Les sept travaux de Staffan de Mistura en tant qu’envoyé spécial de l’ONU

Des défis majeurs attendent le nouvel envoyé spécial de l’ONU et représentant du secrétaire général au Sahara marocain, Staffan de Mistura 74 ans. Ce dernier qui a déjà occupé de hauts postes onusiens lors de sa carrière en tant justement qu’envoyé spécial des Nations unies et représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Irak (2007-2009) et en Afghanistan (2010-2011) et pour la Syrie (2014-2018).

Un pays qu’il a quitté après quatre années d’efforts pour tenter, sans résultats au demeurant, de résoudre l’inextricable conflit qui s’y jouait et qui s’y joue toujours. De Mistura, invoquait alors des « raisons purement personnelles », devant son impuissance à pouvoir avancer, dans un dossier épineux, plus pris en main par Moscou et à un moindre degré par la Turquie que par l’ONU qu’il représentait. Une amende honorable qui vaguement nous fait basculer vers la démission, il y a plus de deux ans (mai 2019), de l’émissaire politique au Sahara marocain, l’ancien chef d’Etat allemand Horst Köhler pour  « raisons de santé », histoire de voiler des penchants relatifs à la position allemande, qui se voulaient contre le Royaume.

Mais là, n’est pas la question, aussi, peut-on allégrement paraphraser Omar Hilale qui dans sa dernière interview à la MAP disait , « une fois nommé, de Mistura pourra compter sur la coopération et le soutien, sans faille, du Maroc dans la mise en œuvre de sa facilitation pour le règlement de ce différend régional », dont le processus politique depuis la démission de l’ancien émissaire, est toujours dans l’impasse. En effet, la position tendancieuse de Köhler avait conduit à la suspension des pourparlers politiques entre les parties au conflit. Le nouvel envoyé spécial de l’ONU au Sahara marocain, se devra de corriger les failles liées à la méthodologie de gestion des pourparlers politiques, en impliquant toutes les parties concernées par le conflit, comme l’indiquent au demeurant tous les rapports du Conseil de sécurité et l’ONU de ces dernières années.

Une nouvelle carte géopolitique

Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient, ou Africa and Middle East Studies (AMES Center)  dans une déclaration à Hespress  Ar a fait savoir que « Staffan de Mistura doit prendre en compte trois points pivots que le nouvel envoyé». Le premier de ces points est « la participation des quatre parties à la résolution du conflit, au lieu de se limiter à deux parties, ce qui a été confirmé par les rapports du Conseil de sécurité et du Secrétaire général des Nations Unies, avec son appel à l’implication sérieuse de toutes les parties dans l’affaire, en particulier les voisins », explique Ajlaoui. Le second point, selon l’enseignant-chercheur, est lié à « la nature du travail dans les réunions qui vont vers l’organisation des tables rondes », et le troisième point tourne autour d’une solution politique, qui considère que « la thèse de l’autodétermination a été contournée ».

Notre interlocuteur n’a pas manqué de préciser que « les contextes ont changé depuis la démission de l’ex-émissaire Horst Koehler, car beaucoup d’eau -pourtant denrée rare- a coulé dans la région, démission (puis mort aujourd’hui) de Bouteflika de la présidence de l’Algérie, l’entrée de ce dernier dans des conflits suicidaires entre militaires et les partis et la population civile et l’effondrement des Institutions de l’Etat qui ne sont plus en mesure de répondre aux besoins des citoyens ». Moussaoui Ajlaoui a conclu en relevant que « l’adhésion massive des pays qui encouragent l’adoption d’une solution politique au Maroc, à travers la reconnaissance par les Etats-Unis du Sahara marocain, ainsi que le renforcement du rapprochement maroco-britannique, et l’ouverture de consulats de pays africains, arabes… au Sahara marocain, indique l’existence d’une nouvelle carte géopolitique ». Pour le chercheur, elle doit être prise en compte, afin que le nouvel Envoyé spécial de l’ONU, de Mistura n’échoue pas dans le dossier comme ses prédécesseurs.

Relancer le processus politique

Pour sa part Naoufal Bouamri, juriste et spécialiste des questions sahariennes, sollicité par Hespress a souligné que « Plusieurs défis majeurs attendent le nouvel envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Staffan de Mistura dont nous attendons la nomination officielle après consultations des membres du Conseil de Sécurité. Certains, d’entre ces défis, sont liés au polisario, et d’autres sont liés au processus politique dans son ensemble. Bouamri a indiqué, que « les séparatistes avaient précédemment annoncé leur sortie des accords de cessez-le-feu, pour soi-disant,  mener une guerre contre le Royaume mais, qui du reste, était fictive et virtuelle au regard de la réalité du terrain ». Le juriste et chercheur politique a en outre affirmé que « le polisario est politiquement présent, mais est en désaccord avec l’ONU de par la violation de l’accord de cessez-le-feu . Cette notion s’applique également à l’accord militaire avec la MINURSO. « Par conséquent, le nouvel envoyé aura à priori à redéfinir les relations du mouvement séparatiste avec les Nations Unies et parvenir à un accord de cessez-le-feu ». Bouamri a conclu en disant que « le deuxième défi de, de Mistura, est lié à la relance du processus politique à partir des prémisses fixées par les Nations Unies et le Conseil de sécurité dans leurs résolutions publiées, en particulier celles émises de 2017 à aujourd’hui, lorsque les Nations Unies ont adopté des critères politiques menant à l’autonomie ».

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