Journée internationale des migrants : GADEM fait le point

À l’occasion de la 20e Journée internationale des migrants, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) a tenu à souligner plusieurs points importants.

En septembre 2021, à l’issue des dernières élections communales, régionales et législatives, de nouveaux représentants ont pris leur fonction et un nouveau gouvernement a été mis en place.

Au cours de son mandat, ce dernier sera appelé à poursuivre la mise en œuvre de la politique migratoire marocaine de 2013 qui a été fortement applaudie et plébiscitée. Une politique migratoire qui s’inscrit autant au niveau central qu’au sein des collectivités territoriales, et ce, sur tout le territoire marocain, afin de répondre à ces enjeux et défis humains que constituent les migrations.

Dans ce sens, GADEM estime que l’intégration socio-économique des personnes non ressortissantes marocaines est considérée comme un pilier central de cette politique et tient à souligner quelques points fondamentaux, notamment la question de la pérennité d’un séjour stable et de l’accès à un travail formel dans des conditions dignes va de pair avec l’intégration.

Pourtant, les dispositions de la loi n° 02-03 (toujours en vigueur aujourd’hui malgré l’annonce d’une réforme en 2013) permettent très difficilement l’obtention et le renouvellement d’un titre de séjour, y compris pour les personnes ayant bénéficié d’une des deux opérations de régularisation ou répondant à des conditions d’accès au séjour prévues par la Convention internationale de protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.

Les besoins des personnes étrangères et migrantes dans l’accès aux services de base et de proximité s’expriment principalement au niveau local.

Par conséquent, les collectivités territoriales ont elles aussi un rôle à jouer pour renforcer l’intégration des personnes étrangères dans le tissu économique local et dans les formations professionnelles. Elles ont également la responsabilité de l’accès à un logement digne, autre pierre angulaire d’une intégration effective.

Le Maroc a fait de la démocratie participative l’un des piliers de sa Constitution de 2011 en renforçant les mécanismes au niveau des collectivités territoriales.

Aussi, afin d’assurer l’intégration dans un territoire donné de toutes les populations présentes, y compris des personnes étrangères, toutes origines nationales confondues, la prise en compte des besoins et des intérêts de chacune et leur implication dans la définition des politiques publiques, des plans d’action communaux et des programmes de développements régionaux, est cruciale. Ces questions sont incluses dans les prérogatives et les responsabilités des collectivités territoriales et du ressort des élus.

La Journée internationale des migrants a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 4 décembre 2000, en commémoration de l’adoption de la Convention internationale de protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille

Le principe de non-discrimination et d’égalité des chances et de traitement pour tous doivent également s’appliquer à tous les niveaux de l’État et sur tout le territoire marocain autant pour les ressortissants Marocains qu’étrangers, et la lutte contre toutes formes de discrimination devenir un enjeu majeur et transversal dont les collectivités territoriales doivent se saisir.

Enfin, la crise sanitaire qui sévit depuis presque deux années et que le Maroc a légitimement élevée à un niveau prioritaire doit aller de pair avec la prise en compte de ces groupes de populations présentes sur le territoire.

Journée internationale des migrants : GADEM fait le point Hespress Français.

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