Entre maire d’Agadir et Chef du gouvernement, les défis sont de taille pour Aziz Akhannouch

Grand vainqueur des législatives et des communales du scrutin du 8 septembre, Aziz Akhannouch, a été nommé par le Roi Mohammed VI à la tête du futur gouvernement chargé de former la majorité. Ce n’est pas tout puisque le président du Rassemblement national des indépendants (RNI) vient également d’être élu maire de la ville d’Agadir. Une première au Maroc qui suscite beaucoup d’interrogations chez les observateurs quant à la manière dont il compte gérer ses deux responsabilités d’envergure. 

En principe, la gestion d’une ville veut que son responsable, c’est-à-dire le maire, soit présent pour suivre l’évolution des projets en cours et la mise en place des chantiers prévus et surtout, être à l’écoute de la population locale. Le Chef du gouvernement, lui, aura également la responsabilité de tout le pays. Le cumul de ces deux casquettes reste un grand défi qui attend le Chef du gouvernement.

D’après les observateurs, cumuler une fonction de maire et chef du gouvernement, ne devrait pas être impossible si une bonne organisation et une vision stratégique sont bien définies. D’autant plus, qu’aucune loi ne l’interdit au Maroc. En tout cas, c’est une première au Maroc. Et la ville d’Agadir n’a que trop souffert durant ces dernières années et a besoin d’une main de fer pour lui donner un nouvel élan. Un grand défi pour le maire élu.

En tout cas, selon l’article 32 de la loi organique n°065-13 relative à l’organisation et à la conduite des travaux du gouvernement et au statut juridique de ses membres, il n’y a pas de contradiction entre une fonction gouvernementale et la présidence du Conseil de la commune. Ainsi, la combinaison des deux adjectifs reste juridiquement possible.

Dans les détails, l’article 32 de la loi organique n°065-13 stipule que :  « Sont incompatibles avec la fonction gouvernementale : la qualité de membre de l’une des deux Chambres du Parlement, la fonction de responsable d’établissement public ou d’entreprise publique. Sont également incompatibles avec la fonction gouvernementale la présidence d’un Conseil de région, plus d’une présidence d’une chambre professionnelle, d’un conseil communal, d’un conseil préfectoral ou provincial, d’un conseil d’arrondissement communal ou d’un groupement constitué par des collectivités territoriales ou encore l’exercice de toute fonction publique, non élective, dans les services de l’État, des collectivités territoriales, des établissements publics, des autres personnes morales de droit public ou des sociétés dans lesquelles l’État détient plus de 30% du capital ».

Ainsi, Aziz Akhannouch ambitionne, à travers la présidence de la commune d’Agadir, de mettre en oeuvre la vision Royale qui a pour objectif de faire de la région un pôle économique de premier plan via le programme de développement urbain d’Agadir 2020-2024. Il s’agit d’un programme structuré  « qui inaugure une nouvelle étape dans le processus de développement économique et social de cette ville et valorise son rôle de pôle économique intégré et de locomotive de la région dans son ensemble ». 

Ce nouveau chantier promet d’amorcer une nouvelle étape dans la promotion du rôle de la ville en tant que pôle économique intégré et locomotive de toute la région du Souss alors que le Roi avait, dans le discours du 44e anniversaire de la Marche Verte, appelé au renforcement des infrastructures de base de la région de Souss-Massa et de son réseau routier, à l’établissement d’une liaison ferroviaire Marrakech-Agadir et à la consolidation de la position stratégique de la région, grâce à des investissements de l’ordre de 6 milliards de dirhams.

Dans une déclaration à Hespress, Aziz Akhannouch avait confirmé avoir remarqué, lors des tournées qu’il a effectuées dans divers quartiers de la ville d’Agadir pendant la campagne électorale, que la ville  « souffre d’une grande pénurie et a perdu dix années de sa vie ».

« Quand on pénètre dans les quartiers d’Agadir, on constate qu’ils manquent d’organisation et d’espaces verts. De plus, les hôtels avec vue sur mer sont dans une situation difficile », a-t-il dit notant que la ville « a perdu son identité ». Le maire élu de la ville d’Agadir, a également soulevé que la Perle de Souss souffre également de problèmes culturels malgré le fait qu’elle possède un important réservoir culturel et qu’il soit amazigh ou non.

Selon lui, « personne n’œuvre pour faire exister ce réservoir culturel », avant de conclure : « Nous voulons que ce soit une ville pour les jeunes et qu’elle revienne à ses habitants. Ils veulent changer sa situation pour le mieux ». 

C’est ce qu’attendent effectivement les habitants d’Agadir qui n’ont que trop souffert de la mauvaise gestion passé et de la crise du Covid-19 avec un impact catastrophique sur un des principaux moteurs de la ville, le tourisme.

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