou, de Cuba, de la Bolivie, du Chili, peut-être de la prochaine Colombie, plus la tentation du Mexique et de l’Argentine qui ont affaibli la présence américaine dans le monde ibéro-américain. Aussi Washington considère ces pays comme les amis idéologiques de l’Espagne “Sanchista“. Ce n’est pas sans raison », dit-il.

Les services de renseignement américains, poursuit-il, « travaillent maintenant activement pour attirer à eux Lula pour que sa victoire éventuelle au Brésil lui permette de modérer certaines politiques ibéro-américaines, clairement enclines au profit du castrisme et de la Chine et prônées par l’Espagne ».

L’homme politique et membre de l’Académie royale espagnole étaye encore plus sa thèse en disant que les Etats-Unis avaient déjà lancé un avertissement sérieux à l’Espagne du temps de Felipe Gonzales pour sa position initiale -clairement à l’encontre de l’OTAN- et avaient menacé de déplacer les bases militaires au Maroc. Felipe González, qui était un homme d’Etat, se rendit compte de l’ampleur internationale de la situation et rectifia le tir en intégrant l’Espagne dans l’Alliance atlantique.

Or l’EspagneSanchista“ est différente s’insurge Luis Maria Anson et il est grand temps de sonner l’alarme et à Bruxelles et à Washington. « Pedro Sanchez est un César en espadrilles qui a besoin de maintenir au pouvoir en s’appuyant sur des partenaires du Front populaire, Podemos, des communistes et sécessionnistes. Washington, qui pariait dans le sud de l’Europe réfléchit beaucoup plus sérieusement pour le Maroc un allié plus stable », assène-t-il.

D’ailleurs, l’ancien président Donald Trump a reconnu la souveraineté marocaine sur l’ancien “Sahara espagnol“, principale aspiration internationale du Maroc, un pays harcelé par l’Algérie, le Polisario et également par l’Espagne, a encore écrit Anson.

Or, le président Biden n’a aucunement rectifié la décision de son prédécesseur ce qui veut tout dire. Sanchez ne semble pas se  soucier du fait que les Etats-Unis misent de plus en plus sur le Maroc compromettant ainsi la stabilité future de l’Espagne, estime l’ancien patron d’Efe.

Car, ajoute Luis Maria Anson, il ne s’agit pas d’un éventuel changement de résidence des bases militaires, il s’agit d’une question plus profonde celles des alliances politiques internationales et l’Espagne est en train de les perdre.

L’idée en vogue : « Les Etats-Unis misent sur le Maroc et marginalisent l’Espagne » Hespress Français.

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