Pegasus : Les milles et une élucubrations de l’Humanité

Le ministère public français, si l’on s’en tient au journal l’Humanité, aurait dit son intention “de requérir l’irrecevabilité des plaintes“ déposées par le Royaume du Maroc contre des médias français dont, le canard en question, mardi devant la 17e chambre du tribunal de Paris. Une audience est toutefois prévue pour le 6 décembre pour en décider la recevabilité ou non des poursuites engagées par l’État marocain contre des ONG et médias français ayant révélé ou dénoncé l’affaire désormais dite Pegasus.

« Le Royaume du Maroc ne refuse pas et ne redoute pas une audience sur l’irrecevabilité », a réagi auprès de l’AFP Me Olivier Baratelli, avocat du Royaume du Maroc, déplorant un « artifice de procédure, créé de toutes pièces par les prévenus pour tenter d’esquiver le débat de fond ». Le Maroc est « parfaitement recevable », a-t-il insisté, soulignant « toute la détermination du Maroc à poursuivre en diffamation, tous ceux qui ont pu prétendre que le Maroc avait utilisé le logiciel Pegasus. C’est rigoureusement faux ». Le tribunal a également ordonné mardi à l’État marocain de verser 10 000 euros de consignation pour chacune des dix citations directes déposées contre Le Monde, Radio France, France Media Monde, Mediapart, L’Humanité, Forbidden Stories et Amnesty International.

Voilà pour la journée d’hier mardi. Entre-temps lundi 25 octobre, la veille de cette comparution, “une grande soirée de soutien“ a été organisée à la bourse du travail de Paris pour fanfaronner quant à la liberté de la presse, version l’Humanité et si l’on suit d’autres regards inquisiteurs “organisée pour influencer l’audience de procédure, séance tenante, du lendemain devant la 17ème Chambre du tribunal de Paris. L’Huma misant pour ce faire sur une jurisprudence de la Cour de cassation disant « qu’un État ne pouvait pas engager de poursuites en diffamation publique, faute d’être un « particulier » au sens de la loi sur la liberté de la presse ».

La mobilisation citoyenne était au rendez-vous, en soutien au journal assigné en justice pour « diffamation » par le Royaume du Maroc nous dit le canard. Tant et si bien que dans sa lancée l’Huma en plus d’en omettre de ses prérogatives déontologiques, a persisté dans l’insulte et la diffamation. « Lundi, à la veille de l’audience préliminaire, une grande soirée de soutien à l’Humanité s’est donc tenue. La salle était comble, et les prises de parole, explications, décryptages et analyses se sont succédés. Plusieurs anecdotes révélatrices des pratiques attentatoires à la dignité, aux libertés individuelles et au secret des sources des journalistes ont scandalisé la salle. L’entreprise de cyber surveillance, via le logiciel espion développé par la société israélienne, comme révélé cet été par l’association Forbidden Stories, Amnesty International et un consortium de 17 médias internationaux, n’est que l’aboutissement d’une large entreprise de soumission des consciences au Maroc ».

La raison ? « Notre consœur Rosa Moussaoui, grand reporter, ose depuis des années dénoncer les pratiques répressives de l’Etat marocain à travers ses écrits sur les révoltes du Rif en 2017 et sur la question sahraouie. Mais, surtout, elle a participé à faire la lumière sur le scandale du logiciel espion Pegasus, utilisé par le Maroc pour surveiller, intimider et enfermer les journalistes et leurs sources » poursuit le quotidien qui comme la doctrine qu’il prêche est en déclin grave. « Notre journal a donc porté plainte. Mais, loin de reconnaître son erreur, sa faute même, le Maroc a contre-­attaqué en assignant notre journal et plusieurs autres en “diffamation“ ». A son « corps défendant » aurait pu rajouter le canard  boiteux.

Cependant, ce dernier déplorera que « si les journalistes et les rédactions ciblés font front, le compte n’y est pas. Dans cette affaire, c’est toute la presse qui est mise en cause. Et, au-delà, la démocratie. Or, les médias non attaqués par l’Etat marocain ne sortent pas de leur réserve. Quant à la République, alors même que plusieurs membres du gouvernement ont été soumis au même traitement d’espionnage, pas de condamnation officielle ». Et l’Huma de citer Jean-Paul Lecoq, parlementaire à la solde d’Alger et du polisario auprès de l’éternel, qui a interpellé, mardi, le gouvernement à l’Assemblée nationale : « D’où provient cette absence de réactions qui donne les coudées franches à ces Etats qui peuvent faire ce qu’ils veulent de la Palestine et du Sahara occidental, au mépris total du droit international ? Est-ce à cause des voyages de complaisance proposés par le Maroc ou par l’entreprise Elnet en Israël ? ». « Les procédures judiciaires sont en cours… », lui a répondu sobrement l’exécutif façon de dire “ laisser la justice faire et être “.  Dans nos contrées on dit à propos de pareil cas,  que « quand la poule caquète pour pondre c’est le coq qui se tord de douleur ».

Enfin, pour illustrer l’ambiance ou atmosphère matérielle et même si immatérielle que l’Unesco s’en saisirait, on chutera avec ce mot de la fin celui, du reste de Fabien Gay, directeur de l’Humanité, « Nous n’avons pas peur ! » qu’il a eu en clôture de cette soirée, assurant que la publication continuera, en toutes circonstances, son travail d’information. Il en appelle aux Nations unies « pour un traité d’interdiction de ces cyber armes ». Non, le journal de Jaurès ne pliera pas conclut l’article. Comme un chêne déraciné, on va dire, si l’on s’en tient à la fameuse fable du Roseau qui plie mais ne rompt point.

Pegasus : Les milles et une élucubrations de l’Humanité Hespress Français.

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