Isolé, le Mali rappelle ses ambassadeurs des pays de la Cédéao

Un bras de fer diplomatique s’est engagé lundi entre le Mali et ses voisins après le refus de l’armée malienne de s’engager vers une transition politique. Après l’annonce du rappel des ambassadeurs des pays membres de la Cédéao à Bamako, le pays a annoncé avoir répliqué la mesure. 

La situation se complique pour le Mali avec ses voisins d’Afrique de l’Ouest qui ont durci les mesures contre le pays qui a traversé deux putschs des militaires en un an depuis 2020 et qui n’est pas prêt de respecter le calendrier électoral prévu pour février.

Lundi, Bamako a annoncé avoir rappelé ses ambassadeurs en Afrique de l’Ouest et la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec ses voisins de la Cédéao. Dans son entourage immédiat, seuls deux pays échappent à la sanction, l’Algérie et la Mauritanie qui ont des frontières avec le Mali mais ne font pas partie de la Cédéao.

« Le gouvernement du Mali condamne énergiquement ces sanctions illégales et illégitimes » et rappelle ses ambassadeurs dans les pays de la Cédéao, affirme un communiqué lu à la télévision nationale par le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga.

« Le gouvernement du Mali regrette que des organisations sous-régionales ouest-africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra-régionales aux desseins inavoués », a-t-il ajouté, sans nommer les puissances étrangères citées.

Isolé, le Mali a été puni une nouvelle fois par ses voisins membres de la Cédéao réunis dimanche à Accra avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), et lui ont imposé un embargo (sauf pour les produits de première nécessité), ont gelé ses avoirs à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ont coupé leurs aides et ont rappelé leurs ambassadeurs.

Alors que les militaires devaient préparer le terrain pour des élections présidentielles et législatives le 27 février pour permettre le retour des civils au pouvoir, cette promesse a été lâchée sous prétexte qu’il était impossible de tenir le calendrier à cause de la menace sécuritaire.

La junte militaire a proposé d’organiser des échéances électorales en 2026, une date jugée « totalement inacceptable » par la Cédéao. Elle « signifie simplement qu’un gouvernement militaire de transition illégitime prendra le peuple Malien en otage au cours des cinq prochaines années », a estimé l’organisation.

Depuis le premier putsch d’août 2020 et puis celui de mai 2021 qui a hissé le colonel Assimi Goïta comme président, la Cédéao a exprimé vigoureusement sont rejet total, en appelant au retour de civils au pouvoir et de la démocratie.

Face à un pressentiment de durcissement des mesures de l’organisation africaine, les militaires maliens ont tenté de négocier samedi, en proposant de ramener la date de leur départ du pouvoir à 2024, mais cette proposition n’a pas été bien accueillie, et traduit « le manque évident et flagrant de volonté politique des autorités de transition », selon les pays membres.

Dans son voisinage, le Mali, pays pauvre et enclavé, n’entretient plus de bonnes relations avec aucun des 7 Etats frontaliers à l’exception de la Mauritanie et de l’Algérie.

Alger a montré un grand intérêt à resserrer ses liens avec le Mali pendant la junte militaire, et plusieurs visites des chefs de la diplomatie ont eu lieu entre les deux pays, dont la dernière, ne date que de jeudi 6 janvier, date à laquelle Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires Etrangères s’est rendu à Alger pour remettre à son homologue algérien une lettre au nom du général Assimi Goita.

Peu avant cette visite et cette missive, le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, s’était rendu le 27 décembre à Alger pour une visite de 3 jours.

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