“World Inequality Report 2022“, les inégalités se creusent de plus en plus

Un rapport, « World Inequality Report 2022“, publié cette semaine par le ‘Laboratoire des inégalités mondiales ‘, un réseau mondial de chercheurs dont le siège se trouve être à l’Ecole d’Economie de Paris (PSE) démontre que Dame Covid a donné des ailes aux catégories de riche, très riche et ultra-riche. En effet, le publié dresse un constat amer de la très inégale répartition des richesses.

Il est ainsi calculé que les 10 % les plus riches ont fait main basse, en 2020 — 2021, sur 52 % du revenu mondial, n’en laissant que 8 % aux 50 % plus pauvres. Une personne appartenant aux 10 % les plus aisés peut compter en moyenne sur 87 200 euros de revenus annuels (environ1 070 400 de nos dirhams), quand une autre de la moitié la moins riche de l’humanité ne dispose que de 2 800 euros par an (33 600 dhs). La détention de patrimoine est encore plus criarde, les 10 % les plus riches ‘possèdent 76 % du patrimoine mondial (550 900 euros par personne en moyenne), quand les 50 % du bas en sont quasiment dépourvus (2 %, soit 2 900 euros)’, est-il encore souligné. Pire, 0,01 % des plus fortunés touche le jackpot, avec 11 % du patrimoine mondial, contre 7 % en 1995. Les 500 plus grandes fortunes ont en outre, vu leur patrimoine augmenter de + 7 % par an entre 1995 et 2021. Pour les 50 plus riches au monde, il faut plutôt parler d’avalanche de biens accaparés, avec + 9 % par an.

Un constat sans appel qui tout indiquant la nécessité de l’idée de justice sociale et fiscale, dévoile que les très riches ont vu leur fortune croître grâce à des patrimoines essentiellement financiers ces dernières années. En un demi-siècle, celui qui valait naguère trois milliards en vaut près de cent fois plus aujourd’hui. La première fortune mondiale, Elon Musk, en est l’exemple même et démontre à coup sûr la réalité d’un écart de plus en évident des inégalités détaillées. Le classement du magazine américain Forbes, qui évalue ce que possèdent les plus riches en temps réel, est clair. Il montre que les dix premiers (tous Américains sauf un, le Français Bernard Arnault) possèdent plus de 100 milliards de dollars chacun.

En tête, Elon Musk avec 266 milliards de dollars.  Le rapport dresse également la liste des régions les plus inégalitaires. En tête, le Moyen-Orient, suivi de l’Amérique latine, de l’Afrique subsaharienne, du Sud-Est asiatique. Dans ces régions, 10 % de la population capte plus de 55 % des revenus. Aux Etats-Unis, c’est 45 %, en Europe 36 %. Avec son économie sociale de marché, l’Europe apparait comme la région du monde la moins inégalitaire : ‘Elle a mieux résisté à la remontée des inégalités intervenue à partir des années 1980, même si elle risque un scénario à l’américaine si elle n’y prend pas garde’, estime Lucas Chancel.

Il relève que la course au moins-disant fiscal a entrainé un appauvrissement des Etats.  L’Afrique reste en moyenne une des zones les plus inégalitaires de la planète. 10 % de la population engrangent plus de la moitié des revenus. Les femmes en sont les principales victimes. Le Publié de 228 pages, coordonné par l’économiste Lucas Chancel (codirecteur), avec la contribution de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, en décrit les situations contrastées du continent. Dans l’Afrique subsaharienne, le revenu moyen est de 31 % de celui mondial et les 10 % les plus riches (top 10) captent plus de la moitié (56 %) du montant dédié à cette zone. En comparaison, c’est plus qu’aux Etats-Unis, 45 % du total et bien supérieur à l’Europe, 35 %. Le publié met aussi en évidence, sans surprise, la très forte concentration de la richesse.

Dans les pays subsahariens, les 1 % les plus riches captent 38 % du total, et c’est plus fort encore dans la zone Moyen-Orient–Afrique du Nord, où cette proportion atteint 44 %. Des pays africains dans sa partie nord du continent excepté la Libye en l’absence du traitement de son dossier, le Maroc fait à peine mieux dans ce domaine avec presque 50 %, ce qui n’est pas le cas du géant nigérian, première économie du continent, où leur part est de 43 %, à peine plus qu’au Mali (41 %). En Algérie, le top 10 cumule 37 % du revenu national. Pour ce qui est des femmes, l’Afrique est la moins lotie. On retiendra de l’étude qu’au Maghreb, la part des revenus nationaux dédiés aux femmes est comprise entre 12 et 20 % et que dans les pays subsahariens ils sont de 28 %. La part allant aux Algériennes, aux Marocaines et aux Tunisiennes n’est respectivement que de 12, 15 et 20 %.

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