Santé : Indicateurs épidémiologiques au rouge, le corps médical épuisé

Au front face au Covid-19 depuis déjà deux ans, le corps médical au Maroc est à bout. Alors que la troisième vague s’avère très dure avec l’avènement du nouveau variant Omicron, le personnel de santé au sein des hôpitaux du Royaume est épuisé.

N’ayant pas pu prendre de congé à temps pour la plupart, en plus des heures supplémentaires de travail qu’impose la pandémie, le personnel de santé s’est battu et se bat encore tous les jours au sein des hôpitaux du Royaume pour sauver des vies et redonner espoir à de nombreuses familles. Mais à quel prix ?

Le prix payer par ses « sauveurs » n’est autre que leur propre vie. Depuis le début de la pandémie, de nombreux médecins, infirmiers, techniciens de santé et autres professionnels de la santé ont succombé au virus fantôme, qu’ils ont contracté, souvent, lors de l’accomplissement de leur devoir. De son côté, le ministère de la Santé n’a jamais communiqué sur le nombre de personnel de santé décédé à cause du Covid-19.

Alors que la pandémie s’était calmée fin 2021, voilà que la hausse des cas covid-19 au Maroc à cause du nouveau variant Omicron vient épuiser à nouveau les cadres de santé.

En effet, le Maroc a recensé ces dernières 24h, 4.963 cas positifs au Covid-19 et 7 décès. Le plus inquiétant dans les données épidémiologiques au Royaume est le nombre de nouveaux cas sévères admis en réanimation qui ne cesse d’augmenter.

À titre d’exemple, 60 cas sévères ont été admis en réanimation en 24H (du samedi au dimanche), ce qui a encore fait grimper le taux d’occupation des lits de REA dédiés au Covid-19 à 5.6% alors qu’il ne dépassait pas les 2,5 % durant tous le mois de décembre 2021.

Ainsi, et avec la recrudescence des cas covid-19, notamment les cas sévères, les cadres de santé qui sont aux premiers rangs sont de plus en plus vulnérables au risque d’infection, ce qui nécessite le respect des mesures préventives par les citoyens, afin d’éviter la transmission de l’infection aux hôpitaux et l’effondrement du système de santé.

À cet égard, Moulay Saïd Afif, président de l’Association marocaine des sciences médicales, a affirmé que « la contamination des ressources humaines aggrave directement la situation au sein des hôpitaux au niveau national ».

Membre du comité scientifique anti-covid, Said Afif a souligné que « cette situation doit pousser les citoyens à respecter les mesures sanitaires en vigueur, et à recevoir leurs doses du vaccin anti-covid, notamment la troisième dose, afin d’éviter l’épuisement du personnel de santé », notant que « le manque d’engagement de chacun à ces mesures, mettrait la pression sur le système de santé, et pourrait mener au confinement ou à d’autres mesures restrictives ».

De son côté, Nawar Al Iyadia, membre de la Fédération nationale de la santé, a confirmé que « le laisser aller des citoyens dans l’application des mesures préventives affecte clairement les hôpitaux et les cadres de santé qui y opèrent, et qui sont très épuisés et vivent dans une anxiété chronique ».

Notre interlocutrice a également expliqué que « la hausse des contaminations parmi les citoyens affecte les cadres de santé, qui se retrouvent face à la possibilité de répéter le scénario du confinement, avec tout ce que cela implique comme effort, notamment les heures supplémentaires de travail, la séparation des parents et des enfants par peur de les contaminer, ou encore les déplacements dans les hôpitaux de campagne».

« Les cadres de santé vivent dans la souffrance à cause de cette situation, car le système de santé est débordé. Si les mesures sanitaires ne sont pas respectées par les citoyens, nous entrerons dans une cinquième vague et plus, ce qui nous mettra face à des hôpitaux fermés, sans ressources humaines », conclut-elle.

Santé : Indicateurs épidémiologiques au rouge, le corps médical épuisé Hespress Français.

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