Procès Raissouni : Le Comité de soutien continue « d’agir et d’espérer »

Le procès en appel du journaliste Soulaimane Raissouni, se tiendra ce mercredi 17 novembre en visioconférence, après avoir été reporté le 10 novembre par la Cour d’appel de Casablanca. Raison ? Permettre à la défense de mieux préparer les plaidoiries préliminaires. En même temps, un sit-in de solidarité avec le journaliste sera organisé à Casablanca.

Le Comité local pour la liberté d’Omar Radi et tous les détenus d’opinion et de liberté d’expression a appelé à un sit-in de solidarité, ce mercredi, avec l’ex-rédacteur en chef d’Akhbar Al Yaoum, Soulaimane Raissouni. La manifestation qui se tiendra devant le tribunal de première instance de Casablanca à 16H, intervient en parallèle avec le procès en appel du journaliste, détenu il y a plus d’un an, prévu ce jour même en visioconférence.

Pour Khadija Ryadi, lauréate du Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme et ancienne présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) et membre du Comité de soutien, « l’organisation des sit-in en solidarité avec les détenus d’opinion joue en leur faveur alors que rester les bras croisés, produit l’effet inverse ».

« Agir est déjà bien. Ça alerte au moins l’opinion publique sur les choses qui vont mal dans notre société. Qu’il y a des individus en prison pour avoir exprimé librement leur opinion. À travers ces sit-in, on souhaite également montrer qu’il y a encore des gens qui ont le courage de dire non, on n’est pas d’accord sur ce qui se passe dans notre pays, en ce qui concerne la répression de l’opinion et du journalisme », a soutenu la militante, dans une déclaration à Hespress Fr.

Depuis le 15 octobre dernier, le Maroc a un nouveau gouvernement dont les citoyens et les acteurs de la société civile et des droits de l’Homme attendent beaucoup. Le gouvernement d’Aziz Akhannouch, d’où le ministère chargé des Droits de l’Homme a carrément disparu, peut-il changer la donne sur la question des droits de l’Homme, et principalement les dossiers des journalistes qui se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux ?

Interrogée sur ce point, la militante des droits de l’Homme ne pense pas que la situation va changer. « Le changement dépend de la lutte des Marocains. Ce qui fait changer les choses, c’est l’élite et pas le gouvernement. Tout simplement, parce que ceux qui se trouvent dans le gouvernement aujourd’hui sont quasiment les mêmes têtes des gouvernements passés (…) », a estimé Khadija Ryadi

Partant du principe que les choses ne vont pas « changer avec ce nouveau gouvernement » en ce qui concerne la question des droits de l’Homme, la militante des droits de l’Homme estime que la situation ne peut changer que « s’il y a des luttes très fortes qui incitent les décideurs à agir et à répondre à ces revendications ».

«  On compte beaucoup plus sur ça. Et on compte aussi sur la solidarité internationale qui est très importante. Lorsqu’il y a des ONGs internationales qui dénoncent aussi ces abus, ça nous encourage et accentue la pression », a conclu la militante.

Il convient de rappeler que  le journaliste Soulaiman Raissouni, est poursuivi sous le chef d’inculpation de «viol avec violence et séquestration ». Toutes les demandes de liberté provisoire sous condition de sa défense ont été rejetées.

Les militants des droits de l’Homme n‘ont cessé d’appeler à sa poursuite en état de liberté, vu qu’il répond à l’ensemble des critères pour pouvoir bénéficier de cette mesure.

Pour protester contre la prolongation de sa détention provisoire, qui a duré plus d’un an, Raissouni avait observé une grève de faim depuis la prison d’Oukacha où il est détenu, pendant plus de 100 jours. Selon ses avocats et sa famille, cette action a laissé d’importantes séquelles sur sa santé.

Procès Raissouni : Le Comité de soutien continue « d’agir et d’espérer » Hespress Français.

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