Un think thank espagnol prédit une « possible guerre » Maroc-Algérie en 2022

Un institut de recherche espagnol a alerté sur la situation de tension entre le Maroc et l’Algérie et estimé qu’une confrontation directe entre les deux pays est possible en 2022. L’Institut suppose aussi qu’Alger fasse intervenir le polisario au lieu de combattre directement.

Le think thank, Real Instituto Elcano, qui a dressé ses prévisions et son analyse des événements en relation avec l’Espagne pour l’année 2022. Un total de 10 rapports touchant à plusieurs thématiques ont été publiés.

L’Espagne indique ne pas vouloir rester un « spectateur » mais veut agir et devenir un acteur de poids vis à vis du couple franco-allemand au sein de l’Union européenne. Madrid aspire ainsi à devenir un « protagoniste dans la construction de solutions et de consensus », comme indiqué dans la nouvelle Stratégie étrangère approuvée par le Conseil des ministres en avril 2021.

Toutefois, le pays ibérique veut relier « le contexte mondial volatil et fragmenté (à ses) priorités nationales » et sur le sujet du Sahara, les auteurs estiment qu’il fait partie des dossiers qui feront sans doute l’objet d’un traitement « comme une affaire d’Etat » comme le souhaite le PSOE, le parti du chef de gouvernement Pedro Sanchez, dont le chef de la diplomatie Jose Manuel Albares est un proche collaborateur et conseiller.

Entre le Maroc et l’Algérie, l’institut de recherche note des « équilibres toujours difficiles au Maghreb entre Alger et Rabat » et n’exclut pas l’option de la confrontation directe entre les deux voisins ou l’option où l’Algérie ferait intervenir le polisario à sa place pour lancer une guerre au Maroc.

« Une confrontation armée directe ou avec l’implication du Front Polisario n’est pas à exclure. Tout au long de 2022, une étincelle accidentelle ou volontaire pourrait mettre le feu à l’Afrique du Nord, déstabilisant ses quartiers méditerranéens et sahéliens. D’où l’urgence de rechercher des voies de désescalade pour éviter de plus grands maux », notent les auteurs.

Les chercheurs pensent que l’Espagne a un rôle à jouer mais estiment également que leur pays se trouve « prisonnier d’une relation triangulaire délicate » avec ses voisins du sud.

« Le niveau de conflit entre Alger et Rabat n’avait pas atteint des niveaux aussi élevés et dangereux depuis au moins quatre décennies », et pour l’Espagne qui est au centre de ce conflit après avoir comploté dans le dos du Maroc pour satisfaire le régime militaire algérien, en accueillant le chef de la milice séparatiste sahraoui (recherché pour crimes contre l’humanité) illégalement, « c’est une très mauvaise nouvelle ».

Les chercheurs voient en outre l’Espagne (ancienne puissance coloniale au Sahara avant l’indépendance grâce à la Marche Verte de 1975) comme subissant le conflit entre Alger et Rabat, et omettent de mentionner son rôle d’acteur dans l’enlisement de la crise bilatérale entre le deux voisins du Maghreb.

L’Espagne est désormais « exposée aux pressions que ses voisins du sud décident d’exercer, plongée dans une spirale d’accusations, de menaces et de gestes hostiles qu’elle n’a pas l’air de lever dans un avenir proche », écrit Real Instituto Elcano.

Et pour y remédier, les auteurs considèrent que Madrid devrait utiliser sa force de frappe, étant membre de l’Union européenne pour inverser la pression et la diriger vers le Maroc et l’Algérie.

Si le conflit entre les deux pays mettait « en péril les intérêts nationaux » espagnols, le gouvernement espagnol va « adopter des mesures plus affirmées et fermes » et qui seraient « plus efficaces » puisque l’Espagne dispose d’un « soutien politique et social important » et du soutien de l’UE, relève le rapport.

« L’Espagne, avec d’autres pays ayant la capacité d’influencer le Maghreb, doit chercher à faire baisser la tension entre ses voisins du sud et à établir des canaux de dialogue », estime le Think thank.

Et d’ajouter que dans le contexte actuel, « rien ne semble indiquer que le processus de paix sera réactivé avec succès, même après la nomination de Staffan de Mistura », l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU.

Un think thank espagnol prédit une « possible guerre » Maroc-Algérie en 2022 Hespress Français.

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