Fermeture GME: Quelle facture pour Madrid?

Malgré les non-dits, l’Espagne est en train de subir sérieusement les conséquences du non-renouvellement du contrat d’exploitation du gazoduc Maghreb-Europe (décision unilatérale de l’Algérie) fin octobre dernier.

L’inquiétude de ne pas être assez fourni pour les besoins intérieurs et le nouveau coût financier élevé de cette énergie, Dame Covid oblige, a fait que les importations espagnoles de gaz naturel liquéfié ont augmenté de plus de 60 % et engendré une hausse des prix conséquentes pour le citoyen en Espagne (électricité, gaz…)

Selon le journal Espagnol « El Confidencial », Madrid a importé près de 68,8 % de ses besoins en gaz naturel en décembre dernier via des navires citernes (méthaniers), alors que le taux d’importation n’était que de 47,6 % au cours de la même période une année auparavant lorsqu’elle utilisait le gazoduc Maghreb-Europe pour transporter du gaz.

L’Algérie faut-il le rappeler est le principal fournisseur que compte l’Espagne quant à ses besoins internes en gaz naturel. Depuis la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, l’Espagne et à un degré moindre le Portugal, n’est plus approvisionnée que par le seul gazoduc offshore « Med Gas ».

Le hic c’est qu’avec le contexte mondial actuel, cela a entraîné une augmentation des dépenses d’importation soulevant ainsi moult inquiétudes du côté de la rive nord. Selon un autre journal espagnol, « Information », le gaz naturel algérien exporté vers le Royaume d’Espagne a vu son prix augmenter de plus de 263% par rapport à 2020. Le média ajoute que l’Algérie pour l’heure, n’a toujours pas pu compenser la baisse du flux de gaz causée par la suspension du gazoduc Maghreb-Europe.

Aussi, cherche-t-on du côté de Madrid à diversifier les partenaires économiques dans le domaine de l’importation de gaz naturel liquéfié. Pour ce faire, l’Espagne se tourne vers les Etats-Unis, devenus pour la circonstance et leur bonheur, le second fournisseur de gaz après l’Algérie avec 1/5ème (19,7 %) du produit exporté vers la Péninsule.

Et ce n’est pas tout, l’Espagne s’est en outre, ouverte au Moyen-Orient qui désormais a un volume d’exportations de gaz de 103,1% de plus que l’accoutumée, vers L’Espagne et donc l’Europe. Mais grosso modo, l’impression première qui règne du côté des médias de Madrid, c’est une diminution des volumes de gaz naturel importé d’Algérie après la fermeture unilatérale par cette dernière du gazoduc Maghreb-Europe. En effet, celui alternatif appelé « Med Gas », qui relie l’Algérie directement à l’Espagne via la Méditerranée, a une capacité limitée à 8 milliards de m3 par an, alors que le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) pouvait faire transiter jusqu’à 13 milliards.

Les deux gazoducs constituaient une capacité globale de transport de plus de 20 milliards de m3, laquelle capacité est dorénavant réduite de deux tiers d’où l’effort de l’Espagne encouragée en cela par l’Union Européenne (UE) de diversifier les importations gazières. Les besoins espagnols en gaz de l’année dernière avaient été estimés à plus de 9 milliards de m3.

Les parlementaires européens ont condamné la décision unilatérale de l’Algérie de suspendre l’approvisionnement en gaz de l’Europe via le gazoduc Maghreb-Europe. Ils considèrent cette décision purement politique et comme « un chantage inacceptable » vu qu’elle n’a aucun sens économique. Ce gazoduc, qui a fonctionné sans encombres depuis 1996 jusqu’au 31 octobre 2021, était un projet régional gagnant-gagnant pour l’ensemble des pays impliqués, à savoir l’Espagne, le Portugal, le Maroc et l’Algérie.

Fermeture GME: Quelle facture pour Madrid? Hespress Français.

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