Application du sytème Bachelor : Le ministère fait la sourde oreille face aux critiques des profs

Malgré les nombreuses critiques adressées par les enseignants au système de Bachelor (licence en 4 ans au lieu de 3 ans), le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’emploie à lancer la mise en oeuvre de ce système dans les universités marocaines, à partir de cette rentrée universitaire, avant de le généraliser la saison prochaine. 

Le département de Said Amzazi compte remplacer le système LMD par le système Bachelore où la licence est sur 4 ans au lieu de 3 ans. Un système dont le crédit d’évaluation est l’UV. Ainsi, chaque année comporte 60 UV, soit un total de 240 UV pour les 4 ans de Bachelor. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, ce système permet davantage de flexibilité à l’étudiant pour valider ses matières.

Cela dit, les enseignants ne sont pas très convaincus par ce système auquel ils s’y opposent. Ces derniers critiquent ainsi le fait de ne pas avoir été impliqué dans sa mise en oeuvre ou encore que ce système doit être élaboré sur la base de l’évaluation de l’ancien système LMD. Les professeurs estiment également que le système Bachelor doit également dépendre des résultats des précédents niveaux, allant de l’enseignement primaire jusqu’au niveau secondaire.

Le ministre en charge du secteur, Saïd Amzazi, a choisi de défendre le nouveau système via une vidéo diffusée sur la plateforme de la Faculté des lettres et des sciences humaines Ibn Zohr d’Agadir. Selon le responsable, « changer le système de licence est un projet qui a nécessité trois ans de travail, dans le but de surmonter les obstacles et les lacunes que connaît le système de licence de base dans les établissements à polarisation ouverte ».

Le ministre a ainsi déclaré que ce système est arrivé après avoir enregistré « un certain nombre de points qui créent une sorte de frustration, que ce soit pour les professeurs ou les étudiants. Il a également été découvert que le système de licence de base provoque un gaspillage universitaire et a de faibles rendements». Alors que le but du nouveau système est d’« augmenter les capacités des étudiants et surmonter les lacunes », a-t-il souligné.

De son côté, Mokhtar Amara, professeur de droit privé à l’Université Mohammed V, soutient que les professeurs critiquent la mise en oeuvre du système de Bachelor pour de nombreuses raisons, notamment le fait que les élèves depuis l’école primaire suivent un système français, tandis qu’à l’université, ils font face à un système anglo-saxon.

Dans une déclaration à Hespress, Pr Mokhtar Amara estime qu’avant même de penser à une réforme universitaire, il faut d’abord commencer par les niveaux de base, soulignant que les universités marocaines attirent les étudiants issus de ces niveaux-là, et « par conséquent, ils ne peuvent pas étudier dans un système et passer ensuite à un système totalement différent ».

Ainsi, le professeur de droit privé à l’Université Mohammed V a exprimé sa crainte que l’application de ce système n’entraîne un plus grand gaspillage au niveau universitaire, affirmant : « Nous connaissons tous le niveau des élèves dans les langues étrangères, notamment au cours des deux dernières années. Par conséquent, nous ne pouvons pas imposer un nouveau système qui adopte ces langues dans lesquelles les élèves sont faibles ». 

Autres critiques formulées par Pr Mokhtar Amara figure, le fait que la mise en oeuvre de ce nouveau système a été réalisée sans consultation avec les professeurs qui sont le maillon le plus important dans l’application de tout programme d’études, soulignant qu’ils n’ont pas participé à l’élaboration de ses règlements et exigences, mais plutôt l’administration.

« Aujourd’hui, nous répétons les mêmes erreurs. Nous mettons en œuvre un projet qui jugera des générations au cours des vingt prochaines années sans y préparer les conditions appropriées », a soulevé le professeur universitaire, soulignant que l’ensemble du processus dépend de trois éléments de base. « Il y a l’étudiant et le professeur et les conditions dans lesquelles travaillent les deux parties, qui sont les amphis, les moyens de communication, le matériel scientifique, les compétences, etc. Si l’une de ces parties échoue, tout le processus sera un échec », conclut Pr Amara.

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