Immunité collective: Une 3è dose est nécessaire, une 4è n’est pas à écarter

Au Maroc, le débat sur la troisième dose de rappel et sur la vaccination en général a pris une autre tournure. Après le lancement de la troisième dose le 4 octobre et l’imposition du pass vaccinal le 21 du même mois, les opposants à ces deux mesures ont réagi férocement et estiment qu’il n’y a pas eu de débat national préalable sur la question. Chose qui n’est pas fausse.

Des sit-in ont été observés dans plusieurs villes au Royaume après l’imposition du pass vaccinal au Royaume. Une pétition a même été lancée contre ce document, nécessaire aujourd’hui pour accéder dans les espaces publics et privés. Quant à la 3e dose, elle a connu une réticence importante des personnes concernées ayant reçu leur 2e dose depuis déjà 6 mois. En partie à cause de toutes les informations qui circulent sur les réseaux sociaux, sur la dangerosité de la 3e dose et ses effets secondaires.

Si les opposants au pass vaccinal et à l’injection de la 3e dose ont été qualifiés de manière maladroite par le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, de « minorité qui ne peut avoir son avis », cette dernière se fait entendre de plus en plus et s’exprime activement sur les réseaux sociaux, en contribuant des fois à la diffusion de fausses informations.

Plusieurs éléments qui font qu’aujourd’hui, l’adhésion à la 3e dose reste timide de la part les personnes concernées à en croire les chiffres, qui ont du mal a franchir le pas fasse à toutes ses agitations au sujet du vaccin. Mais scientifiquement parlant, qu’elle est le rôle de cette troisième dose, alors qu’on nous avait appelés à injecter que deux doses pour nous protéger ? Ou encore, notre corps dispose d’une immunité innée, pourquoi se faire vacciner alors si nous souffrant d’aucune maladie chronique ?

Autant de questions auquel Pr Moulay Mustapha Ennaji a bien voulu y répondre, au micro de Hespress Fr. « Depuis l’apparition du virus en décembre 2019, il y a eu l’apparition de la théorie du complot. Et depuis, ça n’arrête pas. Aujourd’hui, nous avons plus de 24 millions de citoyens vaccinés au Maroc. On s’approche donc de cette immunité collective. À l’échelle mondiale aussi, des millions de doses de vaccin ont été administrés sans aucun problème. Après, il y a des gens qui, pour une raison ou une autre, ne veulent pas se faire vacciner », soutient Pr Ennaji, notant qu’il ne peut évoquer la vaccination que sur le plan scientifique.

Sur ce plan, le virologue explique dans un premier temps que « le virus est un agent pathogène qui cause la maladie. Le seul moyen pour l’éradiquer, c’est d’avoir un vaccin, combiner bien sûr aux mesures préventives. Maintenant, les études à l’échelle nationale et mondiale, ont montré que l’immunité contre le virus chez les personnes vaccinées à la D1 et D2 depuis plus de 6 mois, baisse et de ce fait, ils ne sont plus protégés », dit-il. Pour stimuler leur immunité contre le virus, une 3e dose a donc été recommandée à l’échelle mondiale, rappelle Pr Ennaji, évoquant les États-Unis, l’Allemagne, la France ou encore Israël.

En se basant sur le récentes données épidémiologiques au Maroc, le virologue attire l’attention sur « la baisse importante des décès dus au Covid-19 et des personnes admises en réanimation (3 décès ce mercredi, contre 28 personnes admises en REA en 24 h), causé par le vaccin, puisque les personnes vaccinées sont protégées 11 fois plus que les personnes non vaccinées, par rapport à la même catégorie l’année passée. En plus du fait que la contagiosité est très faible chez les personnes vaccinées, par rapport à une personne non vaccinée », soutient-il.

« Il y a tellement de choses qui ont été dites sur la 3e dose et le vaccin. Moi personnellement, je ne souhaite de mal à personne. Mais je ne souhaite pas que les personnes non vaccinées se retrouvent un jour au niveau de la REA ou pire encore », nous confie Pr Ennaji qui vient de recevoir récemment sa troisième dose du vaccin.

Si le vaccin n’est donc plus efficace au bout de 6 mois, l’injection d’une 4e dose et plus est donc envisageable ? Affirmatif selon Pr Ennaji. « Si la dernière dose du vaccin a dépassé 6 mois, et pour préserver les atouts immunitaires, il faut faire une 3e dose », soutient le virologue. Pour ce qui est de l’injection de la 4e dose, « le débat est un peu prématuré aujourd’hui au Maroc », estime Pr Ennaji, mais « envisageable ».

« Effectivement, un certain nombre de pays ont commencé à administrer ou à réfléchir à l’administration de la 4e dose à une certaine catégorie de personnes qui sont extrêmement vulnérables, pour les protéger. Mais au Maroc, il n’y a pas d’étude aujourd’hui ou une discussion ouverte à ce sujet. Mais soyez-sûre que ça va finir par arriver. C’est une question de temps. Parce que la logique des choses veut que l’immunité contre le Covid-19 baisse au bout de 6 mois après l’injection de la D2. De ce fait, les personnes ayant pris la troisième dose aujourd’hui, devront faire une dose de rappel D3 pour récupérer l’immunité perdue et ainsi de suite », explique le spécialiste.

Mais la science évolue, dit-il. Et le développement de nouveaux vaccins est imminent, dit-il, en plus de l’aspect curatif. « Aujourd’hui les scientifiques travaillent sur des médicaments anti-covid, qui s’ils voient le jour, on aura plus besoin de la 3e dose ou la 4e dose ou autre. Il faut avoir foi en la science et attendre les avancées qui se font sur le Covid-19 », conclut Pr Ennaji.

Immunité collective: Une 3è dose est nécessaire, une 4è n’est pas à écarter Hespress Français.

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