Nouvelles conditions de recrutement des enseignants : Les explications d’un officiel

De nouvelles conditions de recrutement des enseignants et cadres administratifs ont été annoncées vendredi par le ministère de l’Éducation nationale. Entre autres, la mise en place d’une procédure de pré-sélection au concours écrit sur la base de critères objectifs et rigoureux ou encore, la fixation de l’âge maximum à 30 ans. 

Une source haut placée au sein du département de Chakib Benmoussa, nous a révélé les motivations qui ont conduit le ministère de l’Éducation nationale à adopter ces nouvelles conditions d’accès à la profession qui ont suscité de nombreuses controverses et protestations, notamment la condition de l’âge fixé à 30 ans pour passer le concours, la pré-sélection ou encore l’obligation de présenter une lettre de motivation pour évaluer l’intérêt pour les métiers de l’éducation et favoriser ainsi les vocations, a souligné le ministère.

Notre source, qui a préféré garder l’anonymat, a tenu à souligner que les mesures susmentionnées ne sont pas une jurisprudence technique et administrative isolée, mais plutôt l’une des premières étapes pour la réforme du système d’éducation et de formation au Maroc, qui a été adoptée par le modèle de développement et approuvée par la déclaration du gouvernement.

« Pourquoi en sommes-nous arrivés à ce point d’effondrement du système éducatif au Maroc, sachant que la question de la réforme du système éducatif et de formation est le premier enjeu national après celui de l’intégrité territoriale du Royaume», s’est interrogée notre source, notant que « le lancement de la réforme du système éducatif ne devrait pas attendre encore dix ans, mais devrait démarrer dès aujourd’hui».

En réponse à sa propre question, notre source estime que « c’est parce que les gens ont peur sur un sujet qui ne doit pas être pris en otage ni par peur ni pour des calculs politiques », surtout à la lumière des données choquantes confirmées par les rapports nationaux et internationaux sur la situation de l’éducation au Maroc, qui avancent qu’environ 70% des étudiants marocains n’ont pas les compétences de base ( lecture, écriture et calcul), 73 % des élèves de sixième année sont faibles en mathématiques tandis que 50 % de ceux qui atteignent l’université finissent par la quitter sans avoir obtenu leur diplôme.

Alors que le ministère se prépare au recrutement des enseignants et cadres administratifs, notre source soulève plusieurs questions à savoir :« Voulons-nous que la politique d’emploi dans ce secteur lutte contre le chômage ? Voulons-nous faire de l’emploi dans le secteur de l’éducation un moyen de contrôle social ? Ou voulons-nous élever les étudiants marocains et leur niveau d’éducation ? »

« Si notre objectif est de faire avancer le système éducatif, alors il est clair que nous adopterons les normes que nous avons adoptées, et chercherons donc à attirer des étudiants exceptionnels qui ont fait de bonnes études, et non ceux qui n’excellaient pas ou qui sont venus passer le concours d’éducation après que toutes les portes leur ont été fermées » a-t-il répondu.

Et d’ajouter : « Nous voulons donner de la considération à la profession en attirant les meilleurs pour offrir le meilleur aux enfants marocains. Après avoir sélectionné les compétences, nous aurons certainement besoin d’une formation continue. Mais le départ doit être correct sur un terrain solide en choisissant l’excellence ».

Âge fixé à 30 ans : Le comment du pourquoi

La fixation de l’âge à 30 ans pour le passage du concours de recrutement a soulevé plusieurs interrogations que notre source a bien voulu y répondre en détail.

« La raison est que nous voulons que l’éducation soit un choix de début de carrière authentique pour ceux qui souhaitent y travailler dès le premier jour. De plus, si nous voulons investir dans la formation et avoir un impact à long terme, nous devons investir tôt. L’intégration précoce dans la profession permet à l’enseignant d’avoir une longue expérience et une haute qualification. Le tableau devient clair lorsqu’on le compare à d’autres professions, comme c’est le cas pour les médecins, les ingénieurs et les pilotes. L’expérience demande du temps et de l’accumulation», a-t-il expliqué.

Pour ceux qui estiment que les conditions de recrutement exigées par le ministère de l’Éducation sont «dangereuses», notre source haut placée au sein du ministère se demande «pour qui ces conditions sont dangereuses. Le sont-ils pour le destinataire, l’élève ou encore le système éducatif ? ».

En réponse à cette question , notre source avance que « ces conditions sélectionneront ceux qui sont qualifiés pour enseigner nos enfants, et ceux qui ont un réel désir d’exercer la profession d’enseignant, en leur donnant suffisamment de temps pour acquérir l’expérience nécessaire, et feront de l’éducation une profession attrayante ».

Nouvelles conditions de recrutement des enseignants : Les explications d’un officiel Hespress Français.

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