Cabinet Akhannouch: Une équipe ramassée, 30% de femmes, des jeunes et des universitaires

In extrémis, on va dire, que cette annonce de la formation du gouvernement qui surgit un peu juste à moins de 24 heures du discours que le Roi Mohammed VI adressera en ce vendredi 8 octobre à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 11e législature.

Rentrée parlementaire sous de nouveaux hospices

Eh oui, en d’autres termes moins protocolaires, c’est la rentrée parlementaire et elle n’aurait pu être, sans le nouveau gouvernement que présidera en tant que Chef de l’Exécutif, Aziz Akhannouch. Faut dire également, que l’événement intervient juste après la constitution de la seconde Chambre. L’architecture de ce nouveau mandat politique s’articulera donc sur trois composantes appelées à remettre l’essence de la voie du Royaume vers des lendemains meilleurs.

Des composantes qui se conjuguent au présent simple et tripartite. Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) en coiffe la responsabilité, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) s’essaye à un nouvel exercice et le Parti de I’Istiqlal (PI) s’en fie à l’Histoire et à l’historique de ses parcours pour une gouvernance des temps nouveaux.

C’est ainsi par ici, et ce, à tous les niveaux que l’on lorgne du côté du Législatif ou de l’Exécutif. C’est pratiquement le même équipage, qui de son plan de vol conduira les affaires pendant les cinq années à venir. Bref, les impressions quant à ce nouvel organigramme gouvernemental diffèrent. On peut même y percevoir une volonté de transformation, en ligne avec le cap défini par le Nouveau modèle de développement (NMD). Mais à priori et à la première lecture on constatera que ce nouveau cabinet, tout juste arrivé, est constitué de 24 ministres, est composé largement de technocrates, d’un bon tiers de femmes et d’un air de jouvence en plus des titulaires déjà en poste dans les ministères régaliens qui pour la plupart ont été reconduits.

Le décryptage de Mohamed Tajeddine El Houssaini

Hespress.fr a sollicité le politologue et expert en relations internationales, Mohamed Tajeddine El Houssaini, qui nous a apporté un décryptage et une lecture sereine et pertinente, mais surtout sincère, de cet aspect de la chose politique qu’il ressent aussi bien au niveau national en bon patriote, qu’à l’international en tant qu’expert reconnu. « Ma première impression », nous dira notre interlocuteur, « c’est un gouvernement réduit au maximum en comparaison avec les anciens qui se composaient de la trentaine et plus de portefeuilles. Ce principe de réduction du nombre de postes gouvernementaux est judicieux à plus d’un titre. Cela va dans le sens de l’efficacité et de l’ouverture dans la gestion de la chose publique, qu’il ne faut pas oublier ».

Mohamed Tajeddine El Houssaini, professeur des relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat, poursuivra en nous disant, « secundo, c’est la première fois dans l’histoire du Maroc que l’on trouve au sein d’un gouvernement, sept femmes c’est à dire 30% de ses membres. Cela donne une idée sur l’équité dans la répartition des postes gouvernementaux entre les genres et le principe de parité qui est devenu général dans la gestion de la chose publique. Aussi, on constate qu’un bon nombre de femmes ont été élues en tant que présidentes de communes et les exemples de Casablanca, Marrakech, Rabat sont là pour prouver les changements dans la vie politique marocaine ».

Tajeddine El Houssaini : “gouvernement réduit, 30% de femmes, des jeunes et des Universitaires

30% de femmes, des jeunes et moins jeunes et un niveau universitaire satisfaisant

Et d’étayer ses dires « La plupart des femmes en vue sont celles qui ont déjà occupé des postes importants en tant que gestionnaires et particulièrement dans la chose économique. Pour une première fois, c’est une dame qui s’empare de la fonction “d’Argentier du Royaume“, le secteur du tourisme n’est pas en reste, avec encore une nomination féminine. C’est un domaine important en la matière. Celui de l’Energie renouvelable également ». Notre expert dira encore à ce propos, « notre avenir de l ‘énergie au Maroc est très important pas seulement au niveau national mais même au niveau international avec des relations à privilégier avec l’étranger. N’oublions pas que le Maroc est sur les pas de créer un gazoduc avec le Nigeria pour fournir en gaz l’Europe et des réseaux de transport d’énergie propre vers la Grande Bretagne ».

Mohamed Tajeddine El Houssaini ne tarira pas d’éloges quant au niveau universitaire de ce nouveau gouvernement. « Il y a des techniciens, des docteurs en plusieurs spécialités mais on actera également l’expérience et le côté politique qui tout autant est important. Une autre remarque que j’ai par rapport à ce gouvernement, c’est qu’il va être caractérisé par l’harmonie et la bonne consistance entre ses composants. Ces trois partis sont libéraux et même si le PI est un parti historique et conservateur, il n’en reste pas moins qu’il est libéral. Aussi on peut s’attendre à ce qu’il n’y ait pas d’autre idéologie à venir gêner la bonne marche du gouvernement.

Les trois SG au sein de l’Exécutif, une garantie d’harmonisation

Force est de constater également, poursuivra Mohamed Tajeddine El Houssaini « que les trois secrétaires généraux sont partie prenante dans l’Exécutif, avec Akhannouch (RNI) en tant que Chef du gouvernement, Abdellatif Ouahbi (PAM) en tant que ministre de la Justice et Nizar Baraka (PI) ministre de l’Equipement et de l’Eau. Alors même un genre de conflit qui pourrait surgir entre ces trois partis sera vite éteint au niveau de l’Exécutif contrairement aux blocages de la dernières décennie ».

Autre constat pertinent fait par l’Universitaire, il s’étalera sur cette jeunesse qui caractérise ce gouvernement, un sang nouveau qui devrait dynamiser l’activité gouvernementale sans pour autant oublier les anciens comme Chakib Benmoussa justement qui fait son retour en s’octroyant un portefeuille inédit, celui de l’éducation nationale, du Préscolaire et des Sports dans un style purement américain, nous dira Tajeddine.

In fine, ce dernier soulignera: « Franchement, ce gouvernement a tous les atouts pour réussir sa mission à savoir redresser le pays face à une crise sanitaire majeure, et faire face à ses lourdes répercussions. En effet, l’économie au Maroc s’est contractée de 7 % en 2020 et le taux de chômage en est à 11,9 % . L’exécutif aura aussi pour mission de généraliser à l’horizon 2025 la couverture médicale pour 22 millions de Marocains (sur près de 36 millions). Le prochain gouvernement est attendu sur ses promesses électorales nous dira encore Tajeddine et là pas sûr que, les électeurs puissent être satisfaits malgré nombre de voyants en vert. Il y a également la maîtrise de la dette autre exercice peu aisé mais tout à fait réalisable. D’ailleurs notre pays en vit.

Cabinet Akhannouch: Une équipe ramassée, 30% de femmes, des jeunes et des universitaires Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page