Naturgy entretient l’espoir d’une ouverture des vannes du GME, pas nous !

Le groupe espagnol de gaz et d’électricité Naturgy n’entrant pas dans ses calculs a revu mercredi à la baisse ses prévisions de bénéfices pour 2021. En effet, ses bénéfices de base ont chuté de 1 % à 2,56 milliards d’euros (2,96 milliards de dollars) pour les neuf premiers mois de l’année. C’est que le rebond de la demande d’électricité et la hausse des prix des ventes de gaz dans le monde ont été compensés par des marges plus faibles sur l’électricité en Espagne, explique Reuters.

Toujours est-il que cela s’est immédiatement répercuté sur les actions du groupe à la bourse de Madrid, qui dans la lancée, prenait acte d’une légère baisse de 0,2 %. De là, à se reconvertir en négociateur, il n’y a qu’un pas que l’on ne saurait franchir. L’histoire de Naturgy qui détient tout de même 49 % du gazoduc Medgaz et qui relie directement l’Algérie à l’Espagne est ; pour ainsi dire, singulière. En effet et malgré l’annonce officielle du 31 octobre de la fermeture des robinets du gazoduc Maghreb-Europe (GME) « ordonnée “tambour battant, par le président algérien et surtout le non-renouvellement du contrat, Naturgy entretient un vif espoir de rouvrir les vannes.

C’est en tout cas, ce qu’a fait savoir, hier mercredi son directeur de planification mondiale, Jon Ganuzo. Ce dernier ayant, semble-t-il, pris son bâton de pèlerin et s’apprêterait selon ses dires et pour ce faire, à mener des discussions avec le Maroc et l’Algérie afin d’obtenir une rallonge de contrat quant à l’accord de transit du GME. ‘Si nous parvenions à un accord avec l’Algérie, ce serait très positif cela signifierait la voie la plus raisonnable pour tout le monde’, a-t-il indiqué. De ce côté-ci de la rive, du GME et des accords avec le régime kaki, on en a fait notre deuil au regard des hostilités au quotidien que l’on subit par le voisin gazier. La reconversion est donc actée et ce n’est pas du vide. Aussi, loue-t-on volontiers l’enthousiasme de ce responsable de Naturgy, sans cependant baigner dans l’euphorie ni même dans le moindre optimisme et l’on garde, pour autant de volonté avouée, la tête froide, sachant en cela qu’à l’Est de l’Eden, la version est toute autre quand ce n’est l’obstination la plus absurde si ce n’est l’intransigeance la plus absolue qui domine.

En effet Alger, n’est guère consentante dans sa façon de mener les affaires du pays de consentir à un retour vers sur ce qui se faisait avant la fin octobre dernier. L’Algérie est trop occupée à nous chercher des poux pour aller vers cette version voulue par Jon Ganuzo. Si ce dernier cherche sa petite part perdue à l’échange c’est tout à fait légitime. L’Algérie a déclaré à plusieurs reprises qu’elle pouvait répondre à la demande de gaz espagnole en utilisant uniquement le gazoduc Medgaz et les livraisons directes de GNL. Sonatrach, ressasse à qui veut l’entendre qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter quant à cela, d’autant plus que l’Algérie travaille actuellement à l’extension de la capacité du gazoduc Medgaz de 8 Gm3/an à 10,7 Gm3/an — contre 13 Gm3/an pour le GME —, les travaux devant être achevés à la fin de l’année. De plus, Sonatrach avait déclaré que Naturgy était au courant depuis juillet 2018 que la concession de GME ne serait probablement pas reconduite. Cela étant malgré les assurances de l’Algérie, le non-renouvellement du contrat de transit de GME a suscité quelques inquiétudes en Europe compte tenu du marché actuel du gaz tendu et des prix élevés. Le gazoduc GME au cours de l’année 2021 a été suffisant pour répondre à environ 25 % de la demande de gaz espagnole.

Naturgy entretient l’espoir d’une ouverture des vannes du GME, pas nous ! Hespress Français.

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