Quand le séparatisme islamiste s’invite à la présidentielle française

Le « séparatisme is­lamiste » s’invitera sans aucun doute dans la campagne présidentielle en France et fera partie par la force des choses, à l’heure des bilans, du compte-rendu quinquennal d’Emmanuel Ma­cron quant à certaines promesses données.

Et justement à quelques petits mois de la présidentielle le fond de ces dernières réapparait comme par enchantement, non seulement par l’intention mais également par les faits. C’est ainsi que l’on assiste dans l’Hexagone à la fermeture de plusieurs di­zaines de lieux de culte musul­mans, (loi du 24 août 2021) histoire de conforter le res­pect des principes de laïcité de la République Française. Justifiées ou pas, toujours est-il que depuis une année on s’en donne à cœur-joie dans l’Hexagone.

Mais qu’on se le dise, la stratégie du gouvernement français a pris plusieurs formes. A Matignon, les réunions de suivi s’enchaînent pour vérifier comment les lois sont appliquées sur le terrain. Dans le rôle du gardien du temple, le ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin en bon sbire du Premier ministre, Jean Castex, qui lui d’une fidélité ou d’une soumission sans faille à Emmanuel Macron et d’un soul inégalé, supervise la chose du « séparatisme is­lamiste » sans s’écarter aucunement de son droit chemin.

C’est que l’Exécutif français se sent vivement ragaillardi sans doute par l’entrée en vigueur, au début de cette nouvelle année, du « contrat d’engagement républicain », une condition sine qua none  pour toutes les as­sociations désireuses de recevoir des fonds publics, et du « déféré laïcité » en parfaite osmose  ou influence réciproque avec la charte et « référents laïcité ».

En effet, vu sous un autre angle, dans les services publics en France, plusieurs dispositions de la loi contre le « séparatisme » ont été précisées par le gouvernement. Une loi qui comprend une batterie de mesures portant sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine dans l’espace public ou en ligne, l’encadrement de l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, la transparence des cultes et de leur financement. La loi s’applique « à toute la sphère publique et parapublique » (Caf, Pôle Emploi, organismes HLM…) mais aussi « aux entreprises délégataires de service public (transports en particulier) histoire de tenir tout agent à ses obligations de « neutralité » quant à ses convictions religieuses.

Mais il est vrai que le séparatisme vu autrement en cette période pré-électorale ne s’en tient qu’au contrôle renforcé des associations et à la transparence des cultes et de leur financement. On l’a vu dernièrement avec la rencontre du Chef de l’Etat avec les représentants des cultes, catholique, protestant, orthodoxe, juif, musulman, bouddhiste, en présence du Premier ministre Jean Castex et du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. L e président français, dans son  allocution, avait confirmé la création d’un Forum de l’islam de France (Forif) comme principal interlocuteur de l’Exécutif français, une forme de représentation de l’Islam basée sur les acteurs départementaux.

L’idée était en marche et si Mohammed Moussaoui y a trouvé une raison de dissoudre, le Conseil français du culte musulman (CFCM), l’interlocuteur incontournable des pou­voirs publics en France depuis 2003, c’est forcé et consentant en même temps. C’est qu’Emmanuel Macron avait pro­mis d’exercer sur le CFCM «une pression immense». Faut croire qu’il a réussi.

Bref, L’Etat français s’est doté en ce seuil de 2022, d’un arsenal de pouvoir de contrainte et de châtiment sans équivalent pour combattre ce que ses services juridico-judiciaires ont pour­ l’heure grand mal à définir dans l’espace et le temps tant ce concept de « séparatisme islamiste » de­meure flou.

En attendant, sur le terrain, l’Etat, principal parrain du chef de l’Etat à la présidentielle, cible tous azimuts les lieux où « l’on convainc discrètement ». Un jour c’est la fermeture d’une librairie du Val ­d’Oise dont le gérant, est, se dit-on, un converti à l’islam « très en­gagé » et appartiendrait à la mouvance des Frères musulmans, un autre, c’est une enseigne de restauration rapide en Seine­ et­ Marne dont la cave aurait été aménagée en salle de prière fréquentée par des salafistes diffusant une idéologie antirépublicaine. On vous fait fi, du fast­food dans le Doubs, QG d’un salafiste local organisant des rencon­tres aux relents anti-français destinées aux habitants du quartier.

Mais pas que! Les cas sont fréquents à l’instar de cette épicerie en Moselle, dont le gérant, leader de la mouvance tabligh, ou à Lyon, cette librairie tenue par une salafiste diffusant un prosélytisme « très offensif » ou encore ce Burger Store, lieu de rassemble­ment de salafistes en lien avec le banditisme et des trafiquants de stupéfiants. En Seine­ Saint-Denis, c’est cet imam modéré dans les prêches mais qui ap­pelle à « égorger les mécréants » lorsqu’il prend la parole à… l’étranger en Tunisie.

Dans le Val­-de-­Marne, un orga­nisme de formation professionnelle est sus­pecté de détourner des fonds publics pour dispenser des cours d’arabe et faire du prosélytisme pour un islam rigoriste. Et les exemples se suivent et se ressemblent dans leur finalité.

Cette loi pour d’aucuns donne surtout à l’administration un pou­voir d’interprétation de principes à valeur constitutionnelle avec un effet de sanction immédiat, sans passer par la voie judiciaire et pousse à céder aux lobbys communautai­res et au clientélisme religieux à des fins électorales. Dans les prochains mois, les garants de ces textes, dont le Premier ministre, seront de moins en moins présents dans la vie publique et pour cause la lumière sera braquée sur le président candidat, si candidat il y a.

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