L’Espagne coûte 5000 euros aux migrants clandestins algériens

Cinq mille euros, c’est ce qu’il en coûte à chaque Algérien candidat à l’immigration clandestine désirant se rendre sur les côtes d’Espagne. C’est en tous cas ce qu’il en ressort d’une enquête menée par les agents de la police espagnole (Cuerpo National de Policia), dans le cadre d’une opération conjointe avec EUROPOL. A l’arrivée la cueillette fut fructueuse, puisque 24 personnes membres d’un réseau criminel spécialisé dans le trafic illicite de personnes entre l’Espagne et l’Algérie ont été arrêtées. 

Mais cela ne s’est pas limité qu’à cela. En effet, la Police nationale espagnole a démantelé également un réseau également dédié au trafic de drogue et d’objets volés et arrêté leurs auteurs qui à la faveur des traversées retour (d’Espagne vers Oran) ont permis la fuite de plusieurs malfrats accusés de ces méfaits. Le réseau démantelé était composé de deux organisations criminelles basées dans la province d’Alicante, bien que leur champ d’action atteignait d’autres provinces nationales, principalement Almeria, ainsi que d’autres pays de l’espace Schengen, comme la France.

Structurées et méthodiques les deux organisations avaient mis en place quatre groupes de travail, chacune aux fonctions et tâches parfaitement diversifiées. Avec la complicité d’organisations criminelles installées en Algérie, ils ont permis l’entrée illégale à des centaines d’immigrants sur le territoire espagnol, Almeria, étant la porte d’accès privilégiée.

Ce réseau utilisait pour les déplacements vers la France la méthode appelée « navette » pour effectuer les passages frontaliers entre l’Espagne et la France. C’est une procédure qui consiste à utiliser un véhicule éclaireur qui circule devant celui qui emmène les immigrés afin d’alerter d’une éventuelle présence policière et garantir ainsi le succès du transfert.

Sur les quatre groupes, il y avait celui de la coordination ou du commandement chargé de l’organisation, de la coordination justement et de la répartition des tâches. Un autre groupe, s’occupait du transport en Espagne et en Europe et était chargé de récupérer les immigrants à leur arrivée par bateau et ensuite de les transférer à Alicante et de là, vers d’autres villes espagnoles ou vers la France. Un  troisième groupe était dédié au contrôle et à la dissimulation des immigrés pendant leur séjour dans la ville d’Alicante, en leur fournissant les moyens nécessaires à leur subsistance en Espagne, tels que de la nourriture, des médicaments ou des téléphones portables. Enfin, le dernier groupe était plutôt à vocation financière  « échange d’argent » dont le rôle était de fournir l’argent nécessaire aux immigrés pour payer les services demandés par les trafiquants.

Cette dynamique s’effectuait à travers un système dit « Hawala », basé sur la confiance entre les parties et consistant en l’échange de devises sans produire de mouvement physique d’argent.

Le sens inverse était également pratiqué et il fonctionnait de la France et l’Espagne vers l’Algérie en passant par les villes d’Alicante et d’Almeria et servait aux immigrants ou autres malfrats désirant retourner au pays par des postes non autorisés afin d’échapper aux contrôles aux frontières. Les pilotes de bateaux et autres passeurs appartenant aux réseaux algériens contraints de rester en Espagne étaient pris en charge par ce réseau démantelé. Les prix de déplacement étaient divers selon la provenance et la destination. D’Algérie à Almeria il en coûtait jusqu’à 5 000 €, d’Almeria à Alicante entre 200 € et 600 € et de cette ville vers la France entre 700 € et 1 000 € tout dépendait de l’embarcation.

De plus, le réseau était dédié au trafic de drogue et d’objets volés , (petits et de grande valeur) ils ont introduit en Algérie des stupéfiants, comme l’ecstasy et les psychotropes, dont le prix est jusqu’à cinq fois plus élevé qu’en Espagne. Aussi, divers appareils électroniques tels que des téléphones ou des tablettes, des bijoux, de l’or, des scooters ou des montres ont été saisis.

Les membres du réseau opéraient principalement sur les plages d’Alicante et disposaient de techniciens spécialisés dans la désactivation des localisateurs et les trackers. Au total, ce sont plus de 40.000 euros en espèces -tant en monnaie nationale qu’en dinars algériens-, quatre véhicules, trois kilos et demi d’ecstasy de la substance appelée « tusi » ou familièrement « cocaïne rose » ont été saisis, 56 grammes de phencyclidine et 710 paquets de tabac de contrebande.

De même, de nombreux objets volés ont été retrouvés, tels que 61 bornes mobiles, trois vélos de compétition, des scooters électriques, divers appareils électroniques, divers documents d’identité de tiers, des cartes bancaires et de nombreux documents liés à l’enquête.

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