Abdelilah Hifdi : Il y a une grande entente avec le RNI, notre ADN est le même

Il est président de la Fédération nationale du transport (FNT) au sein de la CGEM mais aussi membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Abdelilah Hifdi, a été élu, pour la seconde fois, Président du groupe CGEM à la Chambre des conseillers pour la mandature 2021-2027, à l’issue des élections tenues le 5 octobre.

Ayant occupé plusieurs hautes fonctions au sein de l’administration marocaine et membre du Conseil d’administration de la CGEM, Abdelilah Hifdi a bien voulu se confier, dans une interview exclusive à Hespress Fr, sur son élection pour la seconde fois à la Chambre haute, les attentes des organes professionnels, l’expérience avec l’ex-gouvernement conduit par les PJDiste ou encore les attentes du nouveau gouvernement libéral d’Aziz Akhannouch.

Comment voyez-vous votre élection, pour un deuxième mandat, en tant que président du groupe CGEM au sein de la Chambre des conseillers ? 

Abdelilah Hifdi : Il s’agit en effet de ma deuxième nomination en tant que président du groupe CGEM au sein de la Chambre haute. Je symbolise donc la continuité du groupe parlementaire de la CGEM à la 2e chambre, puisque j’étais déjà président de ce groupe depuis 2015 à 2021. Ce n’est pas quelque chose de nouveau pour moi.

C’était nouveau en 2015, puisqu’il s’agissait de ma première expérience de la représentation de la catégorie des organisations professionnelles des employeurs, après la constitution de 2011.

On a pu avoir un historique au long de ces six dernières années afin de réunir une continuité en faveur de l’entreprise, comment travailler au sein d’un espace politique alors que nous provenons d’un écosystème économique, pour ne pas tomber dans la prédation politique.

Le premier jour quand nous sommes arrivés à la Chambre des conseillers, les partis politiques ont cru à un certain moment qu’ils avaient affaire à des « agneaux », alors que nous, on les voyait comme des « prédateurs ». Il y avait beaucoup de méfiance.

Mais par la suite, d’autres relations se sont installées, faites d’amitié, d’estime de confiance. Et nous avons pu travailler main dans la main, avec tous les partis politiques alors que nous sommes tous, pratiquement, sans appartenance politique.

Même ceux parmi nous, qui appartenaient à des partis politiques, ont gardé cette neutralité, cette autonomie et indépendance de l’organisation patronale par rapport au monde politique.

Et c’est normal qu’on fasse de la politique, parce qu’on est dans un milieu politique. Mais, nous défendons la politique de l’entreprise. Et de ce fait, nous votions parfois avec l’opposition.

Pourquoi je dis parfois, parce qu’on a souvent voté avec le gouvernement. Et ça sera le cas cette fois-ci. Pourquoi ? Aujourd’hui nous sommes en train de parler de la démocratie représentative.

Mais au sein de la CGEM, nous avons toujours travaillé main dans la main avec le gouvernement dans différents espaces de concertation, de communication, de partage, sans être au parlement. À titre d’exemple, on ne peut pas imaginer qu’une loi de finances soit élaborée par le gouvernement, sans partager ses principaux axes avec la CGEM pour qu’on puisse donner notre avis.

D’ailleurs, et avant l’élaboration du PLF, nous proposons une quarantaine d’amendements qui sont souvent appliqués, ce qui permet justement d’améliorer le PLF.

C’est-à-dire que, nous sommes aujourd’hui dans la démocratie représentative où nous étions inscrits bien avant à travers tous les comités représentatifs, notamment les comités paritaires, les comités d’environnement des affaires, ou encore la plateforme gouvernement-CGEM. Nous parlons de toutes les questions concernant le climat des affaires, le financement de la PME ou TPE et tout ce qui concerne l’entreprise. 

S’agissant du travail avec les partis politiques, aujourd’hui il y a un nouveau gouvernement plus libéral qui constitue également la majorité à la chambre haute. Comment voyez-vous votre collaboration avec cette nouvelle coalition, composée de plusieurs hommes d’affaires?

Aujourd’hui avec le RNI, il y a une grande entente parce que notre ADN est le même. On nous reproche d’ailleurs cette proximité. Mais ces gens-là sont des entrepreneurs. Il faut que le gotha politique comprenne qu’on s’entend mieux avec les entrepreneurs qu’avec les autres.

Malheureusement le gouvernement PJD et ses ministres PJDistes, n’étaient pas des entrepreneurs. Ils ne comprenaient pas nos appréhensions, nos espoirs et les préoccupations du monde de l’entreprise.

Je ne veux pas m’attarder sur ce point, mais j’estime que chaque gouvernement doit comprendre que la richesse est créée uniquement par l’entreprise. C’est l’entreprise qui crée la richesse, les postes d’emplois, etc.

Si on revient à une étude du HCP réalisée en 2020, il est indiqué clairement qu’au Maroc, sur 10 emplois créés, 9,3 proviennent du secteur privé.

C’est-à-dire, que lorsque nous encourageons le secteur privé, il se pourrait qu’il y ait des dysfonctionnements. Mais on ne va pas légiférer sur des dysfonctionnements. C’est des exceptions (…).

Je dis qu’aujourd’hui, il faut encourager l’entreprise et l’inciter à investir, à créer de l’emploi, innover, se diriger vers la recherche scientifique, etc, en mettant également en place un cadre contractuel transparent dans le Code du travail.

Que pensez-vous du blocage de la loi organique sur l’exercice du droit à la grève qui peine à voir le jour depuis 1962 ?

La Constitution de 1962, dans son article 14, stipule que le droit à la grève demeure garanti. Une loi organique viendra en préciser l’exerce. Toutefois, cette loi n’a jamais vu le jour, c’est-à-dire 58 ans après. Trouvez-vous ça normal ?

Notre rôle à nous, c’est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur ce sujet pour mettre en place des règles de conduite concernant la grève. Le droit de grève est garanti par la Constitution, mais la liberté de travailler aussi doit être garantie.

Je vais plus loin, même si cela va déranger les syndicats, mais du moment où la constitution dit que le droit à la grève demeure garanti et qu’une loi organique viendra en préciser l’exercice, j’estime que le droit à la grève est interdit tant que la loi organique n’est pas encore intervenue.

Aujourd’hui, c’est un exemple que je donne pour dire que le travail que nous attendions du gouvernement, en concertation avec l’entreprise, est un travail important pour l’intérêt général de l’entreprise.

Abdelilah Hifdi : Il y a une grande entente avec le RNI, notre ADN est le même Hespress Français.

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