Comme le Maroc, la Pologne se met à dos la CJUE

Le Tribunal constitution­nel polonais a rendu un arrêt remettant en cause la primauté du droit européen sur les traités natio­naux. Ce scénario redouté de longue date tant par l’opposition polonaise que par l’UE, aussitôt le décor planté, a créé une brèche dans le système législatif européen protégeant l’État de droit. Même plus, il a ouvert le débat sur un éventuel « Polexit ».

L’affaire : Alors que la Cour de jus­tice de l’Union européenne (CJUE) multiplie les arrêts défavorables à Varsovie, la plus haute instance juridique polonaise a statué que l’interprétation que fait cette dernière des traités européens est, sur nombre de points, incompatible avec la Constitution polonaise. Aussi, le Tribunal constitutionnel polo­nais a rendu un arrêt perçu comme remettant en cause, un des fondements de l’Union européenne (UE) : la primauté du droit européen sur les droits na­tionaux.

Cet arrêt vient ajouter de l’huile sur le feu d’un conflit qui oppose depuis 2016 les institutions européennes à la Pologne, État à majorité nationale­ conservatrice du PiS (Droit et justice) au sujet de ses réformes.  Avec ce pavé dans la mare, « Varso­vie envoie, par le biais de sa plus haute instance juridique, un mes­sage clair : les ingérences de Bruxelles dans ce processus de réforme ne seront pas reconnues. Pour de nombreux observateurs, cette décision politique ouvre une brèche dans le système législatif européen », croit savoir “Le Monde“ dans son édition de samedi. Voilà, le mot est dit “ingérence“.

La Pologne s’est mise à dos le CJUE et de facto l’Union européenne. Mais, à dire vrai, présenter ce conflit entre la Pologne et l’Union européenne comme une bataille entre la dictature et la démocratie c’est faire fausse route. En réalité c’est la légitimité du droit contre la légitimité du peuple polonais. C’est en tous cas cette bataille qui se joue entre la Pologne et la Commission européenne. Cette dernière fera d’ailleurs tout son possible pour que ce même conflit, déjà ouvert avec l’Allemagne, mais également la Roumanie, reste confiné, le mot est d’actualité, aux frontières de la Pologne.

Mais qu’on se le dise cela risque de faire fortement tâche d’encre, d’autres Nations membres de l’UE envient cette désinvolture rebelle vis-à-vis de l’autorité suprême européenne. Aussi peut-on dire, qu’il s’agit là, d’un face-à-face entre le caractère autoritaire du régime politique de l’État polonais, qui s’appuie sur l’approbation de son peuple pour faire valoir sa justice, et celui de la Commission européenne, qui a décrété arbitrairement que les traités de l’UE sont, non seulement, supérieurs aux lois, mais également aux Constitutions des États membres et ce, en dépit parfois du désaveu des peuples.

Cela étant, en ce qui concerne le Maroc et la Pologne qui à chacun ses ennuis partagent une certaine malveillance de la CUJE du Luxembourg, ils entretiennent des relations dans plusieurs domaines et notamment ceux de l’agricole et de l’économique. Il y a de cela trois semaines une mission économique polonaise organisée du 12 au 19 septembre dans les provinces du Sud du Maroc sur le climat d’affaires et les opportunités d’investissement qu’offre le Royaume.

Le chef de la mission économique polonaise, Robert Jędrzejczyk, avait affirmé qu’un énorme pôle économique est en train d’émerger dans le sud du Maroc. Le plus grand port de transbordement d’Afrique est en cours de construction à Dakhla, ainsi qu’une infrastructure puissante pour de futures usines de production, ce qui laissait d’énormes perspectives de partenariat entre nos deux pays. Le potentiel des provinces du Sud, permet de réaliser des investissements polonais ouverts sur tout le marché africain, avait affirmé le chef de la mission économique polonaise, lors de sa visite au Maroc.

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