PCNS : La relance nécessite un cadre macro-économique approprié incluant plusieurs composantes

La relance économique au Maroc ne peut être réalisée sans un cadre macro-économique approprié qui inclue plusieurs composantes d’ordres financière, monétaire et comptable, a souligné, vendredi, l’économiste et le Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS) Larbi Jaidi.

S’exprimant dans un webinaire organisé par l’Institut de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) sous le thème « comment la relance économique s’annonce-t-elle ? », Larbi Jaidi a indiqué que la relance économique post-covid nécessite un cadre macro-économique approprié qui prend en considération plusieurs composantes.

Il s’agit, a soutenu l’économiste, des composantes financière, monétaire, comptable, notant qu’il faudrait penser aussi aux retombées de cette stratégie de relance, notamment sur la balance de paiements et l’équilibre extérieur.

Face à environnement incertain la croissance risque d’être relativement lente si un certain nombre de réformes ne sont pas prises en compte, a-t-il fait savoir, estimant qu’il ne suffit pas d’avoir des réformes structurelles, mais il faudrait transformer cette volonté en un acte, social, économique et financier. A cet égard, Larbi Jaidi a insisté sur l’importance d’adopter une approche de réforme intégrée susceptible de garantir la mise en œuvre des réformes dans un délai maitrisable et la gestion des ressources de manière efficace, mettant en avant la nécessité de réfléchir à des mécanismes de planification stratégique et de suivi, en plus de l’instauration d’une stratégie de dialogue social, pour que la stratégie de relance soit appropriée par tous les acteurs.

Évoquant les mesures prises par l’État marocain pour faire face à la crise, l’économiste a salué les actions menées pour le soutien aux ménages et aux entreprises, notant que ces mesures ont permis, aux côtés du retour de la pluviométrie, à l’économie marocaine de résister au choc.

Pour assurer la continuité de cette performance, Larbi Jaidi a fait savoir qu’il est indispensable d’avoir une politique budgétaire permettant d’élargir les ressources ordinaires de l’État, d’aller vers des formes de financement innovants, et d’assurer une complémentarité entre les investissements public et privé. De son côté, le directeur des opérations pour le Maghreb et Malte à la Banque Mondiale, Jesko Hentschel, a affirmé que le monde affronte une crise sanitaire majeure ayant entrainé une incertitude à tous les niveaux, d’où la nécessité de repenser l’organisation de l’économie mondiale.

Jesko Hentschel a, en outre, relevé que la crise a constitué aussi une opportunité pour innover et chercher de nouveaux chaines de valeur et de nouveaux flux de commerce, ajoutant qu’elle a surtout fait rebondir le rôle de l’État dans l’économie, à travers l’appui aux différents acteurs économiques, notamment les petites et moyennes entreprises (PME). Une relance économique durable ne peut se faire sans l’investissement dans le capital humain, en tant que facteur clé pour le développement de tout économie, a-t-il jugé, évoquant aussi le rôle de l’innovation et de la participation des femmes dans le marché du travail dans la croissance économique.

S’agissant des mesures prises par le Maroc contre la crise, le directeur des opérations a loué les efforts menés pour la création d’emplois et la réduction des inégalités, notant que le chantier important de la généralisation de la protection sociale pour les catégories les plus vulnérables permettra aux ménages de résister plus à la crise. Pour sa part, le territory managing partner du cabinet PWC au Maroc Reda Loumany a souligné que le modèle de relance de demain devra recréer ce lien de confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics, et devra placer l’humain au centre de toute stratégie. Reda Loumany a également indiqué que la pandémie a constitué un choc économique et financier sans précédent, qui a donné lieu à des nouveaux modes de gestion des entreprises marocaines, faisant remarquer que le tissu économique, en pleine mutation, devrait considérer cette crise en tant qu’opportunité pour une vraie transition durable.

Il est aussi revenu sur les enjeux ESG (les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) pour les entreprises marocaines, ces critères qui constituent généralement les trois piliers de l’analyse extra-financière. Il est impératif que les entreprises repensent leurs engagements ESG, a-t-il précisé, affirmant que les critères ESG constituent un levier de mobiliser des financements plus rapides et plus durables, et grâce aux critères ESG, on peut évaluer l’exercice de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de l’environnement et de leurs parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants et clients), L’Institut CDG est un laboratoire d’idées et un espace de réflexion et de débat autour des problématiques qui animent la sphère économique et sociale nationale.

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