« Allo my star », le nouveau gagne-pain des célébrités marocaines détonne

À la recherche de la proximité entre fans et célébrités ou à la recherche du profit ? La nouvelle application Allo my star, pour échange de conversations téléphoniques payées entre des personnalités marocaines et leurs fans ne laisse personne indifférent et fait énormément de bruit sur les réseaux. Que vaut ce nouveau concept ?

Le star-système 2.0 fait son apparition au Maroc. Combien seriez-vous capable de payer pour cinq minutes, dix ou quinze de conversation téléphonique avec Ibtissam Tiskat, 7liwa, Badr Soultan ou encore Driss Roukhe ? Allo my star à la réponse pour vous : Entre 400 et 2000 dirhams. Désormais être fan peut coûter très cher.

Dans le Royaume, avant Allo my star, si la personne moyenne voulait interagir avec une célébrité, le mieux qu’elle puisse espérer était un autographe, ou peut-être un selfie pris à la hâte.

Pendant un certain temps, Twitter a également servi cette fonction : répondre au message d’une personne célèbre et il y avait une chance non nulle qu’elle lise tout ce que vous lui avez écrit.

Aujourd’hui, dans une reprise du concept et de la charte graphique de l’application américaine Cameo, lancée il y a plus de quatre de cela, Allo my star introduit le concept au Maroc, et ça ne plaît pas forcément. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur colère face à cette nouvelle méthode utilisée par les personnalités marocaines pour gagner de l’argent. Certains l’ont même décrite comme de « la mendicité ». Éthiquement, cette approche mercantile de la célébrité semble poser un tas de questions.

Allo my star vu d’un mauvais par Samid Ghailan

« Faire du profit à tout prix », lancent les utilisateurs des réseaux sociaux. D’autres personnalités qui n’ont pas accepté de « se vendre » ont également donné leur point de vue sur cette nouvelle lubie, à l’image du présentateur TV Samid Ghailan.

« Avec tout le respect que je dois à tous mes amis artistes, la nouvelle application est-elle une insulte à l’artiste ou au public ? L’artiste est-il devenu une marchandise avec son consentement, ou se moque-t-on du public ? Est-ce la faute des responsables qui ont oublié les artistes pendant le covid, et terrassés par la crise, ils ont accepté cette farce ? Je ne trouve pas les réponses, et je préfère ne poser que des questions. Oui, l’idée a été appliquée en Occident, mais tout ce qui y vient ne convient pas nécessairement ici », a-t-il écrit.

En effet, être fan coûte désormais cher. Plusieurs personnalités du milieu du sport, du cinéma, de la chanson ou encore du gaming ont accepté de se vendre en échange de prix jugés exorbitants, afin de pouvoir permettre à leurs fans de réaliser leurs rêves.

Parmi les artistes qui ont rejoint l’application figure la chanteuse Ibtisam Tiskat, qui a fixé un montant de 1343 dirhams pour lui parler pendant 5 minutes, 1791 pour 10 minutes et 2 687 pour 15 minutes.

De son côté, l’actrice Bouchra Ahrich a fixé un montant de 627 dirhams pour lui parler pendant 5 minutes, 895 dirhams pour 10 minutes, 1343 pour 15 minutes, et l’acteur Omar Lotfi a fixé un montant de 851 dirhams pour communiquer avec lui pendant 5 minutes, 1164 pour 10 minutes, et 1343 pour ceux qui veulent un échange d’une durée de 15 minutes, pour ne citer qu’eux.

Les artistes se défendent

Dans un entretien accordé au journal Al3omk, le chanteur marocain Younes Belmani a fait part de sa stupéfaction concernant les nombreuses réactions négatives reçues suite à la création de cette application.

L’artiste explique que « cette application, comme d’autres applications numériques, comprend des artistes marocains et arabes », notant que « l’idée de l’application est ancienne et circule dans les pays européens, mais au Maroc elle a été décrite comme » étrange ».

Boulmani estime que « les prix proposés sur l’application sont « normaux » pour certains fans, notant que « l’application est destinée aux personnes qui ont un fort amour pour les artistes et sont capables de payer ces montants ».

De son côté, le réalisateur Driss Rokh a déclaré que « le but de sa participation à cette application est de faire don de ses bénéfices à des causes caritatives », expliquant qu’il « fait constamment le bien, que ce soit par cette application ou par d’autres moyens ».

Aux grands maux, les grands remèdes !

Un certain nombre d’artistes et de célébrités marocaines ont commencé à promouvoir l’application, en publiant des vidéos, en présentant ses services et en invitant leurs fans à y participer et à communiquer avec eux, en échange de prix qualifiés d’« imaginaires ».

D’un autre côté, ce nouveau gagne-pain pourrait s’expliquer, comme l’on fait remarquer plusieurs internautes, par la crise du coronavirus qui a incité les célébrités à utiliser Allo My Star comme source de revenus puisque les festivals et concerts ont été annulés au Maroc depuis le début de la pandémie.

Le Maroc est en état d’urgence depuis mars 2020. En vertu de cette mesure, les rassemblements et festivals de musique ne sont pas autorisés dans le cadre des mesures proactives visant à limiter la propagation du coronavirus et nombreuses personnalités du milieu ont souffert de l’arrêt de leurs activités, choisissant de se tourner vers les réseaux sociaux pour améliorer leur situation et continuer d’avoir de la visibilité.

Allo my star s’est inspiré du concept américain Cameo crée en 2017, qui permet aux fans à travers le monde d’échanger avec sa star préférée. Sur cette plateforme, plus de 30.000 vedettes plus ou moins fameuses, dont, le rappeur Snoop Dogg ou le boxeur Mike Tyson, monnaient à leurs fans des vidéos personnalisées de quelques minutes. Lancé en 2017, le site a vu son activité exploser pendant le confinement, passant de 9.000 commandes hebdomadaires début janvier à 70.000 en mai.

Allo my star, la version marocaine de Cameo 

Forte de son récent succès, Cameo a pu attirer des personnalités de premier rang. Désormais, il s’y côtoie aussi bien des candidat·es de télé-réalité que des stars du sport (le footballeur Roberto Carlos, le basketteur Dennis Rodman), de la musique (Gloria Gaynor, Akon) ou de la télévision (David Hasselhoff, Lindsay Lohan).

Fixant elles-mêmes leurs tarifs (allant de 2.300 euros pour Caitlyn Jenner à 1 euro pour les moins regardant·es), les vedettes empochent 75% de l’argent dépensé par la clientèle, le reste revenant à la plateforme.

Ancien de LinkedIn, le PDG et fondateur de Cameo Steven Galanis a expliqué que l’idée de l’application lui était venue au cours d’une discussion avec Martin Blencowe, un agent de la National Football League (NFL) devenu son associé.

Ce dernier avait convaincu l’un de ses clients, le joueur de football américain Cassius Marsh, d’enregistrer un message afin de féliciter un ami pour la naissance de son fils, en avril 2016.

«Le retour qu’il a eu de son ami était littéralement : “C’est le meilleur cadeau que je n’ai jamais eu.” Et ça nous a fait réfléchir au fait que, si l’on n’est pas ami d’agent ou qu’on ne rencontre pas de stars sur un coup de chance, c’est impossible d’avoir un cadeau comme ça. C’est là qu’on s’est mis à rêver de la plateforme», détaillait Galanis dans le Chicago Tribune.

Cependant, si la version marocaine a créé un vif remue-ménage au sein de la communauté, l’originale fait des ravages dans le monde et permet à de nombreux fans de toucher leur rêve de s’approcher de leurs célébrités préférées.

« Allo my star », le nouveau gagne-pain des célébrités marocaines détonne Hespress Français.

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page